samedi 10 septembre 2016

La voie des rêves

Samedi 10 septembre 2016


La voie des rêves, c'est la voie de la connaissance et de la sagesse 
telle qu'elle s'offre à nous aujourd'hui.
Je m'en persuade de plus en plus et je l'ai découvert tardivement.

Dans cette déliquescence des églises, des philosophies, 
dans cet assèchement que produit souvent l'enseignement ésotérique, 
le rêve nous apporte un afflux de vie immense 
qui ne peut pas être contesté, 
parce qu'il vient du plus intime de nous-même.
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Etienne Perrot
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mardi 19 juillet 2016

Comment le travail avec les rêves peut changer votre vie...

 Mardi 19 juillet 2016
Working with your dreams


Deux vidéos récentes de Richard Moss
au sujet de l'importance des rêves...

Elles sont en anglais,
mais  sous-titrées en français...

Merci à Jean de les avoir partagées...
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La Licorne
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La connaissance de soi est liée au vécu et au ressenti,
c’est-à-dire à l’expérience que nous faisons d’une chose,
d’une situation ou d’une relation dans le moment présent.
 Nous pouvons connaître beaucoup de choses intellectuellement,
ça ne fait pas que nous en avons l’expérience.

C’est la même chose appliquée à nos rêves de nuit.
Nous pouvons les analyser, les regarder objectivement avec un certain recul,
ça ne fait pas que nous en avons l’expérience intérieure...
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vendredi 20 mai 2016

Interpréter ses rêves

 Vendredi 20 mai 2016
 
 
 
 

Tristan Moir nous parle des rêves
et de leur interprétation...
 
 

mercredi 20 avril 2016

Le symbole de l'arbre dans les rêves

Mercredi 20 avril 2016

Nul arbre noble et de haute futaie 
n'a jamais renoncé à ses racines obscures, 
car il pousse non seulement vers le haut, 
mais aussi vers le bas.
C.G. Jung


L'arbre exprime la Vie.
Cette affirmation fait entrevoir la richesse du symbole !
 La traduction la plus classique voit dans l'arbre
 un organisme vivant qui s'ancre en la terre
dans laquelle il puise sa substance par ses racines
 et qui se déploie dans l'air, dans le ciel
 d'où il reçoit les rayonnements indispensables à sa croissance
.
Une image exprimant avec une telle clarté
La relation vivante à la terre et au ciel
qui se développe à proportion vers le bas et le haut,
 symbolise naturellement la loi psychologique qui exige de l'homme
 qu'il maintienne un équilibre entre ce qu'il est convenu d'appeler
 les forces chtoniennes et les puissances ouraniennes,
entre l'instinctualité et la spiritualité.

Cette interprétation est tellement répandue, si judicieuse aussi,  
elle s'impose avec une évidence si totale à l'analyste, 
qu'elle emplit son champ de vision  
et peut masquer des sens plus subtils peut-être,  
mais d'importance au moins égale.
C'est l'étude du palmier, du chêne
et celle de l'arbre immense
qui contribuent de la façon la plus décisive
à l'élucidation du symbolisme de l'arbre,
tel qu'il se dégage des rêves pris en référence.
L'arbre, c'est la vie,
 la croissance, l'évolution.

Mais plus encore peut-être que la vie, c'est la succession des vies.
La succession ! Faut-il rappeler que le mot succès,
que l'usage a chargé du sens de réussite, était autrefois le terme désignant
 ce qui allait se développer à partir du bourgeon terminal
d'un jeune arbre nouvellement transplanté ?
Ce développement, témoin de la réussite de la plantation,
 est à l'origine du sens actuel du mot.

 

L'arbre est d'essence féminine.

Innombrables sont les rêves dans lesquels la femme s'identifie à l'arbre
et même devient un arbre qui s'enracine et déploie son feuillage.
Une psychologie féminine, devant une image d'arbre,
se sent tout-de-suite participant au flux de la sève.
Devant une fleur ou un arbre, la rêveuse éprouve immédiatement le désir
 de se laisser glisser dans la tige ou dans le tronc,
de descendre dans les racines, de se charger de la substance puisée dans l'humus
 et de remonter, pleine de vie, jusqu'à renaître d'une corolle.
La femme et l'arbre ont en commun l'acte sacré qui assure,
depuis le fond des temps, la chaîne de la vie :
l'acte de porter fruit.
Une femme qui rêve l'arbre ne connaît plus la solitude.
 Elle n'est plus un individu qui rêve
 mais une vocation éternelle qui tend à son accomplissement.


C'est dire que si l'arbre est femme, vie, genèse, il est mère.
 [...]
Quand la rêveuse s'identifie à l'arbre, le rêveur, lui,
 projette sur le végétal soit l'image de la mère,
 soit la puissance mystérieuse de son anima.[...
]
A proximité de l'arbre immense, les petits personnages,
gnomes, lutins, nains et farfadets, représentent les esprits de la terre,
 les ancêtres disparus. Ils sont du monde des racines !
 Les nains du rêve, dans presque toutes les situations,
expriment des forces secourables.
 Ils sont, en réalité, la personnification des innombrables potentialités de la psyché,
 hérités de la longue aventure phylogénétique.
Autour de l'arbre, dans l'arbre, ils s'apparentent aux écureuils,
 aux petits singes et même aux oiseaux,
 symboles des insaisissables ressources psychologiques.
Les oiseaux sont du ciel (...)
 Il faut être en harmonie avec l'ensemble des disparus
 pour devenir ce qu'ils nous ont transmis.
[...]
La psychologie en harmonie avec ses racines ne connaît plus de limite :
 elle se sent apte à produire toutes les fleurs, tous les fruits,
 elle accueillera tous les oiseaux.
 [...]
 L'eau renvoie à l'anima, à l'essence féminine de l'arbre,
 aux forces qu'une âme individuelle reçoit de l'âme universelle.


Dans tous les cas, l'arbre exprimera une forme de relation du rêveur
 à son ascendance, directe ou plus lointaine.[...] 
L'arbre immense attire l'attention sur la pesanteur d'images ancestrales
qui se refusent à l'intégration dans une globalité homogène et positive.
 [...]
 A l'heure de la traduction, on se rappellera que l'arbre
reste un magnifique symbole
d' union entre le ciel et la terre.
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Georges Romey
"Dictionnaire de la Symbolique"
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lundi 11 avril 2016

Marie-Laure COLONNA - Les Racines du Ciel

Emission radio du 10 avril 2016



Extrait de l'émission :

...C'est comme la croissance d'un arbre :
Si vous voulez  étendre des branches à l'infini vers le ciel
et que vous n'avez pas poussé des racines dans la terre,
ça va s'écrouler comme un baobab
à la première poussée du vent.

C'est un chemin qui demande qu'on pénètre
dans la profondeur du sol, de la matière, des instincts,
tout autant qu'on va pénétrer dans d'autres domaines plus subtils.

D'où l'idée que le processus d'individuation ne consiste pas uniquement
à contacter l'esprit, l'âme ou la dimension plus subtile de notre être,
mais qu'il est un travail à la fois spirituel et érotique,
faisant intervenir à la fois l'âme, le corps et l'esprit...

Marie-Laure Colonna



Tantôt intelligence active et pénétrante, yang, logos fécondant,
tantôt intelligence réceptrice, yin, sagesse des profondeurs,
tantôt encore érotique intense,
dévoilée dans les rêves dans des images d’union,
la créativité de l’âme, de Psyché,
naît dans le mariage de l’amour et de l’esprit.


Dans "Les facettes de l'âme" (Editions du Dauphin),
 notre invitée, Marie-Laure Colonna, philosophe et psychanalyse jungienne,
démontre que cette créativité de l’âme intervient dans l’accomplissement de la guérison
– l’on vient en analyse parce que l’on souffre –
 et parce que le contact avec l’inconscient va permettre de déchiffrer ses symptômes
et de trouver de nouvelles pistes pour relancer sa vitalité.
Mais aussi et surtout dans le sens d’évolution de la personnalité
nommé par Jung : processus d’individuation.

Strate après strate, cette dynamique d’intégration des opposés confronte,
réunit et marie la personnalité consciente en transformation,
à des plans de plus en plus éloignés de l’inconscient personnel et de l’inconscient collectif,
jusqu’à produire le sentiment d’une union sous-jacente avec la nature entière.
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vendredi 8 avril 2016

Grand rêve : Le rêve de Tolède

Vendredi 8 avril 2016



Sous la cathédrale de Tolède se trouve une citerne pleine d'eau 
en relation souterraine avec le Tage. 
Cette citerne est une petite chambre obscure. 
Dans l'eau  se trouve un très gros serpent dont les yeux brillent 
comme des pierres précieuses. 
Près de lui une épée et un poignard. 
Ce poignard est la clé de Tolède et il confère à son détenteur 
la suzeraineté sur la ville. 
Le serpent - je le savais - était l'ami et le protecteur d'un certain Monsieur B.C. 
Celui-ci était tout d'abord avec moi dans la chambre obscure 
et mettait son pied dans la gueule du serpent 
qui le lui léchait de la façon la plus amicale, 
tous deux y prenant du plaisir 
(...)
.


Puis, le rêveur s'entretient avec le serpent, 
qui lui demande de lui rendre l'enfant ( - son ami). 
C.Jung examine ensuite longuement le contexte de cet énoncé,
 ce grand rêve dont les Primitifs ont l'intuition 
que leur signification intéresse tout le groupe social : 
le serpent - assimilé ici au dragon des légendes du monde entier, 
y  incarne le psychisme obscur, l'inconscient, le monstrueux, 
capable de se dresser en nous et de nous rendre mortellement malades.

Nous rencontrons là (...) une représentation primitive et originelle : 
les sorciers africains passent aux yeux de leur tribu pour être accompagnés de démons, 
ayant forme de reptile, et l'âme passe alors pour être un serpent (...) 
C'est parce que le serpent défend l'accès à la totalité de l'être (...) 
qu'il faut descendre jusqu'à lui (...) 
l'instinct profond en nous aspire à retrouver l'enfant.(...) 
Cette descente dans l'antre du serpent, qui figure un problème ancestral, 
est, aussi, une reviviscence d'un patrimoine culturel ancestral (...)

Notre rêve est donc comme la remémoration d'antiques mystères d'initiation
Après avoir établi le rapport entre ces contenus, et le poids d'une culture chrétienne, 
qui se serait bâtie, telle la cathédrale, sur la crypte d'un paganisme trop bien caché, 
C.G.Jung conclut :
L'amitié que le rêveur avait pour ce monsieur B.C., 
qui savait commercer avec le serpent, 
aurait dû lui indiquer quelle attitude il fallait faire sienne
 pour aborder le dragon avec profit. 
Quel secret gardait ce dernier ? 
A quoi l'Eglise chrétienne s'était-elle donc fermée? (...)
C'est le secret terrestre de l'âme inférieure et de l'homme naturel 
qui ne vit pas de façon purement cérébrale, 
mais chez qui la moelle épinière et le sympathique 
ont encore leur mot à dire.
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C.G. Jung
"L'homme à la découverte de son âme"
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lundi 28 mars 2016

La vouivre, un symbole universel

Lundi 28 mars 2016

"Que voulez-vous que je vous dise, braves gens ? 
C'est pas moi qui guéris, c'est la Vouivre ! 
Et la vouivre est à tout le monde..."
Henri Vincenot
"Le pape des escargots"



Voici un livre très complet, 
de Kintia Appavou et Régor R. Mougeot,
 sur un symbole un peu méconnu :
celui de la Vouivre... 
(serpent ailé portant sur le front une escarboucle)



Ce symbole avait été choisi, en raison de son extrême richesse
comme emblème par la revue jungienne suisse,
renommée plus tard "Culture et pensée jungienne"
(Cf ci-dessous)

image ici
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Dans le ciel étoilé, elle volait gaiement,
De châteaux en donjons tout à son agrément,
Aux ruisseaux, aux fontaines, elle aimait s'abreuver,
Et aux fleuves limpides souvent elle s'est baignée.
Mais la belle escarboucle brillant à son front,
Attisa la rancoeur du pauvre Montagnon,
Belle vouivre dorée, mon âme pleure encore,
Pour ce triste manant qui a voulu ta mort ...
L'histoire nous l'a dit, peu de jours il vécut,
De ton oeil qu'il vendit, tira bien mille écus,
Qui tournèrent matin en mille éclats de buis ...
Belle vouivre dorée, reviens nous cette nuit !


Animal ailé à corps et tête de femme, à queue de serpent, 
le front garni d'un superbe diamant, 
qui sort de l'eau dans les zones marécageuses, 
sous les yeux incrédules des témoins innocents ....

Les Vouivres tiennent à la fois du dragon, du serpent, 
du basilic, du cocadrille, de la tarasque 
et de toutes ces autres créatures chtoniennes, 
la différence essentielle tient au fait que la Vouivre est aussi 
aquatique, vulcanienne et aérienne.
Elle est à elle seule la synthèse des 4 éléments, 
bases de toutes les initiations...
.


On l'évoque longuement dans le roman éponyme de Marcel Aymé, 
et dans "Le Pape des escargots" d'Henri Vincenot
Mais on la rencontre aussi dans toutes les provinces françaises... 
Les légendes, les contes, les récits 
que les mythologues ont rassemblés à son sujet
sont énumérés - dans le livre cité  ci-dessus - 
de façon impressionnante.

Dracs, dragons, vouivres, guivres, vuipres, wivres,
graouly, tarasques, coquadrilles, coulobres,
mâles bêtes, dards, gargelle ...
domptés par des héros, des chevaliers, des saints et des saintes,
voire de simples paysans, sont partout, dans tout le terroir,
 la racine des anciens lieux de cultes,
comme des nouveaux qui les relaient,
le plus souvent sur les mêmes lieux d'ailleurs,
lorsque se fait la christianisation.
.

La première partie du livre traite
du symbolisme même de la Vouivre.


Le Serpent est d'abord montré comme étant à l'origine des temps 
dans presque toutes les civilisations sous les noms d'Atoum en Egypte, 
de Shesha , Makha, Vrita, Namuci en Inde, d'Ungud,
de Yurlungur, de Birndina ou d'Angamundi
chez les Aborigènes australiens,



de Mbumba chez les Bantous, du Serpent-d'Arc-en-Ciel au Bénin, 
de Kan ou Gan chez les Quichés du Guatemala, etc. ... 
Il est souvent bisexué,
toujours à l'origine de la création, 
symbole de la Nature Naturante androgyne 
ou bien attribut de la divinité représentant la Mère Universelle.




Le Dragon-Vouivre personnifie aussi les forces naturelles du chaos à maîtriser. 
Représentant le temps, il devient l'Ouroboros qui, dévorant sa queue, 
nous invite à pénétrer dans les entrailles de notre chaos intérieur, 
ce qui explique pourquoi les traités d'alchimie lui font une si grande place.

Objet de culte dans toute l'Afrique comme en Asie 
(où le culte du serpent-dieu a encore cours dans la jungle birmane),
 mais aussi  dans les Abruzzes italiennes de nos jours, 
le Serpent est souvent associé au combat entre la lumière et les ténèbres
Apollon tue le python de Delphes,
Neith vomit le serpent Apophis,
Quetzalcoatl est le Seigneur de l'aube...



Son culte a presque disparu en Europe occidentale du fait du christianisme 
qui a muré les anciennes cryptes, comblé les puits sacrés. 
Les auteurs rejoignent là, en les citant, certaines conclusions de C.G.Jung 
dans "L'Homme à la découverte de son âme".

Sur toute la Terre et en tout temps, les dieux et les déesses
voire les Héros divinisés, prennent forme de serpent ou, 
à tout le moins, queue de serpent: Ua Zit sous la forme du cobra, 
Renenoutet, déesse des moissons, Isis Thermoutis 
ou encore Isis et Sarapis identifiés
au serpent Agathodémon, en Egypte;


Nuilil "la Grand Mère Serpent des Cieux"
et Nidaba, "la Dame-Serpent divine" chez les Sumériens;
Echida, reine des Cythes; Zeus ou Jupiter-Amon,
Cécrops à queue de serpent fondateur d'Athènes 
ou Erechtonios, son défenseur; Nommo, le Dieu d'Eau des Dogons; 
les Nâginis du Népal et de tout l'Orient, etc....
Partout, la queue de serpent 
est "la racine chthonienne de la divinité" 
selon le mot cité de A.K.Coomaraswamy 
dans La Doctrine du Sacrifice.

Le Dragon-Vouivre a également comme fonction
d'être Gardien du Seuil
le seuil du passage de l'humain au divin.

 Il est, dans de nombreuses légendes de nos provinces, 
le gardien d'un trésor caché
Mais les auteurs nous font découvrir que derrière l'or matériel 
se cache en vérité le Corps de Gloire 
comme le montrent tous les Alchimistes.



Ce Dragon est aussi Gardien de la Fontaine de Jouvence
Il possède l'Escarboucle,
symbole du Troisième Œil, du don de Voyance. 
D'où les images données du Dragon à tête de Licorne 
et de la Licorne à queue de serpent. 
(...)


Toutes les légendes où les Héros, les Chevaliers, les Saints 
maîtrisent le Dragon pour délivrer la Femme 
sont vues comme montrant l'Unité humaine éclatée.
 Triompher de l'épreuve permet le retour à l'unité de soi
le retour au Principe, par l'acquisition de la Noblesse véritable, 
celle du corps, du cœur et de l'esprit. 
Voilà pourquoi, nous dit-on, le Héros épouse la fille du Roi !
(...)


Le Dragon-Vouivre est dévorant
L'homme, avalé puis recraché,
à l'exemple de Jonas par la baleine, dans la Bible, 
est l'initié qui, dans la caverne, la grotte, 
l'antre de la Vouivre, est mort à lui-même.


Dans le chapitre "De la Chevauchée de la Tarasque à la Décollation", 
les auteurs nous proposent les clefs d'un véritable ésotérisme chrétien 
exposé à la vue de tous dans certaines sculptures, figurant sur les chapiteaux,
les porches et les façades de nos églises romanes.


Ils nous exposent tout d'abord celles qui représentent
l'homme dévoré par la Tarasque
par le Dragon-Vouivre, c'est-à-dire par l'Energie, 
puis celles qui le montrent chevauchant la Bête. 
Equivalentes à ces dernières, sont celles où le saint, la sainte, 
a ses pieds sur le Dragon maîtrisé.


Viennent ensuite les saints céphalophores
marchant au gré de la Vouivre en tenant leur tête coupée
 bien en main, au niveau du cœur.

 Un parallèle intéressant et révélateur est fait
avec la Domestication de la Vache dans le Zen 
qui montre la concordance de deux traditions bien lointaines.

Tympan Conques : Léviathan


Sur les porches de nombre d'églises romanes, 
au-dessus des hommes dévorés par le diable ou le Léviathan à droite, 
et ceux emportés à gauche par les anges, 
c'est-à-dire dévorés par leurs vertus, par la Licorne, 
nous disent les auteurs en illustrant leur propos par de textes pertinents, 
se trouve le Christ en Gloire, dans sa mandorle.

Le Christianisme révèle ainsi, comme tant d'autres traditions, 
au-delà de la voie du salut, celle de la Libération.
Cependant, une discrimination est faite entre le dragon à tuer
l'Hydre représentant l'ego inférieur,
et le Dragon représentant l'Energie vitale 
qui, lui, est à maîtriser, à l'exemple de Saint Michel 
qui le maintient de sa lance à sa juste place.


Le chapitre sur Gargantua, 
Morgane, Mélusine, sur les Fées donc, 
ouvre d'intéressantes perspectives.
(...)


Mélusine et Morgane sont présentées
comme des personnifications de la Mère Universelle
Dans leur forme humaine, elles épousent les hommes
 qui deviennent Héros ou Rois, 
les hissant au rang divin, et toutes les dynasties 
revendiquent justement une origine non humaine.
(...)

...Mélusine peut aussi bien être justement vue, nous dit-on, 
comme Mère-Lus (Mère de la Lumière), 
Mère-Ogresse (Malorcine, Mélorcine, avec la racine orc), 
Mère-Ourse (Méloursine, évoquant l'étoile polaire) 
ou encore Mère-l'Oie (Méloursine, ours = oie), 
les différentes facettes s'enrichissant et se complétant sans s'opposer.


Les auteurs mettent en évidence le rôle joué par le christianisme 
qui a disjoint ce qui était autrefois regardé comme un

Le Dragon rassemblait le bien et le mal : 
il est dissocié en dragon maléfique
et en saint ou sainte issu du Dragon 
qui seul en concentre l'aspect bénéfique.

Gargantua est à la fois diabolisé
et les lieux et tombes de Gargantua 
deviennent roches, gouffres du diable 
tandis que se développe un culte à saint Gorgon.


Mélusine est également diabolisée, en infâme serpente, 
mais christianisée en sainte Vénice(ou Sainte Véronique). 
Les Morganes sont brûlées comme sorcières 
dans le même temps
où se répand le culte de sainte Marguerite.
 L'homme ainsi n'a plus d'humus pour vivifier  ses racines.

Tout cela met en évidence pourquoi, dans de nombreuses traditions 
(Indiens Navajo, Africains de Casamance, 
pèlerins d'Epidaure dans la Grèce antique etc. ...), 
le Serpent est guérisseur.



L'image du Caducée
dont on nous montre la plus ancienne représentation connue, 
est bien évidemment évoquée.



Le rappel est fait du Christ, "Serpens, Christus, proper sapientiam", 
considéré par les Pères de l'Eglise comme le Serpent crucifié 
en rappel du serpent d'Airain élevé par Moïse sur l'Etendard 
pour la guérison des Hébreux mordus par les Brûlants. 
En Orient, le Bouddha est assis sur le serpent Mucilaci.


Mais est évoquée aussi l'insurrection de la Kundalini 
lovée au bas de la colonne vertébrale, 
les nâdis Shushumâ, Idâ et Pingâla de la tradition indienne 
étant à l'image du caducée. 
Le lieu où est lovée la Kundalini endormie est appelé "Luz
dans la tradition hébraïque.

La guérison véritable, c'est alors l'ouverture des chakras 
par l'insurrection du serpent qui s'élève jusqu'aux fontanelles.




La seconde partie du livre aborde les émanations de la Vouivre
c'est-à-dire de la vie manifestée par l'énergie de la Terre 
fécondée par celle du Ciel.
(...)

Selon les auteurs, la Vouivre peut donc être vue :
comme l'Energie du Serpent Premier à l'Origine de la création, 
comme la Vie des courants telluriques qui innervent la Terre, 
tout comme la Kundalini qui se dresse du sacrum aux fontanelles 
dans l'être enfin réalisé.
(...)
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Article complet ICI
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image et texte ici
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"On appelle du nom de Vouivre les courants d'Énergie tellurique 
qui innervent la Terre-Mère, qui lui donne son souffle, sa chaleur, 
afin de nourrir tous les êtres vivants qu'elle recèle en son sein. 
Elle est cette énergie fantastique à laquelle on imputait la crue des fleuves, 
les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, 
les forces terrifiantes de l'érosion qui sculptent les paysages, 
énergie personnalisée par Gargantua 
et tous les géants mythiques de nos provinces.

Elle est cette Énergie 
qui colore les sources que l'on dit guérisseuses. 

Les hommes, de tout temps, l'ont représentée
 sous la forme du Serpent-Dragon souterrain.
En parcourant l'échine de la Terre,
 elle aspire à rejoindre son complémentaire,
 c'est-à-dire l'Énergie Cosmique.

Tout ce qui vit entre Terre et Ciel est voué à ces deux formes d'énergies,
 et l'Homme est le pivot, le lien les rassemblant et les unissant en lui. 
Cela lui est fort difficile car les énergies de la Terre sont chaotiques
 et ce Feu peut détruire et dévorer celui qui n'en a pas la maîtrise."
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1917 - Livre rouge- C.G.Jung
(représentation de divinités chtoniennes)
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