jeudi 8 décembre 2016

La physique de la conscience





Philippe Guillemant,
physicien et chercheur au CNRS,
connu pour son ouvrage,
"La route du temps"
(traitant de la double causalité et des synchronicités)
nous parle de son nouveau livre
"La physique de la conscience"...
.
Passionnant !
.
A écouter, ré-écouter...
et ré-ré-écouter ! :-)
.
La Licorne
.


Coïncidence ou synchronicité ?

Jeudi 8 décembre 2016


Les coïncidences fascinent les hommes depuis l'Antiquité, 
mais elles n'ont pris le nom de synchronicités - lorsqu'elles sont hautement signifiantes - 
que suite aux travaux de Carl G. Jung avec le physicien Wolfgang Pauli. 

L'épisode qui a mené le grand psychologue suisse
sur la piste des synchronicités est connu : 
une patiente lui rapporte un rêve
dans lequel elle reçoit en cadeau un scarabée d'or.
Jung entend alors un léger choc contre sa fenêtre ; 
il ouvre et recueille dans sa main un scarabée (cétoine) doré !
Il précise dans Synchronicité et Paracelsica qu'un tel événement 
ne s'était jamais présenté à lui avant, ni ne s'est reproduit ensuite
.
Précisément ! pointent les sceptiques : 
Jung attribue du sens à ce qui n'est qu'une coïncidence, entièrement due au hasard. 
Qui n'a fait l'expérience de s'intéresser aux synchronicités et d'en voir soudain partout ? 
C'est donc bien que l'on projette du sens sur ce qui n'en a pas. 
Autrement dit, c'est de la « pensée magique » ou du « délire d'interprétation ».

À moins que le monde se mette réellement à « faire sens »
 quand on le regarde autrement.
Certaines synchronicités peuvent en effet relever d'une forme de « miracle », 
lorsqu'elles permettent par exemple de débloquer une situation,
 de répondre à une question fondamentale, 
ou d'indiquer un chemin à suivre. 

Anges encyclopédiques

J'ai personnellement trouvé dans une foire aux livres d'occasion 
un ouvrage auquel j'avais pensé le matin même, tout en ayant oublié le titre. 
N'y pensant plus l'après-midi, je suis allé directement au fond de la salle 
et ce livre est le premier que j'ai sorti d'un carton. 

L'écrivain Arthur Koestler parlait « d’anges encyclopédiques » 
à propos de ces aides inattendues qui nous mettent entre les mains 
l'information livresque que l'on recherche. 
Ainsi, un livre tombe parfois ouvert à la bonne page ! 
De façon générale, beaucoup voient l'intervention de leur « ange gardien » 
ou de leur « guide » dans ces coïncidences signifiantes.

Auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, Jean Moisset donne des exemples 
pour distinguer coïncidence, sérialité et synchronicité. 

Au cours de vos vacances, vous rencontrez un ami : 
c'est une coïncidence
En plus de cet ami, vous rencontrez deux autres connaissances 
pendant votre séjour : c'est la sérialité

Mais, vous rendant sur votre lieu de vacances à Arcachon, 
vous voyez une affiche des Antilles qui vous fait penser à des amis 
partis vivre à la Martinique et dont vous êtes sans nouvelles depuis quinze ans. 
Arrivés sur place, vos voisins immédiats sont ces mêmes amis : synchronicité.
Autre exemple, d'avant l'ère des téléphones portables :
vous passez devant une cabine téléphonique et le téléphone sonne.
Vous décrochez et avez au bout du fil un ami
qui cherchait à vous joindre mais s'est trompé de numéro !

« Tout me parle »

Il faut tout de même prendre garde à ne pas voir des signes 
là où il n'y en a pas. L'écrivain Michel Cazenave a ainsi proposé 
que la synchronicité soit à l'origine de la somatisation, 
c'est-à-dire la « symbiose » corps-esprit 
qui fait que nous tombons malades apparemment sans cause.

Dans son livre Ce qui est caché aux sages et aux intelligents, 
Thierry Salmeron met en garde contre les faux signes, produits du mental,
 et les vrais qui sont le résultat d'une présence consciente. 
Il cite les propos d'un grand chef indien : 
« Tout ce qui passe près de moi, me parle ». 
« Vous êtes guidés vers le meilleur pour vous
par des signes accessibles à vos sens », ajoute-t-il.

Mais il va très (trop ?) loin en expliquant que le libre arbitre est néfaste, 
puisqu'il nous donne des choix permanents 
alors qu'il suffirait de suivre des signes qui nous sont « destinés ». 
Le libre arbitre serait ainsi à l'origine de la chute d'Adam et Eve.

Lâcher-prise et intuition

Le psychologue Jean-François Vézina, qui a publié 
Les Hasards nécessaires (Éditions L'Homme 2002), 
estime avec Michel Cazenave que « les synchronicités se produisent plus fréquemment 
en période de tension psychique
alors que la forme symbolique habituelle du rêve n'a pas réussi à se faire entendre. »
Il ajoute : « La synchronicité vue sous cet angle n'est pas nécessairement 
"un cadeau magique" comme elle est parfois décrite dans le langage populaire.
Encore que la souffrance peut être perçue comme une grâce.

Je suis toujours amusé lorsque je lis dans un livre ou un article cette phrase :  
"Provoquez la synchronicité dans vos vies !" 
En réalité, la synchronicité échappe au contrôle du moi
On ne peut que se rendre disponible 
aux messages de l'inconscient qui empruntent cette voie. »

Être disponible aux messages de l'inconscient, 
cela revient à développer son intuition, peut-être en « lâchant prise ». 
La « lueur vacillante de notre intuition », comme l'appelle Jean-François Vézina, 
peut nous permettre de reconnaître des processus symboliques 
qui se déploient sous la forme de motifs, 
de « pentes qui nous attirent et nous conduisent imperceptiblement 
vers telle personne, tel travail, tel auteur ou encore tel pays. » 
L'identification de ces processus et motifs 
est un apport majeur de Jung, selon J.-F. Vézina.

Lien quantique

Mais Jung y voyait plus encore qu’un cheminement. 
Les synchronicités manifestaient selon lui l'unité du monde, l’Unus Mundus
à travers des relations « acausales (sans relations de cause à effet) 
dont il voyait un écho certain dans les propriétés déroutantes de la physique quantique
C'est pourquoi il a travaillé sur le sujet avec Wolfgang Pauli prix Nobel de physique en 1945.

On sait en effet aujourd'hui de façon certaine que des particules élémentaires ayant interagi 
- par exemple des photons - restent connectées via un lien mystérieux et acausal. 
Toute mesure sur l’une des particules modifie instantanément l'état de l’autre, 
mais sans transfert d'information.
Il n’y a pas de « communication » entre elles, mais la physique contemporaine 
est obligée d’accepter qu'elles forment un seul et même système physique, non local, 
même si elles se trouvent éloignées 
de plusieurs milliards d’années-lumière l’une de l'autre.

L'aspect initiatique des synchronicités a été mis en exergue 
dans des romans tels que La Prophétie des Andes (James Redfield) 
ou L'Alchimiste (Paulo Coelho). 
Être davantage à l'écoute, plus conscient, plus présent au monde, 
voilà qui ne saurait nuire.

La coïncidence renvoie au hasard, mais le hasard, 
comme le miracle n’est qu’une question de point de vue. 
Souvenons-nous que l’idéogramme chinois qui traduit le mot « hasard » 
désigne en fait la notion d'appariement, de couplage.

Ainsi le Yi King (Livre des Transformations) reposait tout entier selon Jung 
sur un « principe synchronistique », 
qui fut sa première proposition de l'idée même de synchronicité.
.

Journal NEXUS
Janvier-février 2010
.


mercredi 7 décembre 2016

L'ange des bibliothèques

Mercredi 7 décembre 2016



Un savant fut particulièrement intéressé par les coïncidences : Arthur Koestler. 
Il nomma "anges encyclopédiques" certaines coïncidences inattendues,
citant notamment l'exemple de l'écrivain Wilson qui, 
cherchant un article sur un sujet précis dans une immense bibliothèque, 
vit un volume tomber au sol et s'ouvrir exactement à la page recherchée…

On dit que Kipling, Conan Doyle et beaucoup d'autres 
vécurent des phénomènes identiques. 
.
Marie-Louise Von Franz, elle,
parle à ce propos d'"ange des bibliothèques"... :-)

Cet ange-là, je dois vous le dire,
est particulièrement fidèle et sympathique avec moi,
puisqu'il m'accompagne depuis de très nombreuses années...
Très souvent, lorsque je me pose une question, je "tombe" peu après
sur un ouvrage, un livre, un passage qui me donne la réponse,
ou, du moins, un élément de réponse...

Je fréquente aussi assidûment son ami proche,
"l'ange de l'internet"...
qui m'oriente gentiment vers les sites
 et les articles qui m'intéressent, et ce,
de façon régulière et au bon moment...
au moment où j'en ai besoin.
.
Alors...hasard ou pas hasard ?
la question est ouverte...:-)
.
La Licorne
.



lundi 5 décembre 2016

W. Pauli et la synchronicité (2)

Lundi 5 décembre 2016



Pauli était réceptif aux idées de Jung sur les "coïncidences significatives"
principalement pour deux raisons :
d’abord, il était bien préparé philosophiquement parlant.

L’essai de Schopenhauer Le sens du destin :
spéculation transcendante sur l’intentionnalité apparente dans le destin de l’individu
a eu sur Pauli "un effet fascinant et très durable et il semble avoir préparé Pauli
pour un changement futur dans les sciences physiques et naturelles" .

Dans son article important publié en 1956,
La science et la pensée occidentale,
Pauli a écrit :
 "L’ancienne question de savoir si, sous certaines conditions,
 l’état psychique de l’observateur pourrait influencer
le déroulement de la nature matérielle extérieure
n’a pas de place dans la physique d’aujourd’hui.
La réponse était évidemment affirmative pour les anciens alchimistes.

Dans le siècle dernier, un esprit critique
tel que le philosophe Arthur Schopenhauer,
excellent connaisseur et admirateur de Kant,
a considéré dans son essai Magnétisme animal et magie
que les effets dits magiques étaient largement possibles
et il les a interprétés dans sa terminologie particulière
comme des "influences directes de la volonté
qui vont au delà des limites de l’espace et du temps".

Sous cet angle on ne peut pas dire que des raisons philosophiques
a priori soient suffisantes pour refuser immédiatement de telles possibilités"

Mais l’intérêt que portait Pauli aux "coïncidences significatives"
n’était pas purement académique.
Dans sa jeunesse Pauli avait été marqué
par une mentalité rationnelle extrêmement spécialisée,
avec laquelle il a eu des sérieuses difficultés à l’âge de trente ans.
En août 1934, il a écrit à son collègue et ami Ralph Kronig :

"Après être tombé en dépression durant l’hiver 1931/32,
j’ai commencé lentement à remonter la pente.
J’ai rencontré alors des événements psychiques
que je ne connaissais pas auparavant
et que je nommerai ici simplement l’activité propre de l’âme.
 Il ne fait pour moi aucun doute qu’il y a ici des choses
qui se sont développées spontanément
et qui peuvent être désignées comme des symboles ;
 une chose à la fois psychique et objective
qui ne peut s’expliquer par des causes matérielles. "


Sa crise psychologique a conduit Pauli à prendre contact avec Jung en 1930,
 lequel l’a confié au jeune médecin Erna Rosenbaum, une débutante dans ce domaine.
Pendant cette analyse de cinq mois et durant les trois années qui suivirent,
Pauli a produit sans aucune influence directe de Jung
environ 1500 grands rêves avec des contenus archétypiques surprenants.

On peut glaner quelques informations sur cette activité propre de l’âme,
comme disait Pauli, dans la monumentale oeuvre de Jung,
"Psychologie et alchimie" .
Pauli a souvent fait l’expérience - comme toute personne ayant une activité créatrice
- de la relation mystérieuse entre son travail sur des problèmes de physique théorique
et l’activité animique inconsciente.

Ajoutons à ceci que Pauli a été hanté pendant toute sa vie par des phénomènes très étranges
- c’est ce que l’on a surnommé "L’effet Pauli".
Il s’agit ici du fait - attesté de source sûre -
que les instruments de mesure avaient de temps en temps des perturbations
ou ne fonctionnaient pas lorsque Pauli faisait irruption dans un laboratoire.

On pourrait considérer ces effets comme la manifestation
du revers de la médaille chez Pauli.
Pauli n’avait pas de bonne relation avec les sciences de l’ingénieur ;
il n’avait pas de bonnes aptitudes manuelles
et il ressentait notre monde technique comme inquiétant et menaçant.
Cet état de tension était bien perceptible pour ses collègues
et tout le monde était convaincu que des effets "mystérieux et inquiétants"
 émanaient de Pauli .

Son collègue Markus Fierz raconte :
"Même des spécialistes de la physique expérimentale,
des savants objectifs et réalistes partageaient l’opinion selon laquelle
c’était bien de Pauli qu’émanaient ces effets étranges.
On croyait par exemple que sa simple présence dans un laboratoire
 générait pas mal d’ennuis dans la conduite des expériences,
 elle réveillait pour ainsi dire la malignité des choses.
C’était cela, "l’effet Pauli".
Pour cette raison, son ami Otto Stern, l’artiste renommé des jets moléculaires,
ne l’a jamais laissé entrer dans son institut.

Ce n’est guère une légende, je connaissais très bien Stern tout comme Pauli !
Même Pauli croyait absolument en son effet.
Il m’a raconté qu’il ressentait le malheur à l’avance
sous la forme d’une tension désagréable
et que si ensuite l’ennui pressenti se produisait véritablement,
alors il se sentait bizarrement libéré et soulagé.

On peut tout à fait considérer "l’effet Pauli"
comme un phénomène synchronistique.


La suite de l'article peut être lue ICI
.

Hans Primäs
"Synchronicité et hasard"
.



La synchronicité de Jung et Pauli
avec Michel Cazenave et Etienne Klein
(émission radio)
.


dimanche 4 décembre 2016

Jung et la synchronicité (1)

Dimanche 4 décembre 2016

Les phénomènes synchronistiques sont caractérisés selon Carl Gustav Jung 
par la coïncidence significative 
d’un phénomène physique objectif avec un phénomène psychique
 sans qu’on puisse imaginer une raison ou un mécanisme de causalité évident. 

A partir de la correspondance maintenant disponible de Jung 
avec le théoricien de la physique Wolfgang Pauli, 
on constate que Pauli a eu une participation décisive 
pour la préparation finale de cette idée.

(...)

Le problème de la complémentarité entre psyché et matière, 
signalé plusieurs fois par Pauli, est aujourd’hui reformulé 
par la vision de la physique quantique moderne

(...)
.



En 1992 est apparue dans les éditions Springer la correspondance 
entre le psychiatre Carl Gustav Jung et le physicien théorique Wolfgang Pauli
un document de premier ordre relatif à l’histoire des idées . 
A côté de beaucoup d’informations personnelles 
- qui ne nous intéressent ici que de façon secondaire - 
il s’agit surtout de discussions sur la relation entre la psyché et la matière. 

En partant de leurs domaines professionnels respectifs, 
le psychologue Jung et le physicien Pauli sont parvenus tous les deux 
avec une concordance remarquable à la supposition de 
"l’existence d’un seul monde, dans lequel la psyché et la matière 
seraient une seule et même chose,
que nous distinguons uniquement 
pour mieux les connaître en eux-mêmes" . 

Jung a écrit dans une lettre datée de 1956 :
"Je ne doute pas que la psyché objective contienne 
des images qui éclaircissent le secret de la matière.
 On peut se rendre compte de telles relations 
dans les phénomènes synchronistiques et leur a-causalité.
 Aujourd’hui, ces phénomènes ne sont encore que de vagues idées, 
et c’est à l’avenir qu’est réservé le travail de regroupement 
des expériences qui éclaircissent un peu cette incertitude".

A première vue on pourrait s’étonner que ce soit Pauli qui se soit occupé 
intensivement de façon théorique de la psychologie des profondeurs de Jung. 

Pauli - le rationaliste et l’inexorable physicien à l’esprit critique, 
surnommé par ses collègues "la conscience vivante de la physique théorique" 
ou encore "le terrible Pauli". 
Cependant le "problème psychophysique
a toujours été parmi ses principaux centres d’intérêt. 

Dans une lettre à Markus Fierz en novembre 1949 Pauli a écrit :
" ... la possibilité des lois de la nature m’a toujours paru fondée
 sur la coïncidence archétypique de nos attentes (psychique) 
avec un phénomène naturel extérieur (physique). 

Pour l’organisateur abstrait,
 la distinction "physique-psychique" n’existe justement pas. 
Sur ce point il me semblerait que la "pensée scientifique" 
serait seulement un cas particulier parmi des possibilités plus générales .


1. Premières idées de Jung sur la synchronicité

Les études de Jung sur des "phénomènes inexplicables" ont commencé en 1902 
avec sa thèse "Psychopathologie des phénomènes dits occultes" [6] 
et ont abouti à l’interprétation archétypique de la synchronicité. 
Selon cette interprétation, l’archétype à la base des phénomènes de synchronicité 
serait un coordinateur de la réalité psychique et matérielle 
où la coordination se déroule selon leur signification commune. 
Jung considère la psyché et la matière 
comme deux aspects d’une "unité" non divisée 
qui est inaccessible par voie directe :

"De même que la psyché et la matière sont contenues dans un seul et même monde, 
elles sont en outre en contact permanent et reposent finalement 
sur des facteurs transcendants incompréhensibles ; 
De fait, il est possible et même très probable que la matière et la psyché 
soient deux aspects différents d’une seule et même chose. 
Les phénomènes synchronistiques me semblent incliner dans ce sens : 
du non-psychique pourrait se comporter comme du psychique, 
et inversement, sans qu’il y ait de relation causale entre eux." 

Les conceptions de Jung se distinguent par principe de celles de Freud, 
en particulier par rapport à l’autonomie de l’inconscient, 
qu’il a nommé plus tard la "réalité de l’âme".
Contrairement à Freud, Jung s’intéressait surtout aux "grands rêves
qui ont une signification numineuse et dans lesquels se trouvent 
des contenus symboliques qu’on rencontre souvent dans l’histoire de l’humanité, 
comme des motifs mythologiques ou des images primordiales 
que Jung qualifiait d’"archétypes" dans ses premières oeuvres.

Le concept de "principe synchronistique"
apparaît très discrètement pour la première fois 
dans un éloge funèbre pour Richard Wilhelm 
dans le Neuen Zürcher Zeitung du 6 mars 1930 :


"La science du "Yi King" n’est pas basée sur le principe de causalité 
mais sur un principe qui n’est pas nommé jusqu’ici - 
car il n’apparaît pas chez nous 
- que j’appelle à titre d’essai le principe synchronistique. 
Mon occupation avec la psychologie des phénomènes inconscients m’a contraint, 
il y a plusieurs années déjà, à chercher un autre principe explicatif 
car le principe de causalité m’est apparu insuffisant
 pour expliquer certains phénomènes étranges
de la psychologie de l’inconscient. "

Dans ses Tavistock Lectures en 1935 Jung a répondu 
à une question sur le parallélisme psychophysique :
"Le corps et l’esprit sont deux aspects de l’être humain, 
et cela est tout ce que nous savons. 
Pour cette raison je préfère dire que les deux choses surviennent ensemble 
d’une façon mystérieuse et en rester là, 
car on ne peut pas s’imaginer les deux choses comme étant une seule. 

Pour mon usage personnel, j’ai conçu un principe
qui doit montrer ce fait d’être "ensemble", 
j’affirme que l’étrange principe de la synchronicité agit dans le monde
 lorsque certaines choses se produisent d’une façon plus ou moins simultanée 
et se comportent comme si elles étaient la même chose, 
tout en ne l’étant pas de notre point de vue. "

"L’Orient fonde sa pensée et son évaluation des faits sur un autre principe. 
On n’a même pas de mot pour rendre compte de ce principe. 
L’Orient a bien sûr un mot pour cela mais nous ne le comprenons pas. 
Le mot oriental est Tao... 
J’utilise un autre mot pour le nommer mais c’est assez pauvre. 
Je l’appelle synchronicité. "

La synchronicité selon Jung se réfère à des événements 
où il se passe des choses dans la réalité extérieure 
qui sont en correspondance significative avec une expérience interne. 

Les phénomènes synchronistiques sont des coïncidences significatives 
où l’espace et le temps apparaissent comme des grandeurs relatives.
 "Synchronicité" ne veut pas dire "en même temps" mais "avec le même sens". 

La partie du phénomène synchronistique
qui se produit dans la réalité extérieure 
est perçue par nos sens naturels. 
L’objet de la perception est un événement objectif. 
Cependant Jung écrit :
"Il demeure pourtant un événement inexpliqué
car dans les conditions de nos présupposés physiques, 
on ne pouvait pas s’attendre à sa réalisation. "

Bien entendu, la synchronicité n’est pas une explication, 
c’est en premier lieu le fait de donner un nom aux faits empiriques 
suggérant l’existence des coïncidences significatives. 
Jung a souligné qu’"en ce que concerne la synchronicité, la principale difficulté
 réside dans le fait de voir sa cause dans le sujet tandis que, selon ma conception, 
elle se trouve dans la nature des processus objectifs" [12] .

 Les phénomènes synchronistiques remettent en question le concept physique d’objet 
tout comme les concepts classiques d’espace et du temps 
et ils concernent donc également les physiciens 
intéressés aux questions philosophiques.

Jung traîna avec lui ses idées
sur des "coïncidences significatives" pendant des années, 
sans leur donner leur forme définitive. 
Il a longtemps hésité avant de les présenter au grand public.


Après une conversation avec Pauli, en novembre 1948, 
ils ont commencé une correspondance intensive , 
dans laquelle Pauli a encouragé Jung à rédiger ses pensées sur la synchronicité. 
En juin 1949 Jung a envoyé à Pauli un brouillon "entouré partout de signes d’interrogations" 
pour qu’il l’examine en détail. Pauli a pris vivement part à la mise au point ultérieure 
du concept de la synchronicité de Jung.

Dans leur correspondance (partiellement) publiée, 
il ressort que la critique constructive de Pauli a été essentielle. 
La version définitive de Jung a été le résultat de beaucoup de révisions 
- inspirées par les commentaires critiques de Pauli - 
et elle est apparue en 1952 sous le titre 
"La synchronicité comme principe des relations acausales"  
dans un volume publié conjointement avec Pauli et intitulé 
Explication de la nature et de la psyché
Ici, il ne s’agit "pas du tout d’un travail complet de description et d’élucidation 
de ces faits complexes", comme Jung l’a souligné dans son préambule, 
"mais uniquement d’un essai afin de...
soulever le problème."

Les phénomènes synchronistiques se comportent selon Jung 
comme des hasards gorgés de sens
Ils sont caractérisés par la coïncidence porteuse d’une signification 
d’un phénomène objectif physique avec un événement psychique 
sans qu’on puisse imaginer une raison ou un mécanisme causal.

 Jung a listé parmi les exemples de coïncidences significatives la télépathie
des pratiques divinatoires comme le Yi King 
ou encore la technique d’interprétation de l’astrologie
mais aussi les effets secondaires souvent observés en cas de décès
une horloge s’arrête, une photo tombe du mur, un verre se brise.

L’existence des événements synchronistiques est souvent mise en doute 
car ils sont rares voire exceptionnels. 
L’argument le plus convaincant de leur réalité est une tradition millénaire et 
- en dernière instance, la seule valable - 
l’expérience personnelle propre.

Les phénomènes synchronistiques perdent 
beaucoup de leur force de conviction 
quand on les raconte simplement. 
Ils ont une qualité d’expérience numineuse
 et on doit l’expérimenter soi-même.

 La seule chose qui compte est le saisissement personnel
Une discussion de tels phénomènes subjectifs 
fait sauter le cadre de la science traditionnelle, dite "objective" 
mais jamais le cadre d’un examen sérieux. 
Des véritables événements synchronistiques ont un caractère numineux,
 tel qu’on ne les crie pas sur les toits. 

Pour ne pas délayer complètement le concept de synchronicité, 
on pourrait envisager de le restreindre 
aux événements qui sont inouïs et bouleversants.
.

Hans Primäs


samedi 3 décembre 2016

Quand la conscience influe sur la matière...

Samedi 3 décembre 2016


Une équipe de scientifiques de la prestigieuse Université de Princeton 
mène depuis une quinzaine d'années 
un programme de recherche pour le moins étonnant : 
Les résultats sont implacables : 
l'esprit humain et/ou la noosphère 
produisent des effets sur la matière.

L'histoire commence à la fin des années 70, 
sous la houlette du professeur Émérite Robert Jahn 
de l'Université de Princeton (New Jersey, Etats-Unis), 
où Einstein passa une bonne partie de sa carrière. 

Un beau jour, le chercheur tenta de savoir si l'esprit pouvait influer 
sur un générateur de nombres aléatoires (GNA). 
Il a donc demandé à quelques sujets de se concentrer sur une petite boite noire, 
dans laquelle de pauvres électrons étaient martyrisés 
pour les besoins de l'expérience.
 Au lire des résultats, les bras lui en tombèrent. 

La conscience humaine pouvait effectivement modifier son environnement. 
Dans les années 1980, c'est le docteur Roger Nelson de la même université 
qui s'est amusé à reprendre l'expérience, en plaçant les GNA 
au beau milieu de groupes de méditation
Les résultats furent en tous points comparables. 
Et cette série d'essais marqua 
le début du projet d'étude de la "conscience globale",
 le Global Consciousness Project.

Soubresauts quantiques

Quinze ans plus tard, Roger Nelson, entouré d'une fine équipe, passa la vitesse supérieure. 
Il envoya ses boites noires dans plusieurs laboratoires répartis sur toute la planète
 et développa un serveur Internet de réception et d'analyse de données en temps réel. 
Début septembre 1997, le système était opérationnel : 
à chaque seconde, les GNA compilaient 200 tirages aléatoires binaires 
(une sorte de pile ou face dans lequel la pièce de monnaie est remplacée par un électron), 
24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les générateurs fonctionnaient à plein. 
Moins d'une semaine après la mise en service de l'architecture, 
les graphes se mirent subitement à dévier de leur trajectoire moyenne, 
de façon très nette, pour revenir à la normale quelques heures plus tard.


L'esprit en avance sur son temps ?

Ce jour est définitivement devenu historique... 
mais pour une toute autre raison, en fait : 
un milliard de personnes de par le monde ont ce jour là suivi 
l'enterrement de la Princesse Diana, en direct. 
Une semaine plus tard, les aiguilles s'emballèrent de nouveau... 
à l'occasion des cérémonies d'adieu dédiées à Mère Thérésa
Et depuis lors, tous les ans, une vingtaine d'événements planétaires 
sont marqués par ces mouvements d'humeur quantiques ; 
les célébrations du nouvel an, des bombardements, des tremblements de terre, 
les éclipses solaires, des élections ou des finales 
de compétitions sportives importantes, des attentats... 


C'est d'ailleurs en analysant les données du 11 septembre 2001 
que les chercheurs relevèrent une deuxième curiosité : 
l'affolement des GNA a ce jour là débuté 4 heures 
avant que les deux avions touchent les deux tours du World Trade Center, 
avant même que les terroristes se pointent à l'aéroport. 
Une erreur, un bug, un artefact, une mauvaise interprétation ? 
Apparemment pas.
Car dans les derniers jours de l'année 2004, 
la machine est une nouvelle fois entrée dans un délire spatio-temporel. 
Et vingt-quatre heures plus tard, un violent séisme provoquait le tsunami 
qui a dévasté l'Asie du Sud-Est, et qui a coûté la vie à 220 000 personnes.


"L'effet est réel"

"Très souvent, les phénomènes paranormaux s'évaporent 
si vous les étudiez suffisamment longtemps. 
Mais ce n'est pas le cas du Global Consciousness Project (GCP). 
L'effet est réel.

Le seul doute porte sur son interprétation", a déclaré le physicien Dick Bierman, 
de l'Université d'Amsterdam, lors d'une interview pour le Daily Mail en 2005. 
Ce chercheur connaissait les scientifiques impliqués dans le projet de recherche,
 leurs compétences et leur intégrité. Mais il n'arrivait pas à les croire. 
"J'ai donc répété l'expérience et j'ai obtenu les mêmes résultats. J'étais sous le choc. 
Après ça, j'ai commencé à réfléchir plus profondément à la nature de notre monde".

Dick Bierman n'est pas le seul à avoir douté.
Au total, une centaine de laboratoires, de chercheurs ou d'analystes 
se sont intéressés au programme. Une partie y participe aujourd'hui activement ; 
65 GNA sont actuellement disséminés dans le monde. 
La probabilité globale pour obtenir de tels résultats par le hasard 
est de l'ordre de 1 pour 1 million. Autant dire quasi-nulle.

Le problème, c'est que personne ne sait comment interpréter ces données
Et si quelques médias anglo-saxons (CBS, Time Magazine, NBC...) 
ont rapporté l'expérience, c'est en mettant en avant 
le côté le plus spectaculaire du phénomène, à savoir la possibilité de "prédire l'avenir". 

Or, cette expérience ouvre des perspectives bien plus impressionnantes, 
d'un point de vue scientifique. 
Pour bien comprendre, il faut savoir que la physique actuelle
 est tiraillée entre deux extrêmes : 
la physique quantique qui s'applique à l'infiniment petit, 
et la relativité générale qui décrit (relativement) bien 
le monde macroscopique dans lequel nous vivons. 
Les scientifiques recherchent depuis une cinquantaine d'année 
à unifier ces deux théories, en vain.

Perspectives prometteuses

Sans rentrer dans les détails, nous pourrions résumer de cette façon 
le principe majeur de la physique quantique : 
Si l'évolution d'un système est globalement déterministe 
(régi par le principe de causalité : action/réaction),
 la mesure de son état peut donner aléatoirement 
une valeur prise dans un ensemble de résultats possibles. 

En clair, le hasard est partie intégrante de notre univers 
et nous ne pouvons déterminer l'état d'un système microscopique avec précision, 
mais seulement en termes de probabilités.
D'où l'importance du Global Consciousness Project, qui relie directement 
cet espace probabiliste de l'infiniment petit à notre monde macroscopique. 
Un des liens connectant les deux serait l'esprit, ou la "noosphère
définie comme l'espace d'agrégation de l'ensemble des pensées, 
des émotions et des idées produites par l'humanité à chaque instant.

Et finalement... cette expérience ne remettrait-elle pas en cause
 les fondements même de la Science 
(et pas seulement de la Physique) ? 
En théorie, le boulot d'un scientifique est d'observer, d'expérimenter, 
de théoriser puis de valider ses prévisions 
au moyen de nouvelles expériences ou d'observations. 
Or, et jusqu'à preuve du contraire, 
le scientifique possède une conscience, un esprit. 

Les résultats du GCP nous montrent justement que l'être humain 
(ou même animal, souvent objet d'essais) 
peut directement influer sur les résultats de ces expérimentations. 
Reste à savoir dans quelles proportions... 
ce qui ne peut être connu qu'en multipliant les expériences. 

Pourtant la communauté scientifique ne semble guère mobilisée par cette découverte. 
Pour vous en convaincre, rendez-vous sur la page de contributions du projet :
 l'équipe en est réduite à agiter la sébile pour récolter les dizaines de milliers de dollars
 nécessaires au fonctionnement et à l'amélioration du programme.

"Dieu ne joue pas aux dés"... disait Einstein, incrédule devant les résultats 
(pourtant) implacables des expériences validant la théorie quantique. 
Peut-être serait-il aujourd'hui rassuré.


"Un jour après avoir maîtrisé les vents, les vagues,
les marées et la pesanteur,
 nous devrions exploiter les énergies de l'amour ; 
et pour la seconde fois dans l'histoire du monde, 
l'homme découvrira le feu" 
disait aussi Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), 
qui avait prédit en son temps
l'existence d'une "conscience globale".
A voir...
.
(Article publié en 2009, 
sur le site "Les mots ont un sens")
.



vendredi 2 décembre 2016

Effets de la méditation collective

Vendredi 2 décembre 2016


John Hagelin
Physicien quantique :

“Je vais vous montrer très rapidement quelques unes des premières études, 
voici la 1ère, sans entrer dans les détails, elle se situe au Moyen Orient
au pire moment de la guerre du Liban au début des années 80.

Il a été suggéré, sur la base de plusieurs études à moindre échelle, 
que si suffisamment de gens  font ensemble l’expérience, 
et stimulent ce champ fondamental de paix intérieure, 
dans le comportement des gens à travers la société. 
Les gens se réveilleraient le matin et décideraient 
“Bon ! je ne vais tuer personne aujourd’hui !”

Quelle belle idée ! qu’avec une vision large, moins étroitement crispée, 
moins étroitement centrée sur soi et stressée, 
ces actes terroristes désespérés n’ont pas vraiment  
de terrain fertile pour pousser.

Ce tableau (voir la video) montre une ligne en pointillé qui monte et descend, 
ce qui représente la montée et la chute, sur une base quotidienne 
du nombre de gens qui méditent à Jérusalem, 
une moyenne de 1000 personnes plus ou moins.
La ligne pleine représente le progrès vers la paix, 
au milieu de la guerre dans le Liban voisin.

Même sans l’usage d’une analyse statistique, 
vous pouvez presque voir dans les données brutes 
que le progrès vers la paix, 
en termes de baisse du nombre de morts, 
de blessés de guerre, et du nombre de bombes, 
monte et descend presque en parallèle 
avec le nombre de gens qui méditent en groupe 
irradiant cette influence de paix intérieure 
qui devient extérieure.

Quand on la soumet à une analyse mathématique, 
la probabilité que ce soit simplement dû à un coup de chance, 
dû au hasard, est au dessous d’1 pour 10 000.

Etre capable d’avancer avec une telle certitude que la méditation en groupe 
a permis d’éviter la guerre, est réellement une découverte remarquable.
Quand on l’a publié dans le “journal of conflict resolution” de l’université Yale 
cela produisit une tempête ! 

Tout d’abord sa simple publication prit 2 années 
car les éditeurs l’ont passé en revue plusieurs fois 
avant de conclure que l’article était inattaquable
.
Cet article était écrit selon un niveau de rigueur scientifique 
bien au delà des normes requises pour une publication dans tout journal.
Donc les éditeurs du journal ont dû le publier

 mais ils l’ont accompagné d’une lettre disant que la conclusion est si inattendue, 
(soit : qu’1 millier de gens puissent influencer 
le comportement de millions d’autres
que d’autres scientifiques se devaient de répéter l’étude. (*)

C’est exactement ce qui est arrivé dans les 2 années et quart suivantes : 
7 autres collaborations scientifiques ont répété cette étude,
 formant et réunissant des groupes de méditation 
pratiquant la Méditation Transcendantale, 
et pour chacune d’elles durant ces 2 années et quart 
une réduction significative de la violence et de la guerre fut observée :

80 pour 100 de réduction de mortalité et de blessures de guerre 
comparé aux autres jours durant ces 2 années et quart 
où il n’y avait pas de groupe de méditation, 
durant lesquels la situation se détériora légèrement
par comparaison avec la positivité indiquée par les 7 barres 
(cf tableau sur la vidéo) montrant un progrès vers la paix 
hautement significatif au niveau statistique,
pour chaque étude.

Si vous mettez tout cela ensemble la probabilité que cette réduction de la guerre 
soit encore une fois due à un coup de chance 
et non aux groupes de méditation est de moins de 1/10 000 000.

Il y a plus de certitude que la méditation de groupe puisse arrêter la guerre 
tout comme on appuie sur l’interrupteur d’une lampe pour que la lumière jaillisse,
 que de certitude que l’aspirine réduise le mal de tête, par exemple. 
C’EST UN FAIT SCIENTIFIQUE”
.


(*) Des chercheurs ont pu déterminer le pourcentage exact de population nécessaire
 pour créer cet effet, appelé "effet  Maharishi".
Il s'agit de la racine carrée de 1% de la totalité d'une population donnée,
c'est-à-dire à peine un peu plus 8 000 personnes
sur les 7 milliards que compte actuellement la population mondiale !!!
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jeudi 1 décembre 2016

Pollution psychique et catastrophes

Jeudi 1er décembre 2016


L'écologie extérieure sans écologie intérieure 
n'est qu'illusion.
.
Denys Rinpoche
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Carl Gustav Jung,
prenait plaisir à raconter,
aussi souvent que possible,
l’histoire du Faiseur de Pluie que son ami R.Wilhelm
avait ramenée de Chine :
Il y eut une grande sécheresse dans la ville 
où séjournait Richard Wilhelm ; 
pendant des mois il ne tomba pas une goutte de pluie 
et la situation devint catastrophique.

Les catholiques firent des processions, les protestants firent des prières, 
et les Chinois brûlèrent des bâtons d’encens et tirèrent des coups de fusil 
pour effrayer les démons de la sécheresse. 
Finalement, les Chinois se dirent : 
“Allons chercher le faiseur de pluie”, 
et celui-ci vint d’une des provinces.

C’était un vieil homme émacié. 
Il dit que la seule chose qu’il souhaitait 
était qu’on mette à sa disposition une petite maison tranquille 
et il s’y enferma pendant trois jours. 
Le quatrième jour des nuages s’amoncelèrent, 
et il se produisit une forte chute de neige, à une époque de l’année
où aucune neige n’était prévisible, et en quantité inhabituelle.

 Tant de rumeurs circulèrent au sujet de cet extraordinaire faiseur de pluie 
que Wilhelm alla voir l’homme, et lui demanda comment il avait fait. 
En vrai Européen, il dit : “Ils vous appellent le faiseur de pluie, 
pouvez-vous me dire comment vous avez produit la neige ?”.

Le petit Chinois répondit : 
“Je n’ai pas fait la neige, je n’en suis pas responsable” 
— “Mais qu’avez-vous fait durant ces trois jours ?”
 — “Oh, cela, je puis vous l’expliquer, c’est simple. 
Je viens d’un pays où les choses
sont ce qu’elles doivent être. 
Ici les choses ne sont pas dans l’ordre
elles ne sont pas comme elles devraient l’être
d’après l’ordre céleste, 
aussi le pays tout entier est-il hors du Tao.

Je n’étais pas non plus dans l’ordre naturel des choses, 
parce que j’étais dans un pays qui n’était pas dans l’ordre, 
aussi la seule chose que j’avais à faire
était d’attendre trois jours jusqu’à ce que je me retrouve en Tao, 
et alors, naturellement, le Tao fit la neige”. »

Texte ici
.

Cette histoire est véridique, ce n'est pas une légende, 
elle s'est réellement passée...

Et si nous en prenions "de la graine" ,
Et si nous la prenions au sérieux ?

Ne serait-il pas temps de se demander
si les désordres climatiques extérieurs
ne sont pas le parfait reflet
de nos désordres "intérieurs" ?
Ne serait-il pas temps de se pencher
sur notre "pollution psychique"...?

Cette pollution "intérieure"
fruit de nos peurs, de nos haines
et de nos pensées négatives,
n'est-elle pas celle qui, réellement,
fait grimper la "température mondiale",
au sens propre comme au sens figuré, 
et n'est-elle pas aussi en rapport direct
avec toutes sortes de "catastrophes"
humaines et écologiques ?

Ne devrions-nous pas commencer,
avant toute chose,
par calmer nos esprits
avant de vouloir nous attaquer
aux désordres climatiques ?

Certains commencent heureusement
à le comprendre...
.
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Lire aussi, sur ce sujet,
l'excellent article d'Olivier Breteau
dans son Journal Intégral :

"Comment devenir faiseurs de pluie ?"
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mardi 29 novembre 2016

Fin d'une époque et solution spirituelle

Mardi 29 novembre 2016



Nous sommes à la fin d'une époque
Toute la question est de savoir comment traverser
 cette « crise » apocalyptique 
et en atténuer les effets. 
La vraie solution ne peut être que spirituelle.

Une nature ravagée. 
Une société déstructurée, 
un totalitarisme massif ou feutré : 
il s'agit de recréer des cadres de vie, des modes d'existence, 
des attitudes intérieures susceptibles
de sauver le meilleur de l'homme.

La nuit intellectuelle, celle du clonage mental 
et des philosophies réductrices ou nihilistes : 
il s'agit de redécouvrir les chemins
d'une connaissance métaphysique 
susceptible de fournir les « clés » 
et les références doctrinales communes 
aux grandes Traditions de l'humanité. 

La dissolution suicidaire de la psyché : 
il s'agit de retrouver la "psychologie des profondeurs" 
et le processus d'individuation par l'examen des rêves 
et la conciliation alchimique des contraires. 

La destruction du sacré : 
il s'agit de recouvrer les principes universels 
de la philosophia perennis
 et de la vie spirituelle par un ensemble de pratiques, 
telle, dans le christianisme, la « prière du coeur », 
ce yoga de l'Occident.

Tout espoir n'est donc pas vain. 
Mais plutôt que de vouloir sauver un monde 
en proie à d'insolubles contradictions, 
le moment est venu, 
à partir du patrimoine spirituel de l'humanité, 
d'oeuvrer à l'urgente préparation de l'avenir.
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vendredi 25 novembre 2016

Rêve 41 : Message hypnagogique

Vendredi 25 novembre 2016

Ce qui va suivre n'est pas à proprement parler un rêve, 
puisqu'il n'y a aucune image, aucun récit, mais seulement des mots, 
des mots qui me sont venus au petit matin...dans un demi-sommeil.

Je dois préciser que cela m'arrive de temps en temps...
Je reconnais que ces phrases ou ces mots 
ne viennent pas de mon conscient 
au fait qu'elles me surprennent et sont très différentes
de ce que j'aurais pensé consciemment.
Ce sont comme des phrases "tombées du ciel"...

Ce que je dois préciser aussi, c'est que les fois précédentes 
(qui remontent à plusieurs années), 
les propos reçus se sont révélés, à long terme, 
très profonds et très pertinents. 
Depuis, j'ai plutôt tendance à accorder foi 
à ce qui m'est "dit" de cette façon-là.


C'était donc le matin du 14 juillet 2008
J'étais en vacances dans les Pyrénées 
et j'ai "reçu" un message
de plusieurs phrases...
Dont ces deux-là :

Nos pensées sont agissantes, 
elles "font" la réalité.

Certains dangers 
(sous-entendu "pour la planète") 
pourraient être évités 
si un grand nombre de gens 
fixaient leur pensée 
sur une "solution positive".


Et puis tout de suite après, j'ai clairement visualisé 
une image du "danger" évoqué :
c'était une image du film "Le cinquième élément" (*)
(la boule de feu qui, au début du film, 
menace de percuter la terre)



Enfin, quelques heures à peine
après avoir reçu ce "message" sybillin,
j'ai vécu une synchronicité (**) :
j'ai trouvé chez un bouquiniste
un livre qui s'appelait
Ce livre m'a immédiatement passionnée
et il a fortement contribué
à changer ma vision du monde.

Car, il y a huit ans, l'idée que nos pensées
puissent avoir un effet direct sur la réalité
ne m'avait pas encore effleurée...:-)
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La Licorne
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(*) Le film de Luc Besson est visible ICI
La boule apparaît à 12mn15
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(**) Interview de Philippe Guillemant
sur le thème de la synchronicité :


Extrait de l'interview :
"Demande et tu recevras" dit-on...
S'il suffit de se pencher sur une prise de conscience
de ce que le pouvoir de la pensée peut faire,
on appellera ça aussi une manière de synchroniser 
les événements de notre vie".
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