lundi 22 janvier 2018

Travailler moins pour rêver plus



 
 
Mes jeunes gens ne travailleront jamais.
Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver.
Et la sagesse nous vient des rêves.

Smohalla,
chef indien Sokulls
.

 

dimanche 21 janvier 2018

Expériences oniriques et vie du groupe

 
 

 
Chez la plupart des indiens d'Amérique du Nord
comme chez les aborigènes d´Australie,
les expériences oniriques
        sont au moins aussi importantes
que celles de la veille ;
elles dictent souvent leur conduite.
 
 Dans une étude sur seize tribus indiennes,
        Stanley Krippner et April Thomsom montrent
comment l'interprétation des rêves
entretient l'identité culturelle.
 
Chez certaines de ces tribus, comme les Ojibwas,
les rêves sont intégrés à la réalité et aux croyances du clan.
Cette recherche d'équilibre individuel et de responsabilité sociale
 témoigne ainsi d'une fonction d'adaptation psychosociale qui,
 par ses aspects mystiques, n'est pas sans rappeler certaines idées de Jung.
 
Si le rêve des indiens peut nous sembler étrange,
c'est sans doute que, depuis Descartes,
en dévalorisant la moitié nocturne de notre vie,
        nous avons opéré
une coupure radicale entre le psychique et le social.
.
 
.
 
 
 

Le rêve comme phénomène socioculturel

 Dimanche 21 janvier 2018
 
Jusqu'à ces dernières années,
la quasi-absence d'une ethnographie du rêve
pour les cultures européennes laissait supposer
qu'elles n'étaient pas des "sociétés à rêves",
à l'instar des sociétés "primitives ".
 
 De récentes enquêtes, menées en Italie et en France,
montrent au contraire que le rêve en Occident
 s'inscrit dans de nombreuses pratiques sociales.

 
"J'avais une amie, il y a sept ou huit ans.
On se racontait nos rêves.
Et puis, au fur et à mesure, on s'est moins raconté.
Maintenant, elle voit un psychiatre et moi un analyste, alors c'est terminé." 
C'est par ce genre de récit que dans nos sociétés l'ethnologue appréhende le rêve.
Pour avoir recueilli de nombreux témoignages semblables, le plus souvent féminins,
 il en déduira que raconter ses rêves est une activité qui s'inscrit 
              dans un type particulier de relation sociale (le lien d'amitié) 
              souvent associé à un âge de la vie.
Mais ces récits suggèrent aussi autre chose:
se soumettre à une cure psychique psychanalyse ou psychothérapie -
modifie l'usage social que nous faisons du rêve.
Celui-ci quitte la sphère sociale de l'intimité
pour devenir un instrument d'exploration de sa propre subjectivité.
 
Qu'il se tourne vers l'Europe
ou choisisse de décrire et comprendre des sociétés lointaines,
l'ethnologue définit l'expérience onirique
non comme une activité physiologique ou psychique
- ce qu'elle est aussi bien sûr -,
mais comme un domaine de la vie en société.
 
Son analyse porte sur l'intégration des récits de rêve dans l'espace social,
les différentes catégories d'expérience onirique admises dans une culture,
le statut accordé aux perceptions du rêve,
les modalités de leur interprétation
et les usages sociaux propres à chaque culture.
 
 C'est dire que rêver ne renvoie pas seulement à l'intimité du rêveur,
libéré des contraintes de la conscience éveillée;
il s'agit aussi d'une activité collective,
              soumise à des modelages culturels qui définissent, pour chaque société,
ce que sont l'expérience et l'imagerie oniriques.
 
Les premiers ethnologues qui, sous l'influence de la psychanalyse
se sont intéressés à l'expérience du rêve dans les sociétés dites primitives
entendaient démontrer l'universalité de son symbolisme
à travers l'existence de "rêves-types ",
dépositaires dans toutes les cultures d'une même signification
 et manifestation de l'universalité de l'esprit humain.
 
Des enquêtes de terrain ont été conduites dans des "sociétés à rêve ",
 c'est-à-dire des sociétés qui codifient de manière précise
               les diverses catégories d'expériences visionnaires et oniriques
et leurs emplois légitimes.
 Ces études ont révélé la pluralité des conceptions indigènes du rêve
 en relation avec les conceptions de la personne et du monde,
 ainsi que la diversité de ses usages intellectuels et sociaux.
 
Parmi ceux qui sont le plus souvent évoqués,
on peut mentionner l'initiation juvénile,
  l'accès aux pouvoirs politique, religieux ou magique,
la transmission du savoir mythique,
l'invention de nouveaux rites,
la création d'objets rituels ou esthétiques.
 
Ces usages ne sont pas absents des sociétés occidentales :
si le christianisme a disqualifié les devins et les rêves des individus ordinaires,
il a longtemps admis l'existence de rêveurs prestigieux, les saints et les rois,
dont les songes ont une valeur prophétique.
 
 Malgré la condamnation de l'Eglise,
la tradition gréco-latine d'oniromancie,
élaborée entre les IIe et le Ve siècles
par Artémidore, Valère Maxime et Macrobe,
 est reprise à la Renaissance à travers des ouvrages qui s'adressent
à des publics plus ou moins savants.
Sa transmission sera ensuite assurée par la littérature de colportage
puis par les éditions spécialisées dans les traités de magie
ou les manuels de santé à usage féminin.
 
En Italie, certains de ces textes, tel Le Livre des songes, 
               diffusé tout au long des XIXe et XXe siècles
se présentent comme des manuels de techniques pour jouer au loto.
Il s'agit de procédures pour traduire en nombres à jouer
des événements étranges parmi lesquels figurent en bonne place
les images du rêve.
Une origine mythique est attribuée à ces manuels de magie
qui se présentent comme écrits de la main de Paracelse,
              Pic de La Mirandole, Agrippa ou Salomon.
 
Nous admettons spontanément que le rêve
est une activité de la conscience endormie,
renvoyant exclusivement au dormeur.
Pourtant, cette représentation n'a pas effacé d'autres conceptions
              qui appréhendent l'activité onirique comme une expérience
              de dissociation temporaire de la personne,
favorisant l'évasion de l'âme ou de l'esprit hors du corps.
 
A côté de la tradition médiévale du " voyage de l'âme dans l'au-delà ",
reprise sous une forme littéraire par Le Roman de la rose et La Divine comédie de Dante,
une tradition orale active explicite, sous forme de récits d'expérience,
le statut du rêveur et les procédures d'interprétation
permettant de déchiffrer le sens des rêves.
 
En Europe la tradition narrative recueillie par les folkloristes à la fin du siècle dernier
définit ainsi le rêve comme une sortie de l'âme hors du corps.
 
Voici le récit recueilli dans les Landes par Félix Arnaudin, en 1881 :
" Un jour, deux hommes voyageaient ensemble.
Comme ils s'étaient arrêtés en chemin pour laisser tomber la chaleur,
l'un d'eux s'endormit à l'ombre.
Tandis que l'homme dormait,
l'autre vit une mouche sortir de la bouche de son compagnon
et entrer dans le squelette d'une tête de cheval qui se trouvait par là.
Et cette mouche tourna dans cette tête de cheval dont elle visita tous les recoins.
elle revint dans la bouche du dormeur.
Celui-ci dit à son réveil :
"Si tu savais le beau rêve que je viens de faire !
J'ai rêvé que j'étais dans un château où il y avait une infinité de chambres,
 toutes plus belles les unes que les autres : jamais tu ne voudrais le croire.              
Et sous ce château était enterré un grand trésor. "
L'autre lui dit alors: "Veux-tu que je te dise où tu es allé ?
Tu es allé dans cette tête de cheval...              
J'ai vu ton âme sortir de ta bouche sous la forme d'une mouche              
et se promener dans tous les recoins de ces ossements,
puis elle est entrée dans ta bouche. "
Alors, ces deux hommes soulevèrent cette tête et creusèrent dessous,
ils découvrirent le trésor. "
 
Ce récit met en place un dispositif expérimental - un dormeur et un observateur
- pour définir, à partir d'un double point de vue, subjectif et objectif,
le rêve comme sortie de l'âme sous forme animale
et la réalité onirique comme une réalité métaphorique.
 
D'autres récits, regroupés sous le titre du Rêve de trésor sur le pont,
mettent en scène un déplacement réel, entrepris à la suite d'un rêve
dont le sens advient cette fois encore au rêveur par la médiation d'un tiers.
 
En voici une version résumée, célèbre en Allemagne :
" Un pauvre homme rêve d'un pont particulier, dans une ville lointaine,
où il doit se rendre pour faire fortune, trouver un trésor ou le bonheur,
et comme le rêve se répète plusieurs fois
il finit par se rendre sur le pont où il ne trouve rien du tout.
Furieux de sa mésaventure, il est sur le point de rentrer
quand il rencontre un seigneur qui lui demande ce qu'il cherche.
Le pauvre homme lui raconte son rêve 
              et le seigneur se moque de sa crédulité en lui disant :
"Moi aussi, j'ai rêvé que je devais me rendre dans tel et tel endroit
et lever un trésor sous tel et tel arbre;
mais je n'y crois pas, les rêves ne sont que mensonges!" 
              Le pauvre homme est tout étonné car l'endroit que l'étranger lui indique
est son lieu natal et l'arbre lui appartient.
Il s'en retourne et y trouve le trésor! "
 
Dans le cas où le rêve met en scène deux rêveurs,
              le récit du rêve a valeur de demi-vérité;
              il faut ajuster les deux rêves comme on ajuste les deux moitiés du symbole.
 
Ces conceptions ne sont pas propres aux anciennes sociétés paysannes;
se retrouvent dans l'expérience sociale contemporaine,
dans diverses traditions culturelles
qui, toutes, érigent le rêve, son récit et son interprétation
              au rang de technique de régulation des dysfonctionnements de la vie sociale.
 
Le pouvoir de rêver et d'interpréter les rêves est inégalement partagé.
Il s'agit, en Europe, d'une compétence essentiellement féminine.
Les enquêtes conduites en Italie, en Corse, en Grèce, comme dans le Midi de la France,
montrent la permanence de la fonction sociale de " rêveuse " et d'interprète des rêves.
Celle-ci s'appuie sur la valeur prémonitoire accordée aux rêves.
              Mais par là il faut entendre la mise en oeuvre, par les rêveuses,
              de procédures de symbolisation pour donner sens, a posteriori,
               à des événements malheureux qui affectent leur famille ou leur voisinage,
en les raccordant à leurs propres perceptions oniriques.
 
A moins qu'il ne s'agisse d'utiliser ses rêves ou ceux d'autrui
               pour orienter des décisions concernant la vie domestique,
              les relations familiales, des problèmes économiques.
              Cette compétence est définie comme une capacité de voyance,
c'est-à-dire d'accès à l'invisible, spécifique aux femmes
dans la mesure où elle se rattache aux représentations populaires
de la physiologie féminine.
 
              Les différents états du corps féminin,
et notamment ses pouvoirs de fécondité,
sont en effet définis en termes de vision:
"voir" c'est avoir ses règles,
              " ne plus voir " qualifie la femme ménopausée.
              Par là même toutes les femmes sont un peu magiciennes,
              leur fertilité les fait accéder à un monde autre
et cette communication avec l'au-delà
permet de donner sens aux aléas de ce monde-ci.
 
Cependant la maîtrise de cette compétence n'a rien de spontané.
Elle fait l'objet d'un apprentissage, par transmission orale au sein de la famille,
par le biais de la fréquentation d'autres spécialistes des arts divinatoires voyantes,
tireuses de cartes, magnétiseuses -,
ou encore par la consultation de modes d'emploi imprimés.
 
Selon le public auquel ils s'adressent,
ces écrits peuvent reprendre, en l'actualisant,
l'ancienne tradition onirocritique héritée de l'Antiquité,
ou mettre en oeuvre une adaptation vulgarisée
de la psychanalyse freudienne ou jungienne
 
Ainsi définie, la " rêveuse " exerce ses pouvoirs d'abord au sein de la famille.
Elle se prévaut de ses rêves et de ceux des autres membres de la famille,
              dont elle garde la mémoire, pour redéfinir la place et les devoirs
de chacun aux moments critiques de l'histoire familiale,
              tout en évitant d'assumer la responsabilité directe
              du contrôle social qu'elle exerce.
 
Mais cette compétence, en milieu urbain,
peut s'élargir au groupe de travail féminin,
              qu'il s'agisse d'un bureau ou bien d'un atelier.
Outre le maintien ou la restauration des liens familiaux entre vivants,
le rêve conserve une dimension religieuse lorsqu'il s'inscrit
dans l'ensemble des techniques qui permettent aux vivants
              de communiquer avec l'au-delà
et d'agir sur le devenir des défunts dans l'autre monde.
Cette dimension de l'activité onirique
est une des attributions essentielles des rêveuses
              mais elle fait également partie de l'expérience commune.
 
              Ce qui est perçu en rêve est doté d'une réalité objective
non parce qu'on ne ferait pas la distinction entre le réel et l'imaginaire
mais parce que, dans le rêve, le dormeur a accès à un monde et à un savoir autres,
qui se trouvent en étroite affinité avec le monde et le savoir des morts.
 
Deux modalités d'accès sont attestées:
soit le rêveur est visité par les morts,
soit l'âme du rêveur, libérée des contraintes du corps,
              se trouve transportée dans l'ailleurs,
ce qui témoigne de la permanence,
dans les cultures occidentales, d'une conception plurielle de la personne,
susceptible de dissociation temporaire,
              renouant ainsi avec les représentations les plus communément admises
dans d'autres cultures.
 
Dans tous les cas, que les dormeurs soient visités
ou que leur esprit voyage en d'autres lieux,
les techniques de production d'images oniriques
sont des techniques d'interrogation du destin,
          qui permettent de se déterminer dans le cadre de situations hasardeuses.
 
L'utilisation de clefs des songes permet d'identifier
et de sélectionner des images signifiantes,
dans le flot mouvant de l'imagerie onirique spontanément produite.
Mais, contrairement à ce que suggère leur présentation
qui associe de manière stable un signifiant à un signifié,
l'usage social qui en est fait se présente
comme la mise en oeuvre rétrospective
              de procédures de symbolisation, pour traiter des événements,
       le plus souvent malheureux - accident, mort, maladie -
en les faisant apparaître comme préfigurés dans l'expérience nocturne
et donc, par là même, nécessaires.
 
Les images bénéfiques correspondent
à des représentations métaphoriques du paradis,
et les images maléfiques à celles de l'enfer.
Ce code visuel reproduit ainsi les différents lieux de l'au-delà tels que,
               dans le christianisme coutumier, le défunt les parcourt après sa mort,
pour atteindre le lieu du repos.
Mais il existe aussi d'autres codes, comme celui, auditif,
qui consiste à écrire les bruits que l'on entend durant la récitation de la neuvaine,
               pour les comparer aux bruits que l'on aura entendu dans le rêve qui suivra.
 
D'autres techniques modifient le rapport
entre expérience nocturne et réalité diurne.
Le récit du rêve au réveil permet d'activer
ou au contraire de désamorcer sa valeur prédictive :
selon que le rêve est jugé faste ou néfaste,
il convient de le communiquer ou de le taire.
 
Les domaines de la réalité qui sont ainsi soumis à la sanction du rêve
recoupent ceux que l'on soumet habituellement à la divination :
la vie amoureuse, la réussite aux examens, une décision d'ordre économique
et, bien sûr, la communication avec les défunts, qui relève du travail de deuil
mais permet également aux vivants d'agir sur le destin des morts.
 
Rêver participe ainsi de ces arts de l'existence
pratiqués par les sociétés anciennes pour maîtriser l'aléatoire,
mais dont l'ethnographie montre justement
qu'ils sont toujours actifs dans les sociétés contemporaines.
.
 
 ethnologue 
directeur de recherche au CNRS
.


 


vendredi 19 janvier 2018

Récolte de rêves

 Vendredi 19 janvier 2018

 
Apparemment, je ne suis pas la seule à m'être "lancée"
dans une grande collecte de rêves. :-)
 
J''ai découvert, il y a peu, une initiative originale
et bien sympathique...que j'ai envie de relayer :

Depuis plusieurs années, un dimanche par mois,
des "passeurs de rêve",
se promènent dans Nanterre, micro à la main,
pour interroger les passants
sur leur vie onirique...
et pour ramener quelques "perles"
tirées de cet "inframonde",
de cet "autre monde" qu'est l'inconscient... 
 
Emission radio
à écouter ICI

La Licorne

 
 
Extrait (au début de l'émission ) :
 
L'idée, c'est de circuler dans la ville, de rencontrer les gens
et de tisser un réseau avec cette question:
"De quoi tu rêves ?"
 
Pas les rêves d'un monde meilleur, le rêve d'idéal,
mais la "vie onirique"...
 
C'est REEL ce qu'on vit la nuit.
Cette question de l'expérience réelle qu'on éprouve pendant le rêve,
c'est quelque chose de très  difficile à rapporter
 et qui touche à des choses profondes très humaines,
et qui nous relie au collectif.
 
Souvent , on a des rêves de deuil
(avec les gens de notre propre famille)
ou des rêves d'angoisse politique ou collective...
 
En passant par ce chemin-là,
on espère interroger notre époque.
.
 
auteur, dramaturge, romancier


 
 
 
 

jeudi 18 janvier 2018

L'aspect sociologique du rêve

Jeudi 18 janvier 2018
 

 


Le rêve est-il juste une affaire personnelle ?
Ou a-t-il aussi une dimension sociale ?
Le monde social est-il "en nous" ?
Peut-on faire une synthèse
de toutes les données oniriques compilées
et en tirer un modèle ?
Que peut-on dire du rêve
sur le plan sociologique ?
.
Une approche intéressante
(et novatrice)
de Bernard Lahire,
qui vient de publier un livre intitulé
"L'interprétation sociologique des rêves"
.



mardi 16 janvier 2018

L'onirologie ou la science des rêves

Mardi 16 janvier 2018 


Rêveurs, réveillez-vous...




Le rêve est la clef de la plupart des sciences humaines ; mais si jusqu'à présent tous les mécanismes sont loin d'avoir été étudiés c'est que la faculté d'interpréter les rêves conduit à une introspection qui inquiète.

L'étude des rêves est en effet une remise en cause quotidienne non seulement sur le plan psychologique mais aussi sur notre conduite humaine et sociale.

Elle ouvre à tous les niveaux de conscience ; voilà pourquoi on a voulu voir jusqu'à maintenant dans l'approche des rêves que son aspect mantique.

L'importance de la science des rêves ne peut plus être négligée puisqu'il est maintenant possible de déceler dans ces messages de la vie nocturne, le caractère, le tempérament, la santé physique et psychique ainsi que le niveau de conscience de l'individu.

L'onirologie est la voie initiatique par excellence de la connaissance de soi, des autres et du monde ;
elle peut apporter progressivement une réponse aux interrogations sur notre existence, sur notre essence, notre raison d'être et notre devenir.

(...)
Pour se souvenir de ses rêves il suffit de prendre avant de s'endormir la décision de se les rappeler. Et si vous vous réveillez en pleine nuit ou au matin de les mémoriser et de les noter. Pour cela ayez du papier et de quoi écrire à côté de votre lit (une lampe de poche si vous ne dormez pas seul).
Si cela ne suffisait pas vous pourriez utiliser plusieurs techniques de mémorisation avant de vous endormir :
- le flash-back (ou retour en arrière) :
*soit compter à l'envers par exemple à partir du chiffre 50 jusqu'à 0 (50 – 49 – 48…0).
*soit revoir les évènements de la journée en remontant du coucher au matin : coucher, soirée, fin d'après-midi,…lever. Vous pouvez même revoir vos gestes et vos actes à l'envers. Au bout de quelques jours vous n'aurez plus de difficultés pour vous souvenir de vos rêves.
(...)
 
 
Et consultant le livre de nos rêves comme un récit découpé en épisodes, un jour après l'autre, il devient possible d'en changer le cours en modifiant notre style de vie ; c'est le libre arbitre ; il dépend de nous de changer notre désir.
Interpréter et faire interpréter ses rêves permet de comprendre ce qu'il y a à changer dans sa vie, ce qu'il y a à transformer au niveau du désir. Cette mutation entraînera une amélioration dans la vie diurne et se lira dans les rêves suivants.
 
Le mécanisme de prise de conscience :
 
            Étudier ses rêves c'est entreprendre un chemin initiatique à part entière.
L'inconscient, si nous ne le limitons pas aux définitions freudiennes, contient non seulement des messages sur notre vie diurne consciente mais aussi des messages sur notre vie inconsciente diurne et nocturne et sur notre supraconscience (dimension divine).
            Le rêve suivant contient l'indication de l'épreuve dépassée, il ne répète plus le message précédent si le problème a été résolu mais si nous n'avons pas su agir le message revient, semblable au précédent pour indiquer ce qui est à transformer.
 


 
(...)
Tous les rêves forment une seule et même histoire.
Pour la comprendre il faut utiliser la symbolique et les différentes grilles interprétatives. À travers l'étude quotidienne de la structure que montrent les rêves se dessine la progression de la psyché ;
les différentes étapes franchies suivant le fil d'Ariane nocturne.
Le mouvement de guérison d'un problème de santé, la transformation d'un défaut en qualité, le phénomène de rénovation intérieure peuvent ainsi être cernés.
Au mot Rêve, dans la plupart des dictionnaires on peut lire : "Ensemble d'images souvent incohérentes qui se présentent à l'esprit durant le sommeil".
Ce n'est pas exact : le rêve est d'une grande cohérence pour qui sait en lire les secrets.
 
Rêves et Symboles :
  
            Un symbole a toujours plusieurs significations ; pour faire un choix il faut relier le rêve à son contexte.
L'analyste doit avoir une grande pratique de l'interprétation pour repérer le sens archétypal d'un symbole, c'est-à-dire le sens qui selon le contexte du rêve revient assez souvent.
Mais c'est surtout par le rêveur lui-même et grâce à ses associations libres (les rapports qu'il effectue entre son rêve et son vécu diurne) que l'éclaircissement sur la signification des symboles d'un rêve pourra se faire.
           
En ce qui concerne la multiplicité interprétative voici quelques approches possibles :
                        - Interprétation par rapport au vécu de la veille.
                        - La santé.
                        - La vie sexuelle et les rapports de couple.
                        - Le métier, les activités, les violons d'Ingres.
                        - L'interrogation sur la vie et la mort.
                        - La direction des désirs, régression ou transformation.
                        - Les rapports avec les parents dans l'enfance.
                        - Les rapports entre l'enfant et la mère pendant la gestation.
                        - Les rêves se rapportant à une vie passée (théorie de la réincarnation).
                        - Les aspects prémonitoires ou divinatoires.
                        - Etc… 



lundi 15 janvier 2018

Evénements transformateurs

Lundi 15 janvier 2018
 


Le symbole, le grand rêve archétypique possède la fonction majeure 
d’être vecteur et transformateur d’énergie mentale. 

C’est au symbole qu’incombe la tâche centrale de révéler tels dynamismes, 
telles masses énergétiques qui sommeillent dans l’inconscient de l'être.

Elles jaillissent à chaque époque en un langage renouvelé
C’est l’interprétation du symbole qui permet au moi et au conscient 
d’acquérir quelque compréhension de ce qui se trame 
et se fomente inconsciemment au fond de l’homme et des hommes. 

Mais tant qu’un tel événement numineux 
(sous forme de rêves, d’imagination active) 
n’est pas intégré au conscient
il ne constitue encore qu’une modification potentielle.
.
C.G.Jung




Le symbole de la cloche



Nous nous abriterons dans des cloches,
les cloches qui se balancent,
dans le son, l'air, le cœur de leur carillon.
Nous nous abriterons dans les cloches et nous flotterons
au-dessus de la terre
dans leurs lourds caissons
.
Adam Zagajewski
"Les cloches"
.

La cloche est un instrument universel
dont la longue portée acoustique est utilisée pour communiquer au loin,
soit vis-à-vis des hommes, soit vis-à-vis des dieux.
 On trouve des cloches dans toutes les civilisations
 et toutes les religions.
 
Wikipédia
 

 
L'énorme cloche du roi Seongdeok fut moulée
dans le bronze du 8ème siècle
pour le temple de Pongdok, en Corée.
Elle sonnait tout au long de la journée
pour appeler les moines bouddhistes à la prière.
Son corps est orné d'images des apsaras, les nymphes célestes
et son bord est taillé en forme de fleur à huit pétales;


 
 
De l'écho profond d'une cloche rituelle comme celle du roi Seongdok
au tintement argentin des clochettes
ornant les chevilles des danseurs hindous,
en passant par la sonnerie retentissante de Big Ben,
l'éclat cristallin des clochettes liturgiques
et le son plus champêtre des cloches de vaches,
cet instrument n'a pas son pareil pour éveiller les sens et l'esprit.
 
Les cloches s'agitent à toute volée pour annoncer la victoire,
sonnent avec insistance pour donner l'alerte,
carillonnent gaiement pour chanter des louanges,
résonnent lentement pour marquer le deuil.
 
A l'instar des hindous, qui assimilent leur écho à la vibration primordiale du cosmos,
 les scientifiques affirment que "l'univers à ses débuts sonnait comme une cloche ".

 
Au Japon, le sage zen Dögen évoque l'image d'une cloche
lorsqu'il compare la méditation au son mélodieux du marteau frappant un corps creux
- un son qui précède et suit indéfiniment l'instant de la percussion.
 
Les propriétés acoustiques de la cloche en font
l'expression de l'harmonie des sphères,
de l'unité cosmique que le philosophe grec Pythagore
 percevait dans les schémas fondamentaux des nombres et des ratios.
 
Dans les croyances populaires,
les cloches apportent la pluie, éloignent les tempêtes,
protègent les animaux des esprits maléfiques
et tentent d'instaurer un équilibre harmonieux
entre l'être humain et la nature.
 
En Russie, les cloches des Eglises
sont censées détourner le cœur humain
de ses intentions les plus destructrices
ou inciter les plus impitoyables à se repentir.

 
 
Pour l'Eglise orthodoxe russe, les cloches sont des êtres
 animés d'un nom, d'un corps et de sentiments.
 Elles ne sont pas accordées selon la gamme majeure ou mineure,
car la cloche est considérée non comme un instrument de musique
mais comme une représentation de la voix de Dieu.
Par conséquent, chaque cloche est vénérée pour sa sonorité spécifique,
 à la fois profonde et désaccordée.
 
Par ailleurs, la forme creuse et arrondie de la cloche
l'assimile au corps féminin,
 tandis que le battant et le manche évoquent un phallus.
Ces connotations sexuelles contribuent
au symbolisme de la cloche et du dorje (petit sceptre),
souvent employés simultanément dans les rituels bouddhistes tibétains.

 
La cloche, qui possède un manche en forme de demi-sceptre,
représente la sagesse de la vacuité, une caractéristique féminine,
tandis que le dorje illustre la compassion universelle, un attribut masculin.
Ensemble, ils symbolisent l'esprit parvenu à l'Eveil.
.
"Le livre des symboles"
Réflexions sur des images archétypales
 

 

Un mythe moderne

Dimanche 14 janvier 2018

C.G. Jung, quelques années avant sa mort,
s'est très fortement intéressé
au phénomène extra-terrestre
et, en 1958, il a publié "Un mythe moderne",
livre entièrement consacré au "mythe" des OVNI.




Jung :
"Cette rumeur, ces bruits et le problème de l'existence physique éventuelle
des objets volants qu'ils évoquent me paraissent tellement importants
que je crois de mon devoir de lancer un cri d'alarme,
comme je le fis à l'époque où se préparaient des événements
qui devaient frapper l'Europe au plus profond d'elle-même".
Il fait allusion ici à la seconde guerre mondiale
      (voir le chapitre Wotan publié en 1936,
Aspects du monde contemporain).

Il ajoute : "l'humanité doit s'attendre à des événements d'où sortira la fin d'un éon,
 la fin d'une ère, la fin d'une grande époque du monde."
Ce livre nous donne des indications précieuses sur le sens de ces événements
 qui sont aujourd'hui d'une première actualité.
Lorsque C. G. Jung s’attaque à la problématique des extra-terrestres,
plus personne n’ose sourire.
L’érudition et l’extrême finesse de raisonnement de ce grand homme
vont enfin mettre un terme aux deux attitudes radicalement opposées
qui s’attachent d’une part à nier, d’autre part à accepter totalement
 la réalité du phénomène.
A la limite, le problème est le même que celui de savoir
 si Dieu existe ou non (à une différence d’échelle près). 





« C'est ainsi que ce créa une situation dans laquelle‭ – ‬avec la meilleure volonté du monde‭ – ‬on ignorait si l'on avait affaire à une perception primaire suivie de phantasmes ou si,‭ ‬à l'inverse,‭ ‬il s'agissait de fantaisies inconscientes primaires qui,‭ ‬en gestation dans l'inconscient,‭ ‬assaillaient le conscient,‭ ‬l'inondant d'illusions et de visions.‭ »‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬



« Quoi qu'il en soit,‭ ‬une chose est sûre‭ ‬:‭ ‬un mythe vivant‭ ‬s'est constitué.‭ ‬Nous avons ici l'occasion de voir naître sous nos yeux une légende et d'observer comment,‭ ‬dans une époque difficile et sombre de l'humanité,‭ ‬se crée une histoire miraculeuse,‭ ‬celle d'un essai d'intervention‭ – ‬ou du moins de rapprochement‭ – ‬de puissances extra-terrestres,‭ ‬de puissances‭ «‬ célestes ‭» ; ‬et cela à un moment où l'imagination humaine se met à envisager on ne peut plus sérieusement la possibilité de voyages interplanétaires,‭ ‬la visite ou même l'invasion d'autres astres. »‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬
« La situation mondiale actuelle est on ne peut mieux faite pour susciter l'attente et l'espérance d'un événement supra-terrestre qui dénouerait les conflits latents.‭ ‬Si une telle attente n'ose pas trop visiblement montrer le bout de l'oreille,‭ ‬c'est pour la bonne raison que personne n'est plus assez imprégné de la philosophie des siècles passés pour qu'une intervention du ciel apparaisse comme un recours allant de soi. »‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬


Rêves de ce blog
évoquant des OVNI ou des extra-terrestres :
 
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vendredi 12 janvier 2018

Rêve 56 : Visiteurs venus d'ailleurs

 
Vendredi 12 janvier 2018
 
La nuit je rêve beaucoup, des rêves qui n'ont parfois ni queue ni tête, d'autres qui doivent avoir certainement une signification......Dommage je n'y connais rien en matière d'interprétation des rêves. Certains me réveillent brutalement , d'autres s'effacent rapidement et  d'autres encore m'imprègnent profondément.
C'était le cas la nuit dernière. Vers une heure du matin je me suis réveillé en sursaut. Un rêve dont je me souviens dans les moindres détails m'a quelque peu interpellé.
 


Sur une place une foule était rassemblée 
et j'étais au milieu de celle-ci.
Une grande inquiétude régnait car on venait de nous annoncer
que des extra-terrestres allaient bientôt arriver.
Nul ne savait s'ils allaient venir en conquérants ou en amis.
Devant la foule se tenait un grand bâtiment dont les portes s'ouvrirent.
 
Un être habillé tout en gris avec un foulard
qui lui cachait le bas du visage
s'avança vers nous : 
 
" Ne craignez rien nous sommes pacifistes
 et nous venons d'une autre planète.
Des êtres comme moi vont circuler parmi vous
et vous pourrez leur poser toutes les questions que vous voulez. "
A cet instant une grande fumée s'éleva dans le ciel et l'être dit:
" N'ayez pas peur, c'est un petit événement pour célébrer notre arrivée".
 



Une grande cloche en or descendit du ciel, 
resta quelques secondes en lévitation 
avant de se poser sur le sol.
Elle brillait de mille feux !
Les êtres venus d'ailleurs se disséminèrent dans la foule.
L'un était près de moi.
- D'où venez vous ?
- D'une autre planète.
- Est ce qu'elle est loin de la terre?
- Je ne peux répondre à cette question. C'est un secret.
- Comment vivez vous ?
- A peu près comme vous dans des maisons.
Les grandes différences, ce sont nos comportements,
notre manière d'être, nos relations sociales.
 
A  cet instant je me suis réveillé en sursaut
avec la sensation d'être complètement imprégné par ce rêve étrange
comme si je venais réellement de vivre cette situation.
 
Ah si seulement je savais interpréter les rêves !!!
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Rêve reçu le 18 novembre 2017
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