jeudi 19 janvier 2017

L'individuation (1) : Mémoires

Jeudi 19 janvier 2017



Etudions maintenant plus précisément le déroulement du processus d'individuation (...). 

Pendant la première phase, on assiste au nettoyage de l'inconscient personnel 
par une décantation du passé de l'individu 
qui puise dans les données enregistrées par sa mémoire 
-consciente ou inconsciente- 
événements heureux ou malheureux vécus depuis l'enfance.

Actuellement, certaines techniques permettent de remonter même jusqu'à l'état prénatal.
Dans les religions et les systèmes philosophiques orientaux, 
la régression va plus loin encore et fait appel à une mémoire profonde, la mémoire karmique. 
Qu'il s'agisse du souvenir, de vies antérieures réellement vécues 
ou d'une mémoire ancestrale, héréditaire ou collective, importe peu ici ; 
l'essentiel est que cette mémoire soit présente 
et que le psychisme puisse y trouver des informations inépuisables. 

L'analyse se présente (...) comme une remontée progressive dans l'histoire de l'individu, 
puis dans l'histoire de l'humanité et de la collectivité à laquelle il appartient, 
au-delà de l'inconscient personnel. l'investigation de l'inconscient personnel, 
pratiquée dans la plupart des psychothérapies courantes, 
renvoie au passé propre au sujet et aux événements traumatiques de ce passé. 
La "mémoire"  du sujet est sollicitée par des entretiens, l'étude des rêves 
ou des méthodes plus particulières de régression, comme celle de Janov, 
la Gestalt-thérapie ou la Bio-énergie...


Les techniques de travail sur le corps renvoient aussi à cette mémoire individuelle 
- mémoire tissulaire, cette fois - 
qui a fixé les événements du passé dans les tissus, dans les cellules de l'individu. 
Il n'est pas rare qu'une séance d'ostéopathie, par exemple, 
traitant d'un traumatisme physique, évoque aussi l'état psychique 
qui accompagnait le moment de la lésion; comme dans un flash, 
le sujet se trouve replongé, corps et esprit, dans le moment de son accident. 

Un travail sur le corps peut alors libérer des émotions enfouies profondément. 
Des rêves peuvent également évoquer un état physique ou physiologique bloqué. 
Les rêves de renaissance peuvent exprimer un processus de transformation psychique, 
mais un examen approfondi montre parfois que de telles images, 
inexplicables sur le seul plan psychologique, peuvent traiter aussi 
du traumatisme physique de l'accouchement et des angoisses vécues alors par le foetus. 

On voit ainsi que le corps et l'esprit sont étroitement imbriqués; 
la mémoire cellulaire contient des images évoquant des états psychiques et, inversement, 
des états psychologiques induisent des tensions ou des relâchements physiques précis. 
Voilà donc à nouveau un tissu qui entremêle étroitement deux dimensions. 
Il est possible d'avoir accès à l'un et à l'autre des deux domaines -le corps et l'esprit -
d'approcher la problématique d'un individu par l'une ou l'autre voie, 
de mettre ces deux plans en résonance l'un avec l'autre 
et de favoriser ainsi l'évolution bénéfique.

Marie-Claire Dolghin

"Les saisons de l'âme"
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mercredi 18 janvier 2017

Rêve de Jung : plongée dans le passé humain

Mercredi 18 janvier 2017

Voici un grand rêve, relaté dans "Ma vie",
que Jung confia à Freud, lors d'un voyage en Amérique.


Je me trouvais dans une maison à deux étages, inconnue de moi. 
C'était « ma » maison. J'étais à l'étage supérieur. 
Une sorte de salle de séjour avec de beaux meubles de style rococo s'y trouvait. 
Aux murs, de précieux tableaux étaient suspendus.
 J'étais surpris que ce dût être ma maison et je pensais : « pas mal ! ».

Tout à coup me vint l'idée que je ne savais pas encore quel aspect avait l'étage inférieur. 
Je descendis l'escalier et arrivai au rez-de-chaussée. 
Là tout était plus ancien : cette partie datait de XVe ou du XVIe siècle. 
L'installation était moyenâgeuse et les carrelages de tuiles rouges.
 Tout était dans la pénombre. 
J'allais d'une pièce dans une autre, me disant : 
je dois maintenant explorer la maison entière !

 J'arrivai à une lourde porte, je l'ouvris. 
Derrière je découvris un escalier de pierre conduisant à la cave. 
Je le descendis et arrivai dans une pièce très ancienne, magnifiquement voûtée. 
En examinant les murs je découvris qu'entre les pierres ordinaires du mur 
étaient des couches de briques, le mortier en contenant des débris. 
Je reconnus à cela que les murs dataient de l'époque romaine. 
Mon intérêt avait grandi au maximum.

J'examinai aussi le sol recouvert de dalles. 
Dans l'une d'elles je découvris un anneau. 
Je le tirai : la dalle se souleva, là encore se trouvait un escalier 
fait d'étroites marches de pierres, qui conduisait dans la profondeur. 
Je le descendis et parvins dans une grotte rocheuse, basse. 
Dans l'épaisse poussière qui recouvrait le sol étaient des ossements ; 
des débris de vases, sortes de vestiges d'une civilisation primitive. 
Je découvris deux crânes humains, probablement très vieux, 
à moitié désagrégés. 
– Puis je me réveillai.
.



Freud, dans le plan d'interprétation qui était le sien,
s'intéressa surtout aux deux crânes.
Freud, en effet, et tout particulièrement dans sa relation avec Jung
était très préoccupé par le fantasme du meurtre du père.
Nous avons vu, avec le mythe d'Oedipe, que la rivalité au père
constitue l'un des grands axes de la psychologie freudienne.
Dans plusieurs circonstances de leur travail commun, Freud,
qui voulait faire de Jung son héritier, fut aussi obsédé
par le problème de la rivalité du dauphin.

Freud demanda donc à Jung, au sujet de ce rêve,
ses associations concernant les deux crânes.
Qui pouvaient-ils bien représenter ?
Le reste de l'imagerie du rêve lui était au fond indifférent.
Dans ces deux crânes, il suspectait un désir de mort
et voulait comprendre de quel désir de mort
plus ou moins refoulé il pouvait s'agir.
 Jung voyant en quelque sorte ce que cherchait Freud,
 ne pouvait, quant à lui, rattacher ces deux crânes à aucun désir de mort particulier
mais il sentait bien que Freud ne pourrait pas admettre
que ces deux crânes ne cachent pas un tel désir.
Il faut préciser que le dialogue des deux hommes était arrivé
à un point de non-communication assez aigu.
Finalement, pour clore le débat, Jung répondit que cela pouvait bien représenter
sa femme et sa soeur, donnant ainsi une association qui,
bien que fausse, alimentait l'interprétation de Freud.

Comme il l'explique dans ses Mémoires,
Jung voyait le rêve de façon bien différente.
La maison , selon lui, représentait la psyché,
l'ensemble du psychisme humain.

Le premier étage figure le monde contemporain,
la partie de la conscience adaptée à la vie présente,
les facultés psychologiques d'adaptation courantes.
Au rez-de-chaussée, on se trouve déjà dans un certain passé,
celui de nos racines chrétiennes moyen-âgeuses, de notre culture,
représentant tout l'intérêt de Jung pour le monde chrétien
du Moyen-Âge et pour l'alchimie.

Mais le psychisme a des racines plus profondes :
notre mémoire, plus ou moins consciente,
plonge beaucoup plus loin dans le passé ;
Nous sommes aussi les frères des Egyptiens,
des Romains, des Grecs, des Celtes...
qui nous ont précédés,
ce qui explique que leur mythes aient en nous une telle résonance.

En descendant, on se retrouve donc dans ce monde gréco-romain.
Plus profondément encore, dort aussi l'homme préhistorique,
représenté par les deux crânes dans la grotte souterraine.
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Marie-Claire Dolghin
"Les saisons de l'âme"
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mardi 17 janvier 2017

Couche profonde de l'inconscient

Mardi 17 janvier 2017


Sans rejeter les apports de (Freud), 
Jung ne pouvait se résoudre à ignorer ce qu'il découvrait chez ses patients : 
l'existence universelle d'une couche profonde de l'inconscient exprimant la religiosité, 
c'est-à-dire la mise en harmonie de l'être avec une dimension spirituelle, 
cosmique et chargée de l'histoire du monde.
(...)
Jung s'est lancé dans  l'exploration des zones profondes de l'Inconscient, 
à la façon dont le géologue observe les couches sédimentaires 
et en déduit l'histoire de la terre.

Jung avait compris que le présent psychologique de l'homme n'est pas fait seulement 
des acquisitions de sa brève histoire personnelle, 
mais aussi, et forcément surtout,
d'un long passé historique et préhistorique.
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Georges Romey
"Les pharaons survivent en nous"
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lundi 16 janvier 2017

Osiris

Lundi 16 janvier 2017


Osiris, "dieu au coeur arrêté",
Osiris, prototype de toutes les momies, 
enfermé dans le premier de tous les sarcophages, 
Osiris propose à l'homme de tous les siècles la troublante énigme 
de la mort et de la résurrection. mais plusieurs plans se superposent, 
qui rendent difficile l'accès à la compréhension.

L'homme pressent l'appel du retour à l'origine, 
que son Moi refuse et dont il se défend par le déploiement 
des références multiples au monde visible, 
par tous ces repères, ces mesures rassurantes 
qui l'emprisonnent dans une cohérence figée.

Que se brise le cercueil de verre, que s'ouvre le sarcophage, 
que se déchirent les bandelettes : 
le voici rendu à la vie évolutive, 
le voici en marche vers le retour à l'Unique, 
vers l'accomplissement du Soi, 
épanouissement sublime qui implique l'effacement du Moi 
et annonce son sacrifice.
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Georges Romey
"Les pharaons survivent en nous"
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dimanche 15 janvier 2017

Rêve 43 : Rencontre avec Osiris

Dimanche 15 janvier 2017


J'étais assise dans le train de banlieue que je prends habituellement. 
Il était en mouvement.

Dehors, il faisait soleil et l'ambiance était paisible. 
À ma gauche était assis un homme au teint très foncé, à la chevelure mi-longue, 
ondulée et d'apparence grasse, au vêtement moderne foncé 
d'allure décontractée et pas très fraîche, comme la chevelure.

Il me regardait furtivement et nous nous sommes entretenus, 
mais je ne me souviens de rien, sauf qu'à un moment donné, 
il a dit non de la tête pendant que je parlais,
et j'ai compris qu'il savait que je mentais. 
Je me suis sentie si mal.
Puis, après une longue conversation, il s'est levé 
et m'a demandé d'un ton autoritaire quel était mon nom en me dévisageant. 
Il me paraissait de type indien. 
Je lui ai demandé à mon tour quel était son nom, 
et il me répondit en soufflant d'une voix profonde "O-SI-RISSS".
.

En me réveillant, j'ai cherché le nom d'Osiris 
que je n'ai jamais entendu auparavant.
 J'étais sidérée d'apprendre 
qu'il est une grande divinité 
et que cette divinité a le même teint de peau 
que l'homme dans le train.
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Rêve reçu par Jocelyne
le 8 janvier 2017
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vendredi 13 janvier 2017

Le mythe de notre époque

Samedi 14  janvier 2017


Je n’oserai pas faire des prévisions sur l’avenir, 
averti que je suis par les échecs
de tous les efforts prématurés d’unification
de l’histoire de l’esprit.

Je remarque seulement que, depuis le XVIIème siècle, 
les activités de l’esprit humain ont été divisées de façon stricte, 
mais que je conçois qu’une victoire des contraires, 
comprenant également la synthèse de la compréhension rationnelle 
et de l’expérience mystique de l’unité, 
est le mythe - déclaré ou non - de notre époque.
"La science et la pensée occidentale"
.



La grande source universelle

Vendredi 13 janvier 2017


Dans la vie, il n’y a pas de hasard,
mais seulement un certain dessein
que nous n’avons pas encore compris.
[…]
Je crois que toutes les coïncidences
sont des messages du non manifeste
– elles sont, pour
ainsi dire, comme des anges sans ailes,
des interruptions soudaines
dans la vie normale induites
par un niveau plus profond .
.
Deepak Chopra
.


De mystérieux événements synchrones semblent parsemer nos vies. 
Les recherches actuelles tendent à prouver que tout semble 
se mouvoir de façon harmonieuse dans le monde naturel, 
mais que cette harmonie est parfois soudainement brisée 
par des événements symboliques chargés de sens… 
Le principe de l’univers se situerait-il dans une conscience universelle ?

Mais quelle est donc cette réalité invisible capable de synchroniser les événements de la nature, 
d’où provient-elle et en vertu de quelles lois s’accomplit-elle exactement ?

En interprétant les sens symboliques de ses rêves, à fort contenu alchimique, 
et après avoir longuement étudié les recherches de Jung sur la synchronicité, 
Wolfgang Pauli – physicien autrichien connu pour sa définition 
du principe d’exclusion en mécanique quantique, 
ce qui lui valut le prix Nobel de physique de 1945 – 
se rendit compte que tous les phénomènes synchrones qui se produisaient dans la nature, 
qu’ils soient à caractère humain ou quantique, devaient obligatoirement
 avoir une matrice commune, capable d’unir de façon synchrone 
le monde du psychisme avec celui de la matière.

En observant attentivement les mécanismes qu’il avait étudié en mécanique quantique
 par le biais du principe d’exclusion et du neutrino, qu’il avait lui-même découverts, 
et les conséquences du bouleversant « paradoxe EPR » 
– une expérience de pensée, élaborée par Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen – 
en observant son inconscient à l’œuvre au cours des séances de psychanalyse avec Jung 
ou pendant l’ « effet Pauli », 
en étudiant soigneusement les découvertes de Jung sur l’inconscient collectif, 
Pauli avait eu l’intuition profonde et certaine que cette matrice invisible
capable d’assembler le monde, était l’inconscient collectif, 
auquel l’inconscient personnel accède occasionnellement 
à travers des rêves chargés de sens et de phénomènes de synchronicité.

L’inconscient collectif perd alors sa nature exclusive de concept psychologique
 pour devenir cette réserve d’énergie psychique en dehors du temps et de l’espace, 
qui gouverne non pas comme une force, mais comme une forme 
et informe instantanément le monde de la matière. 

L’esprit (le psychisme) et la matière ne sont donc pas disjoints, 
mais interagissent totalement, de façon synchrone. 
Et il n’y a pas un seul esprit et un seul morceau de matière, existant individuellement, 
mais un nombre infini de morceaux de matière/esprit, 
unis et synchronisés en un tout unique.

Ce que nous croyons être alors notre psychisme ne l’est pas, 
mais est notre capacité à nous relier 
à une grande source universelle qui nous unit tous. 

L’ego, la séparation, la distinction entre objets et particules 
sont autant de parties d’une unique danse sans fin
qui prises séparément, comme des entités disjointes, ne sont qu’une illusion. 

Notre ego est une illusion. En effet, certains problèmes psychiques, 
comme ceux que connut Pauli pendant si longtemps, 
sont une façon de nous avertir que nous sommes séparés du « Soi ».

La clef du bonheur, de la sérénité et de la vie même, 
est de prendre conscience de notre appartenance à un univers infini.
.
Texte ICI
.
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jeudi 12 janvier 2017

Physicien et psychologue : étude d'un même monde

Jeudi 12 janvier 2017



Marie-Louise Von Franz parle, dans ce livre de :

" ....(la) relation réfléchissante (qui) existe de manière permanente
dans les couches profondes de l'inconscient,
mais que nous n'enregistrons consciemment
que dans certaines situations exceptionnelles,
quand des phénomènes synchronistiques peuvent s'observer.

Cela signifie que, dans la couche la plus profonde de l'inconscient,
la psyché « se sait » reflétée dans le miroir du monde matériel cosmique
et que la matière « sait » se trouver reflétée dans le miroir de la psyché objective,
mais ce savoir est « absolu » dans le sens qu'il transcende
presque complètement la conscience de notre moi.

C'est seulement en de rares instants,
lorsque nous sommes impressionnés par l'un ou l'autre événement synchronistique,
que, par petites touches et ponctuellement,
nous avons conscience de cette relation de reflets réciproques."
.
Marie-Louise Von Franz
"Reflets de l'âme"
.


Ce n'est qu'avec la création de l'Hypothèse de la Synchronicité, 
fondée sur l'observation d'innombrables incidents synchronistiques  
que s'impose l'idée que les deux mondes de la matière et de la psyché 
pourraient être plus que deux dimensions à lois semblables, 
mais pourraient former un Tout psycho-physique.

Cela veut dire que le physicien et le psychologue 
observeraient en fait un même monde 
par deux canaux (channels) différents.

Ce monde se présenterait, 
si on l'observe de l'extérieur, comme "matériel", 
et si on l'observe par introspection, comme "psychique". 

En lui-même, il ne serait probablement 
ni psychique, ni matériel, 
mais tout à fait transcendant.
.
Marie-Louise Von Franz
"La synchronicité, l'âme et la science"
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mercredi 11 janvier 2017

Les rêves de Pauli (6) : Le danois et l'anglais, le V et le W

Mercredi 11 janvier 2017



Pendant la nuit de 25 à 26 décembre 1955,
Pauli aurait fait un autre rêve, celui-là :

"On m’annonce officiellement la visite d’un « roi ». 
Il s’approche réellement vers moi, et parle d’une grande autorité: 
« Professeur Pauli, vous êtes dans la possession d’un appareil 
qui vous permet de voir à la fois le danois et l’anglais.»

Pauli sait que différents mots qui commencent en danois avec un v, 
le font en anglais avec un w. Il l’a examiné à propos d’un rêve (*), 
dans lequel son ancien professeur danois Niels Bohr, 
lui a expliqué, que la différence entre v et w correspondait 
à celle entre le danois et l’anglais: 
"Je ne devrais pas m’arrêter au danois, mais aussi passer à l’anglais." 

Ce n’est qu’en octobre que Pauli envoie ce rêve à C.G. Jung. 
Lui voit dans le V, le chiffre romain pour 5, 
et il remarque dans une lettre à Pauli: 
"Le V indique le 5 romain et le double égale W = 2 x 5 = 10, et 10 = 1. 
De sorte qu’il s’agit ici encore aussi de W (le double V), de l’un et du tout". 

De l’appareil pour pouvoir voir en double, il croit que
"C’est une caractéristique remarquable de l’homme qui est uni en soi-même. 
Il voit la forme de l’opposition intérieure et extérieure, pas seulement le V = 5, 
ce qui est un symbole pour l’homme naturel
qui est emprisonné dans le monde sensuel et sa clarté, 
avec sa conscience qui est fondée sur la perception. 

W (double V) est au contraire l’homme complet, qui n’est plus scindé, 
et qui voit bien l’aspect extérieur du monde, 
mais en même temps le sens caché de cela."
.
Texte ici
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Voici le rêve de Pauli en question :
1er octobre 1954

Bohr arrive et m'explique que la différence entre v et w
équivaut à la différence entre danois et anglais.
Il serait bon que je ne m'en tienne pas au seul danois
et que je passe à l'anglais.

Il m'invite alors dans une grande fête dans son institut
qui vient d'être réaménagé (nouvelle maison).
D'autres personnes qui vont toutes à la fête arrivent :
j'en connais certaines, d'autres me sont inconnues.
Dans le fond, j'entends des voix italiennes.
Un Danois inconnu d'un âge assez avancé est là avec sa femme,
ainsi que mon collègue Jost de Zürich
(professeur de physique théorique, proche collaborateur).
Je vois qu'il s'agit d'une grande réception, très importante.

Je me réveille tendu, le mot "vindue" (**)
me vient immédiatement à l'esprit
et je l'associe donc au rêve.
.
Correspondance Pauli-Jung
 p 213
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(**) En lien avec le mot vindöga (oeil du vent)
qui, en vieux suédois, veut dire "fenêtre".
(le mot danois "vindue" a donné "window" en anglais)
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dimanche 8 janvier 2017

Les rêves de Pauli (5) : Rêve du Persan

Dimanche 8 janvier 2017

J'arrive dans mon ancienne maison.
Je vois un jeune homme à la peau foncée.
Il est en train de passer des objets par la fenêtre.
Je distingue, entre autres, un disque de bois
et quelques lettres (courrier).


Je connais ce jeune homme que j'ai rencontré dans de précédents rêves
(dans lesquels il n'avait pas été admis à étudier à l'université technique),
et je pense qu'il est persan.
Il s'approche de moi (de façon amicale)
et une conversation s'engage :

Pauli : -Vous n'êtes pas autorisé à étudier ?
- Non. C'est pour ça que j'étudie en secret.
- Et qu'est-ce que vous étudiez ?
- (d'une voix cinglante)  Vous-même !
Je suis choqué.
- Vous êtes bien tranchant !
- Je parle comme quelqu'un à qui, de toute façon,
tout est interdit.

- Êtes-vous mon ombre ?
- Je suis entre vous et la Lumière,
donc vous êtes mon ombre, et pas l'inverse.
- Etudiez-vous la physique ?
- Votre langage est trop difficile pour moi,
mais dans mon langage,
vous ne comprenez pas la physique.

- Que faites-vous ici ?
- Je suis là pour vous aider.
Vous devez abandonner quelques illusions.
Par exemple, vous croyez que vous avez plusieurs femmes,
en réalité, vous n'en avez qu'une.
Et puis je viens de voir par la fenêtre,
que vous n'avez pas de chaise dans votre  local de travail.
Vous auriez dû me le dire,
je vous en aurais fait passer une en douce,
Mais bon, je vais m'en procurer une.
Je vais me dépêcher."

Il disparaît.
Et je rentre dans la maison.
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Rêve de Wolfgang Pauli
Décembre 1947
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