mardi 30 décembre 2014

Le symbole de l'échelle

Lundi 9 avril 2012


L'échelle est un symbole important. Elle est le symbole par excellence de l'ascension et de la valorisation, se rattachant à la symbolique de la verticalité. Elle indique une ascension graduelle et une voie de communication.

Il y a dans le rêve d'échelle une idée d'élévation par ses propres moyens. Ce message est positif dans la mesure où le rêveur, même s'il peine, gravit les échelons. Il est assuré de monter des degrés dans la hiérarchie de sa vie.
Le symbolisme de l'échelle peut être initiatique car les premiers échelons étant en bas, le rêveur qui monte des degrés est informé qu'il quitte une zone inférieure pour atteindre les échelons supérieurs.


S'il manque des barreaux ou que l'échelle est instable, il est signalé au rêveur que le moment n'est pas encore arrivé de sa stabilité et que des oscillations entre ses idées et ses possibilités l'empêcheront d'être réellement équilibré et surtout de progresser.

L'échelle est aussi un moyen de changer de niveau, de changer de perspective, ce qui nous ramène à la thématique de l'Initiation : l'initiation produit un changement de paradigme, une autre vision du monde (au même titre que la carte du tarot "Le pendu").


L'échelle , c'est aussi un moyen d'évasion, dans une dimension verticale tranchant radicalement avec l'horizontalité du plancher des vaches qui fait le quotidien de la plupart des humains.

Or donc, trancher avec l'habitude du quotidien (généralement situé au ras des pâquerettes) pour entreprendre une conquête de l'espace vertical, c'est là aussi un pas dans la démarche initiatique:  en s'élevant, on découvre un univers neuf.
Toute forme d'escalade évoque la quête de l'humain vers le Divin, c'est vrai aussi de l"escalade en montagne...
Ce fut vrai aussi lors de l'épisode de la Tour de Babel, mais l'orgueil fit capoter cet audacieux projet.


Malheureusement, le monde actuel n'a plus d'yeux que pour l'échelle sociale, les échelles barémiques et les échelles d'intérêt.
.
D'après diverses sources
(cliquer sur les liens)


Rêve 17 : Sur l'échelle de Jacob



Cette nuit, j'ai rêvé que je montais à la fameuse échelle...de Jacob.
Il faisait sombre. Je sentais la présence d'un ange à mes côtés
mais je ne le voyais pas, j'entendais juste sa voix.
Les détails se sont évaporés dans les brumes du réveil
mais je me rappelle que l'Ange me disait :
"Accroche-toi bien aux barreaux, continue de grimper,
tu as déjà franchi beaucoup d'étapes,
dans cette vie et dans d'autres.
Allez, continue !"
.
Rêve reçu par Tempérance
Le 6 avril 2012
.

Un autre rêve "créatif"

Vendredi 6 avril 2012




Yesterday est une chanson des Beatles, composée par Paul McCartney mais créditée Lennon/McCartney. Elle est parue sur l'album Help! le 6 août 1965 au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, elle paraît en single le 13 septembre 1965, avec Act Naturally en face B. Par la suite, elle est incluse sur l'album américain "Yesterday and Today" le 15 juin 1966.

Cette chanson est, d’après le Livre Guinness des records, la chanson la plus reprise de tous les temps. BMI a chiffré le nombre de reprises à 3 000 seulement au xxe siècle. Elle fait aussi partie des titres les plus joués par les radios du monde entier avec 7 000 000 de diffusions à l'antenne.
Yesterday est le premier enregistrement officiel des Beatles à être joué par un seul membre du groupe : Paul McCartney, au chant et à la guitare acoustique, seulement accompagné par un quatuor à cordes. Le résultat diffère tellement des autres œuvres des Beatles que les membres du groupe décident de ne pas sortir la chanson en single dans leur pays.


Paul McCartney a raconté à maintes reprises qu'il avait rêvé cette chanson, alors qu'il logeait au dernier étage de la maison de la famille Asher - leur fille Jane était alors sa petite amie - au 57, Wimpole Street à Londres, et avait pu s'en souvenir dans sa totalité à son réveil, s'installant directement au piano placé à côté du lit.
"Tout était là, une chanson complète. Je ne pouvais pas y croire !"


Au départ, Paul croit qu'il a non-intentionnellement plagié l'œuvre de quelqu'un d'autre. « Pendant un mois, j'ai demandé à plein de gens de l'industrie de la musique s'ils avaient déjà entendu ma chanson quelque part avant », raconte-t-il. « Finalement, c'était comme remettre un objet perdu à la police. Je me suis dit que si personne ne la réclamait avant un mois, elle m'appartenait ». Il précise aussi :
« Premièrement, j'ai cherché pour la mélodie, et les gens m'ont dit « Non, c'est touchant, et je suis sûr que ça vient de toi ». Ça m'a pris un peu de temps pour me dire que ça venait de moi, mais j'ai finalement pris ma décision ; j'ai dit « OK, c'est moi qui l'ai écrite ! » Il n'y avait pas de paroles. J'ai pris l'habitude de l'appeler Scrambled Eggs ».

Après s'être convaincu de ne pas avoir volé la chanson, Paul commence à écrire des paroles. Le « texte de travail », qui est donc intitulé Scrambled Eggs (oeufs brouillés), est couché sur papier en attendant quelque chose de plus approprié, chose que Lennon et McCartney ont l'habitude de faire lors de la composition d'une chanson à cette époque.

Un piano est placé sur le plateau du film Help! début 1965, au cours du tournage, sur lequel Paul s'installe et joue constamment sa nouvelle chanson. Richard Lester, le réalisateur, se lasse de l'entendre continuellement avec ses paroles insensées — « scrambled eggs, oh, my baby how I love your legs » (« œufs brouillés, oh bébé j'aime tellement tes jambes... ») et perd patience, lui disant de finir la chanson faute de quoi il va enlever le piano.

  
John Lennon déclare plus tard que Yesterday a été long à achever :
          « La chanson a traîné pendant des mois et des mois avant que nous ne la terminions enfin. À chaque             fois que nous écrivions ensemble des chansons pour une session d'enregistrement, celle-là revenait.               On  l'avait presque terminée. Paul a écrit presque toute la chanson, mais nous ne trouvions pas de bon           titre. Nous l'avons appelée Scrambled Eggs et c'est devenu une blague entre nous. Ensuite on a pensé           qu'un titre avec un seul mot pourrait aller, mais on ne trouvait pas le bon mot. Et un matin, Paul s'est               réveillé et la chanson avec le titre étaient trouvés, terminés. J'étais triste d'une certaine façon, on avait             eu tellement de plaisir avec ce titre. »

Paul McCartney raconte que les paroles finales lui sont venues lors d'un voyage au Portugal en mai 1965. Le 27 mai 1965, Paul et sa compagne Jane Asher arrivent à Lisbonne pour se rendre passer des vacances en Algarve, où il emprunte une guitare acoustique à Bruce Welch, leur hôte, guitariste des Shadows pour achever l'écriture de Yesterday.


Même si McCartney est la seule personne à l'origine de la chanson, le manager des Beatles, Brian Epstein, insiste pour qu'elle soit créditée « Lennon/McCartney ». En effet, au début de leur prodigieuse carrière, les deux compères se sont promis de toujours signer les chansons du label « Lennon/McCartney » quel que soit l'auteur ou le compositeur de la chanson. Par la suite, McCartney essayera de changer les crédits en « Paul McCartney/John Lennon » pour son album Back in the World, l'opération, qui consiste juste à inverser les deux noms, échoue cependant face aux protestations de la veuve de Lennon, Yoko Ono.

Dans une interview qu'il donnera indiquant qui a fait quoi entre Paul et lui, John Lennon confirme que cette composition est de Paul seul, « one of his best » (une de ses meilleures), ajoute-t-il. Au plus fort de la querelle les opposant, après la séparation des Beatles, en 1971, une charge de John contre Paul reste fameuse. Il s'agit de la chanson How Do You Sleep? (« Comment dors-tu ? ») dans l'album Imagine où il lâche « The only thing you've done was Yesterday », ce qui peut être traduit à la fois comme « La seule chose que tu aies faite c'était hier » ou « Yesterday est la seule chose que tu aies faite ».

Quarante-deux ans plus tard, en octobre 2007, alors qu'il donne un concert à l'Olympia, Paul McCartney insiste encore sur la « chance » qu'il a eue d'avoir fait ce rêve, débouchant sur un des plus gros succès musicaux du xxe siècle.
.
Article Wikipédia
"Yesterday"


Le secret de Stevenson

Jeudi 5 avril 2012

Mon "énigme" a été résolue  très très vite..il faut dire que l'auteur et son ouvrage sont extrêmement célèbres !
Quelques explications s'imposent :


Le jour même où il fait le rêve ci-dessous, R-L Stevenson se met au travail...et, à partir de ce cauchemar "é-pou-van-table", rédige "L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" (*) d'une traite...en moins de six jours !
L'ouvrage , à peine publié, connaît un succès extraordinaire.

Son premier roman, "L'île au trésor" avait été publié en 1884 et avait lui aussi connu un succès époustouflant qui lui valut une célébrité quasi universelle. Il fut ensuite suivi d'innombrables ouvrages, des plus variés : essais, poèmes, articles, nouvelles, contes et romans...
La puissance de travail de cet auteur - pourtant malade et turberculeux - est stupéfiante.


"Quel est son secret ? Stevenson le dévoile avec désinvolture, mi-sérieux, mi-goguenard :
c'est le rêve !

Non plus le rêve incontrôlé qui naissait des peurs de son enfance. Ni celui, nécessaire, qui lui permettait d'évacuer les tensions de sa jeunesse estudiantine.
Mais le rêve provoqué, le rêve contrôlé, le rêve inspiré par des êtres virtuels qu'il nomme ses "brownies", ou ses "Petites Créatures".
Il les a, dit-il, "soumises à un rigoureux entraînement". En sorte que, lorsqu'il se trouve en mal d'inventer, elles jouent pour lui, sur le théâtre illuminé de son sommeil, des bribes d'histoire ou des contes tout entiers. Ses "brownies" sont à la fois auteurs et acteurs.



"Elles font la moitié de mon travail pour moi tandis que je dors, et selon toute probabilité font aussi le reste quand je suis bien réveillé et que je crois sottement le faire moi-même."
...il s'attribue avec humour un rôle modeste dans cette collaboration, histoire de justifier ses revenus d'auteur à succès !
"Je suis un excellent conseiller, j'habille le tout des meilleurs mots, des meilleures phrases que je puisse trouver. je tiens la plume aussi...c'est moi qui reste assis à la table et c'est peut-être le pire de l'affaire. Et quand tout est fini, je signe le manuscrit."

Cette explication inédite de la création littéraire, véritable morceau de bravoure, se veut farfelue. Mais qu'on ne s'y trompe pas. L'humour dissimule une réalité profonde..."
.
Hélène Renard et Isabelle Garnier
"Les grands rêves de l'histoire"
.
(*) "L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" (1886):
On connaît l'histoire : l'honorable Dr Jekyll, se livrant à des expériences scientifiques, compose une mixture dont il décide, après bien des hésitations, de "tester" sur lui-même les dangereuses propriétés. il s'agit en effet d'un breuvage qui libère tout ce qui en lui est enfoui de méchanceté, de vice et de laideur.Durant le temps où le produit agit, il commet, sous les traits de Mr Hyde, les pires forfaits. Dès qu'en cessent les effets, il redevient lui-même.

Ce récit est devenu une référence mondiale pour évoquer la lutte intérieure entre le Bien et le Mal...et les phénomènes de "double personnalité"...
 Rappelons que cette histoire fut écrite avant que Freud ne "découvre" l'inconscient !


Rêve-énigme

Mercredi 4 avril 2012

Aujourd'hui, j'ai envie de vous proposer, en guise de récréation, un petit "jeu" ...
une sorte d'énigme à résoudre.

Le rêve ci-dessous date du dix-neuvième siècle.
Il a été fait par un grand écrivain qui en a ensuite tiré un roman ultra-connu...


Trouverez-vous le titre que ce rêve a inspiré ?
Vous avez quelques jours pour y réfléchir...
Je vous donnerai la réponse dans quelques jours !
 
A vous de jouer ...
Je compte sur votre sagacité...
"La fenêtre. C'est cela.
La soubrette à sa fenêtre.
Elle prend le frais. Il fait nuit.
Tout à coup, dans la rue, un gentleman aux cheveux blancs.
Il est attaqué à coups de canne par un homme étrange,
contrefait, presque monstrueux.
Le vieux monsieur est maintenant à terre.
L'autre le frappe encore. Sauvagement.
Il s'acharne. On entend craquer les os....
Ah oui ! Un peu plus tard, la scène de la transformation.
Le breuvage.
La poudre se dissout dans le liquide qui devient vermeil.
L'homme au masque bestial l'avale en grimaçant.
Des convulsions. Une pénible métamorphose.
Il reprend enfin un visage humain..."
 

Le langage du rêve : un langage imagé

Mardi 3 avril



La partie de nous qui rêve, c'est l'âme. L'âme a son propre langage dont l'essence est symbolique. En réalité, l'âme ne parle pas, elle ne s'exprime pas par des sons articulés porteurs de sens.
(...)
L'âme ne parle pas, elle se manifeste, elle projette des messages à l'extérieur par des moyens qui lui sont propres: des signes et des symboles.
Son langage transcende par son universalité toutes les langues terrestres. Les langues humaines naissent, sont soumises à de multiples transformations et disparaissent un jour. Le langage de l'âme échappe à ces vicissitudes et son mode d'expression est, comme les images et la musique, universel. L'âme a une connaissance directe des réalités, sans passer par les mots, et elle présente ces réalités arrangées en langage.
(...)
Ce n'est donc pas pour masquer son message qu'elle s'exprime par symboles. C'est parce que cela lui est naturel. Le symbolisme  est plus ancien que tout langage terrestre et sera le dernier à survivre. La parole va tellement de soi pour nous que nous avons tendance à croire qu'elle représente le moyen de communication par excellence. Encore un peu et nous reprocherions au rêve sa façon de s'exprimer.
Avant que la langue soit, l'image fut. Car l'image est la représentation mentale de la réalité.

(...)


Le langage du rêve cherche à nous émouvoir, à nous frapper et à provoquer chez nous une réaction.
C'est un langage semblable à celui du cinéma, de la peinture et du théâtre. Au lieu de faire un exposé sur un sujet comme le ferait un professeur de philosophie, qui emprunte un langage discursif, le rêve raconte une histoire, montre des images, fait toute une mise en scène pour nous atteindre mieux que ne le feraient des discours objectifs.
(...)
Le langage onirique est riche, plus riche encore que n'importe quelle langue terrestre parce qu'il exprime plus de choses à la fois. La langue qui s'en rapproche le plus et qui souvent la rejoint tout à fait, c'est la langue poétique. N'est-ce pas la langue du rêve éveillé et la langue faite pour rêver ?


Le langage du rêve est syncrétique :
"Chaque rêve comporte plusieurs couches; il est par conséquent passible de plusieurs explications." Plus on est perspicace, plus on y trouve de sens.

La portée du message est à la mesure de notre capacité de comprendre. Mais, de façon générale, l'âme qui rêve parle de notre vie extérieure, de la vie de l'âme et de la vie de l'esprit. Elle se soucie de maintenir l'équilibre entre ces trois vies, comme si la chose qui lui importe au plus haut point est qu'elles s'harmonisent, leur union garantissant notre survie. Il appartient à la partie supérieure de notre âme d'y veiller tout en nous poussant dans le sens de notre destin.
.
Laurent Lachance
"Les rêves ne mentent pas "

Images oniriques sur le thème du "vol d'oiseau"

Lundi 2 avril 2012























Jetez vos rêves dans l'espace
comme un cerf-volant,
et vous ne savez pas ce qu'il rapportera :
une nouvelle vie, un nouvel ami,
un nouvel amour, un nouveau pays. 
.
.

Rêve 16 : Le rêve de la colombe

Jeudi 29 mars 2012

Puisque nous venons de nous pencher sur les rêves de vol et sur les rêves d'oiseau, je vous propose maintenant un rêve de ...colombe.
Ce rêve fut fait par C-G Jung lui-même, à la fin de l'année 1912, aux alentours de Noël.


"Dans ce rêve, Jung se trouve assis
devant une table taillée dans de l'émeraude.
Une colombe se pose sur la table,
se transforme en petite fille blonde
qui lui passe affectueusement les bras autour du cou,
puis disparaît, redevient colombe et déclare au rêveur :
"Ce n'est que dans les premières heures de la nuit
que je puis me transformer en être humain,
tandis que la colombe mâle s'occupe des douze morts."
.

"Jung n'a jamais élucidé ce rêve. Il pense à la sagesse alchimique (à cause de la table d'émeraude D'Hermès Trismégiste), mais quel rapport pouvait bien avoir la colombe mâle (Tauber dans le texte allemand) et les douze morts ?
Il songe alors aux douze apôtres, aux douze mois de l'année, aux signes du zodiaque, comprend que les douze morts expriment peut-être des formes usées ou disparues de la vie, une angoisse de destruction (la nuit qui descend sur l'Europe ?), mais il finit par jeter l'éponge, découragé par la complexité de ce rêve."

Thérèse Delpech
"L'appel de l'ombre" - Puissance de l'irrationnel -

P-S: La version complète du rêve se trouve dans le livre "Ma vie".

Le voyage nocturne

Mercredi 28 mars 2012


Dans beaucoup de croyances, nous retrouvons le phénomène de l'âme qui abandonne le corps durant le sommeil, ayant revêtu l'apparence d'un papillon (la nymphe Psyché, symbole de l'âme errante, est souvent représentée avec des ailes).
Mario Mercier - "Le monde magique des rêves"

Mes expériences m'ont mené à la conviction que la plupart des gens, si ce n'est tout le monde, quittent leur corps physique pendant le sommeil, à des degrés variés. Mes lectures m'ont prouvé que cette idée, dans l'histoire de l'humanité, est présente depuis des milliers d'années. Si cela est vrai, alors cet état est tout à fait naturel.
Robert Monroe
   
On se prépare au sommeil comme pour une grande fête, avec l'espoir de rencontrer des amis passés et à venir, de vivre des situations surprenantes, au même moment, dans le même lieu. Le rêve n'est pas enfermé dans le cerveau du dormeur. Il s'échappe, comme le vent sur la prairie, et se déplace sur de vastes étendues. Celui qui rêve ne dort pas. Il voyage.
Jean-Paul Bourre - "Préceptes de vie issus de la sagesse amérindienne"

Chez les orientaux, hindouistes et bouddhistes, l'idée commune est que l'ÂME quitte le corps pendant le sommeil et se promène à volonté dans d'autres lieux.
Sarah Diane Pomerleau -"Le secret  des Symboles et des Rêves"

Les rêves de vol sont des rêves d'élévation spirituelle, d'unité intérieure et de rencontre avec son moi supérieur.
Ce sont aussi de grands rêves, révélateurs d'une capacité particulière, celle de quitter son corps pendant le sommeil.
Tristan-Frederic Moir - "Images et symboles du rêve"


Les Indiens d'Amérique ainsi de nombreux auteurs "modernes" (dont Mario Mercier, R.Monroe, T-F Moir, Laurent Lachance...) pensent en effet que, parfois, pendant le sommeil, nous faisons beaucoup plus que faire défiler des images dans notre tête. D'après eux, nous nous "dédoublons" et une partie de nous quitte le corps et s'en va dans ce qu'on appelle le monde "astral"...

Un des "signes" les plus évidents de ce dédoublement serait le "sursaut" ou le "soubresaut" qu'on ressent fréquemment au moment de s'endormir. Il s'agirait  en fait d'un  "brusque retour" dans le corps de notre double qui venait juste de s'en échapper...

D'après certains, les rêves de "vol" seraient liés à cette faculté de notre "double astral" (ou de notre "âme") de se déplacer à sa guise sans être soumis à la pesanteur.

La Licorne




Voler : un rêve typique

Lundi 26 mars 2012



 Le rêve de "voler" comme un oiseau, par nos propres moyens, nous l'avons presque tous fait un jour ou l'autre. C'est un rêve qui fait partie des rêves qu'on dit "typiques".

Mais la fréquence de ce rêve n'en fait pas pour autant un rêve facile à interpréter. Le "vol onirique" a donné lieu à bien des débats...et à bien des hypothèses, dont celle de "voyage nocturne".

Mais il y a bien sûr de nombreuses autres "pistes"... je vais essayer d'en faire une synthèse...
Si je me réfère à mes propres rêves de vol "magique", le fait d'échapper à la pesanteur est une sensation très très agréable...on se sent léger, libre d'aller où bon nous semble, on s'élève au-dessus de notre monde habituel et on observe tout de là-haut, avec émerveillement.

Les mots qui nous viennent sont "espace, hauteur, élévation, légèreté, liberté enivrante...".
Le vol , les "ailes", l'ascension céleste évoquent habituellement la transcendance,  l'expérience "spirituelle".


Dans une première approche, ce rêve peut signifier que l'on a trouvé un moyen positif de donner libre cours à ses énergies.
On "prend son essor", on "vole de ses propres ailes"...On a gagné une nouvelle indépendance, une aisance, une maîtrise, une habileté à négocier avec les difficultés, les émotions et les peurs.
On est parvenu à un certain accomplissement, on a acquis de multiples perspectives sur sa situation et même un certain "pouvoir".

On est "libéré" de ses chaînes...On parvient à s'élever au-dessus des trivialités, on s'ouvre à d'autres sphères, on atteint une certaine "hauteur de vue" ou une certaine "élévation" spirituelle...on quitte la matérialité, le "plancher des vaches" et on s'ouvre à l'esprit, à l'infini...

Très souvent aussi cela signifie que l'on est sur le point de se libérer d'une situation d'enfermement physique ou psychologique...

Ce rêve peut être un fort encouragement à se dégager de son milieu ou de son contexte d'origine, vécu comme limitant, aliénant...Il nous exhorte à le faire...quitte à subir la réprobation de l'entourage, l'incompréhension (Cf histoire de Jonathan Livingston le goéland).
C'est une invitation à oser, à entreprendre...

Néanmoins la "légèreté" éprouvée n'est pas toujours aussi positive...
Parfois, elle révèle une certaine futilité, de la superficialité...un peu de mégalomanie (se prendre pour Superman !) ou un manque d'enracinement, une tendance à se "détacher de la terre"...c'est-à-dire à s'évader, à fuir les problèmes quotidiens. Quand la vie est ennuyeuse ou chaotique, le vol est là pour nous emmener dans une autre dimension: celle de l'imagination.

Ce rêve peut donc suggérer un besoin latent de s'enfuir du monde mais aussi d'attirer l'attention des autres sur notre valeur, sur nos talents, sur notre charme...alors que tous les autres restent liés aux choses matérielles et ne sont pas capables, eux, d'atteindre des sommets inexplorés ou de danser librement et légèrement dans l'air.

Il peut y avoir une volonté de faire émerger une partie de soi qui habituellement reste cachée, une beauté intérieure qui veut se montrer aux autres. Le vol est alors comme une "métamorphose"...

Voler, c'est évoluer dans l'air...Or, l'air est symboliquement relié à toutes les fonctions du mental (abstraction, conceptualisation, transmission des idées, communication).  Le rêve de vol peut donc aussi révéler les aspirations de l'individu à se relier à autrui, à échanger, à communiquer... Bien évoluer dans l'air, c'est bien communiquer.

Le vol traduit également l'intelligence, la compréhension des choses secrètes ou des vérités métaphysiques.


Mais attention aux mirages et aux illusions : si se "détacher de la terre", "partir dans une autre dimension" ou vers le "sublime" est fort agréable, il faut aussi savoir "revenir sur terre", "atterrir"... pour concrétiser les idées, les imaginations, les souhaits, les intuitions...
Il n'est pas bon de rester éternellement dans les "hauteurs"...comme le "puer aeternus" (l'éternel adolescent qui "plane" au-dessus des réalités).

Il est important d'avoir aussi de temps en temps les "pieds sur terre", d'être "incarné" et ancré dans la réalité.
Le mythe  d'Icare est d'ailleurs là pour nous rappeler ce qui arrive à ceux qui voudraient "voler trop haut"...à ceux qui s'approcheraient trop vite et trop près du soleil...et des lumières célestes.
Il y a alors danger de "chute" ou d'"accident".

"Ceux qui manquent de réalisme, disait Jung, ou qui ont une trop bonne opinion d'eux-mêmes, ou qui font des projets grandioses sans rapport avec leurs capacités réelles, rêvent qu'ils volent et qu'ils tombent."

Ce sont les détails du rêve (mauvais atterrissage, par exemple)  et le contexte général (vie actuelle du rêveur) qui pourront orienter l'interprétation vers la notion de progrès spirituel, de libération...ou vers l'idée de "refus d'incarnation", de difficulté à accepter la vie concrète de tous les jours.
En résumé, la légèreté acquise peut être dépassement (atteindre de nouvelles possibilités)  ou... évasion (fuite devant les obstacles)...

Au terme de cette analyse, il apparaît donc clairement que le "vol onirique" a plusieurs significations, plusieurs facettes...

Mais, à l'occasion, il peut arriver aussi que ces facettes ne s'excluent pas les unes les autres, qu'elles se complètent...

Le poème de Baudelaire "Elévation" nous en fournit une splendide illustration "poétique". 
.
La Licorne

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les sombres chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
   
   .
Charles Baudelaire
.

Rêve 15 : Je vole

Dimanche 25 mars 2012


J'étais au milieu de la piste d'un cirque.
Il y avait plein de monde sur les gradins.
J'allais exécuter un numéro de trapéziste
mais il n'y avait pas de trapèze.
J'ai tapé du pied et me suis envolé en l'air.
J'étais léger et me déplaçais dans une liberté totale.
J'avais l'impression d'être comme un avion.
J'avais les bras écartés
et pouvais faire des loopings dans tous les sens.
Les spectateurs me regardaient émerveillés et applaudissaient.
J'étais très fier de ce que je faisais.
Rêve de Daniel
Mars 2012
.

L'inconscient, un autre monde

Samedi 24 mars 2012


Rêver n'est pas dormir,
mais veiller, se déplacer, agir, vivre autrement.
Considère le monde des rêves comme un second monde,
avec ses lois, ses personnages, sa réalité.
Ton esprit n'est pas enfermé dans ta conscience de tous les jours. 
Il s'étend sur deux mondes à la fois,
au même moment, à chacun des instants de ta vie.
.
Sagesse amérindienne
.

Les visiteurs de l'inconscient

Jeudi 22 mars 2012

Eh oui...ne soyez pas surpris par la photo...
Après tous ces rêves numineux et archétypiques,
après ces "envols vers les hauteurs",
j'ai pensé qu'un retour aux réalités "triviales" s'imposait...


Je suppose que vous connaissez le film "Les visiteurs",
 film comique qui eut un certain succès il y a vingt ans.

Dans ce film, deux personnages hauts en couleurs, le comte Godefroy de Montmirail et son valet Jacquouille, quittent, à cause d'un sortilège, le Moyen-Âge et "atterrissent" dans notre époque. Plongés dans la vie actuelle, ils sont bien sûr abasourdis par tout ce qu'ils voient... et tous les objets courants du vingtième siècle leur paraissent extrêmement étranges .
Ainsi, à peine arrivés, ils commencent par démolir une automobile (une "chariotte" disent-ils) qu'ils prennent pour un objet diabolique...

Dans une autre scène désopilante, on les voit découvrir les toilettes "modernes"...
et comme ils ne peuvent absolument pas comprendre l'usage de la cuvette des WC...
on les voit s'en servir immédiatement... pour se désaltérer et se laver.
(Vous pouvez visionner la scène en question  ici )

Pourquoi est-ce que je vous raconte ce film ? Eh bien, parce que je crois sincèrement que nous sommes des "visiteurs" de l'inconscient...et que face à celui-ci, nous nous comportons exactement de la même façon !

Je m'explique : le contenu de l'inconscient est l'inconnu. Il est ce dont notre conscient n'a aucune idée. Les rêves nous font faire une incursion dans cet inconnu et tentent de nous en communiquer une bribe de la façon la plus "claire" possible...en utilisant un langage imagé qui peut nous mettre sur la voie.

L'inconscient se trouve donc, face à notre conscient, plus ou moins dans la situation d'une personne du 20ème ou 21ème siècle qui voudrait "expliquer" un objet inconnu à quelqu'un qui, venant du Moyen-Âge, n'en aurait aucune "représentation".

Mais, malheureusement, nous et notre mental, sommes affublés d'une fâcheuse tendance : celle de tout "ramener" à ce que nous connaissons déjà.
Donc, face à une image qui vient de l'inconscient, nous allons presque toujours essayer de la faire "rentrer" dans nos catégories connues.
Si l'inconscient veut nous parler de "WC" (d'une notion étrangère à notre conscient)... nous disons tout de suite: "Ah, mais oui, je connais, c'est une cuvette d'eau..." (concept familier).
Et plouf ! :-)...nous nous retrouvons à "barboter"...dans le trop connu

Je crois donc qu'il est important d'en prendre conscience ...afin qu'au lieu de "réduire" le message de l'inconscient à des choses ou des faits déjà connus, nous arrivions peu à peu, lentement... à comprendre le "plus" qui nous est donné là...ce "plus", ce "tout nouveau"  pouvant ensuite venir "élargir" notre conscient...

Je dirais que la seule façon de "découvrir" de quoi il s'agit vraiment est :
- premièrement, d'accepter le fait, que, selon toute probabilité, nous ne le "savons" pas encore...
- deuxièmement, de ne pas se précipiter et d'observer le plus longtemps possible l'objet "sous toutes ses facettes"...(peut-être alors, découvrirons-nous le "tuyau" ou le "bouton"...qui fait la différence avec une "simple" cuvette et qui nous mettra sur la voie) ...
- troisièmement, d'avoir la patience d'attendre...de plus amples informations...car il est rare qu'un autre rêve ou une lecture ou une synchronicité ne vienne pas, tôt ou tard, nous éclairer.

C'est pourquoi je prône personnellement une "méthode" d'interprétation faite d'examen attentif, de patience et de circonspection...et c'est aussi la raison pour laquelle j'insiste autant, vous l'aurez remarqué, sur l'idée d'inconscient "mystérieux" et "inconnu"...:-)

La Licorne
(tout droit sortie du Moyen-Âge, elle aussi !)




Partage des rêves

Jeudi 22 mars 2012


On peut difficilement penser,
quand on s'est fait une idée de la variabilité infinie des rêves,
qu'il puisse jamais exister dans ce domaine une méthode,
c'est-à-dire une marche à suivre, techniquement précise,
capable de conduire à un résultat infaillible.

Le mieux que l'on puisse faire est de traiter le rêve
comme un objet totalement inconnu :
on l'examine sous toutes ses faces, 
On le prend en quelque sorte en main et on le soupèse,
on le porte avec soi, on laisse courir son imagination,
on le confie à d'autres personnes.

Les primitifs racontent toujours les rêves qui les ont impressionnés,
si possible devant la tribu assemblée :
cet usage était encore accrédité à la fin de l'antiquité,
tous les anciens accordant au rêve une signification auguste.
.
C-G Jung
.

Quelques symboles

Mercredi 21 mars 2012


Foudre : 
En général, l'éclair des rêves "foudroie" 
la suprématie abusive de l'ego conscient sur l'ensemble psychique.
Le moi conscient est touché au plus profond de lui-même. 
La lumière naît subitement, la vérité frappe de toute son évidence 
et rend possible la communication entre toutes les régions de la psyché.
Ce coup d'arrêt à l'inconscience permet de mettre de l'ordre dans son chaos.
(Jacques de la Rocheterie)


Gouttes de pluie :
"Dieu envoie son ange avec chaque goutte de pluie..." 
disent les ésotéristes de l'islam.
("Dictionnaire des symboles" Chevalier-Gheerbrant)


Rocher : La pierre, qui résiste au temps destructeur 
est depuis toujours associée à l'idée de sacré, de durée, d'éternité.
Le mot "rocher" a inspiré des expressions telles que 
"dur, ferme, solide comme un roc." 
Le rocher paraissant indéfectible et d'une résistance à toute épreuve, 
l'homme va le ressentir comme étant le squelette de la terre. 
Il évoque l'aspect inébranlable et immuable de Mère-Nature 
et par extension symbolique, les lois du destin inscrites dans l'inconscient.
Le rocher, dans les songes, apparaît aussi 
comme support d'ascension ou de descente 
dont le symbolisme est exposé dans les rêves 
d'ascension de montagne.
(Jacques de la Rocheterie)


Ange : 
Les anges jouent le rôle d'avertisseurs du Sacré.
Ils forment l'armée de Dieu, sa cour, sa maison.
En tant que messager, l'ange est toujours porteur 
d'une bonne nouvelle pour l'âme.
L'Ecriture Sainte ne fait aucune allusion aux anges gardiens. 
Mais Basile dira que chaque fidèle est assisté d'un ange...
cet ange guide sa vie, il est à la fois son pédagogue et son protecteur.
("Dictionnaire des symboles" Chevalier-Gheerbrant)
.


Rêve 14 : La chapelle au coeur de l'orage

Mardi 20 mars 2012


Un orage violent éclate.
Il y a des éclairs, tout proches.
Une pluie forte se met à tomber.
J'escalade à mains nues
un gros rocher très abrupt et très glissant.
C'est difficile mais je parviens jusqu'en haut.
Là, je découvre une petite chapelle.
J'y entre. Dans le choeur,
je vois un homme ailé (ange?),
debout, qui lit un livre.
Près de lui, de chaque côté,
 il y a des soldats ou des gardiens
(ils sont deux ou plus, je ne sais plus).
Ces personnages (y compris l'"ange")
me donnent l'impression d'être "descendus"
des vitraux de la chapelle.
.
Rêve de La Licorne
reçu le 2/11/2002
.
Ce rêve m'a fait une très forte impression car, en plus de son contenu "marquant", il était différent de mes rêves habituels. Les images étaient colorées et très nettes,  beaucoup plus que dans mes autres rêves...cela donnait une impression de "réalité"...


 .


Symbolique de la pluie

Mardi 20 mars 2012


De façon universelle, la pluie, agent fécondateur de la terre,
 est symbole des influences célestes reçues par la terre.
Les rites pour déclencher la pluie sont innombrables.
Mais ce qui descend du ciel en terre,
c'est aussi la fertilité de l'esprit, la lumière,
les influences célestes.

Dans l'union sacrée ciel-terre, la pluie est le sperme fécondant. 
La pluie, fille des nuées et de l'orage, réunit les symboles
 du feu (éclair) et de l'eau.
Elle a donc une double signification :
fertilisation spirituelle et matérielle.
Tombant du ciel, elle exprime aussi une faveur des dieux
tout aussi spirituelle que matérielle.

Chez les Aztèques, le dieu de la pluie,
Tlaloc est aussi le dieu de la foudre et de l'éclair, pluie de feu.
 Tout comme la pluie, l'éclair a valeur de semence céleste.
Pour les Amérindiens, la pluie est la semence du dieu de l'orage.
En Inde, on dit que la femme féconde est la pluie.
 Elle est source de toute prospérité.
.
D'après le "Dictionnaire des symboles"
Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
.

lundi 29 décembre 2014

Le faiseur de pluie

Lundi 19 mars 2012


Le faiseur de pluie

Dans son introduction au Yi King (traduction française d’Etienne Perrot),
Jung rapporte un témoignage de son ami sinologue Richard Wilhelm :
la région de Chine où il séjournait fut frappée d’une sécheresse catastrophique.
Au comble du désespoir, les chinois firent appel aux services «paranormaux»
d’un faiseur de pluie : un vieil  homme émacié,
qui ne souhaita qu’une chose pour accomplir son office :
qu’on mette à sa disposition une maison isolée et tranquille.
Il s’y enferma trois jours, et le quatrième, les nuages se firent denses, 
et il y eut une forte chute de neige, en grande quantité,
à une saison qui n’était pas pourtant celle de la neige.
Emerveillé et fortement impressionné, Richard Wilhelm demanda au vieil homme
comment il avait ‘‘fait’’ la neige.
Celui-ci lui répondit contre toute attente qu’il n’en était pas responsable.
Il avait simplement constaté que le pays tout entier était en désordre intérieur
et qu’il se retrouvait dés lors lui-même affecté par ce désordre.
‘‘Aussi la seule chose que  j’avais à faire était d’attendre trois jours
jusqu’à ce que je me retrouve en Tao,
et alors, naturellement, le Tao fit la neige’’.
.
C-G Jung
Comprenez que, pour Jung, cette histoire qu’il nous raconte n’est pas une jolie fable, mais un fait réel dont son ami sinologue, Richard Wilhelm a été le témoin objectif, dans la Chine encore traditionnelle du début du XX ème siècle, bien que notre science rationnelle occidentale n’y puisse rien comprendre. Et c’est la réalité, pour Jung, de cette histoire qui fait précisément à ses yeux, toute son importance, au point qu’il conseillait toujours à ses élèves de commencer par son récit lorsqu’ils devaient faire des conférences pour présenter la voie des profondeurs.
Jung découvre en effet dans cette histoire un témoignage saisissant de la synchronicité qu’il définit comme  une relation a-causale entre des phénomènes qui n’appartiennent pas au même registre du réel. 


Le faiseur de pluie – figure haute en couleur de la Chine taoïste traditionnelle que la chape de plomb rationaliste du maoïsme a fait totalement disparaître – vit manifestement l’univers (y compris dans sa réalité physique) comme un ‘‘unus mundus’’, comme disent les alchimistes, c’est-à-dire comme un monde UN.

Il y a un seul monde : tous les registres du réel sont en synchronicité, c’est à dire les uns AVEC les autres, la sécheresse qui est un état physique de la matière, AVEC le désordre du pays qui ici est manifestement pour le faiseur de pluie un état psychique. Mais qu’est-ce que l’ordre ? C’est précisément la situation dans laquelle le monde et les êtres sont dans l’AVEC. 

Le Tao est en effet fondamentalement le principe de l’Avec selon la pensée chinoise : il est le Yin, le féminin, avec le Yang, masculin, le Yang avec le Yin. Toutes les relations sont harmonieuses lorsque les deux énergies féminine et masculine sont dans l’Avec, en communion. Le Tao est analogue à la notion jungienne du Soi, conjonction du féminin et du masculin, centre de l’être à partir duquel tout se réunit et s’harmonise.


Notre civilisation moderniste occidentale qui sépare radicalement les registres extérieur et intérieur, la matière et la psyché, ne peut tout simplement pas penser ce principe. Et dès lors celui-ci ne peut lui apparaître dans son opérationnalité.  
Lorsque le terrible tsunami est venu frapper l’Asie en décembre 2004, le moins que l’on puisse dire est que les discours occidentaux n’ont pu  spontanément l’associer à un désordre dans le psychisme de nos contemporains. 
Certes, on a pu très vite comprendre qu’il existait un rapport physique de cause à effet entre ce phénomène naturel et le réchauffement climatique de la planète, et reconnaître que celui-ci est lui-même  l’effet écologique désastreux du développement économique exponentiel du capitalisme mondialisé.

Mais la science occidentale répugnerait à lier cet événement avec le désordre psychique qui affecterait l’humanité, car la psyché et les problèmes psychologiques des individus relève d’un autre registre du réel que celui de l’écologie. Le logos scientifique occidental ne peut en effet approcher le réel que sur le mode d’un principe de causalité linéaire selon lequel un phénomène serait toujours mécaniquement produit par un enchaînement d’autres qui sont tous sur le même registre que lui : dans l’exemple que j’ai choisi le registre est écologique, concerne la façon dont la «matière» en quelque sorte écologique de la Terre est affectée.


‘‘Comment avez-vous produit la neige ?’’, demande ainsi Richard Wilhelm en bon européen causaliste !
Le Chinois répond qu’il ne peut pas être responsable de la neige, mais seulement de l’ordre qui existe à l’intérieur de lui-même : si, dans un univers en désordre, je me mets en ordre à l’intérieur de moi (en me centrant sur le Tao, le Soi), synchronistiquement, c’est à dire sans lien causal, cela peut favoriser l’émergence d’un ordre harmonieux dans ma réalité extérieure.

Entendons bien ce que signifie «sans lien causal» : quoique je fasse, je ne suis pas maître de cette évolution ; ce n’est pas moi qui la produit, qui la contrôle ou qui peut la programmer. Elle est le fait du Tout Autre, du Tao qui lui seul, pour ainsi dire, sait le chemin que je dois suivre pour approcher de l’harmonisation de toute chose.
.
Pierre Trigano et Agnès Vincent
.



Méditation

Dimanche 18 mars 2012 

Après quelques jours de réflexion sur le rêve 13...j'ai encore beaucoup d'interrogations quant à sa signification...(surtout sur la partie concernant la civilisation "sous-marine").

Mais il est très probable, en tout cas, qu'il nous parle de l'avenir du monde et de cette "angoisse" plus ou moins diffuse que nous ressentons tous à ce sujet...angoisse qui n'a fait que s'accentuer, ces derniers temps, avec les catastrophes sismiques, climatiques et le drame de Fukushima.


Je suis persuadée que l'image centrale du rêve, l'oiseau de lumière qui "médite"...peut nous orienter vers une issue... une issue qui ne se trouve non pas à l'extérieur mais à l'intérieur de nous.

J'ai déjà cité, un peu plus bas, Etienne Perrot et son livre sur le Péril nucléaire.
A la fin du livre, p 184, l'auteur cite un rêve qu'on lui a confié et qui peut, me semble-t-il, éclairer celui de Mingingi et faire comprendre la valeur du travail intérieur et de la "méditation"...


Voici ce rêve :
"Un cataclysme vient de s'abattre sur la terre, on ne précise pas lequel, peut-être est-ce une guerre, un séisme. L'humanité est plongée dans la souffrance et dans l'angoisse. Les grands s'agitent, les décisions pleuvent, mais la situation demeure sans issue. Dans un coin retiré, trois simples d'esprit sont accablés d'entendre les pleurs autour d'eux. Ils souffrent comme les autres, d'une souffrance qui dépasse leurs personnes, comme s'ils portaient sur leurs pauvres épaules le poids du monde en désarroi; mais que faire ? Ils sont tellement impuissants...

"Venez, dit l'un d'eux, entrons et asseyons-nous autour de la table, l'inspiration nous sera peut-être donnée." Les voilà tous les trois assis autour de la pauvre table d'une pièce sombre. Une faible ampoule projette leurs ombres immobiles sur les murs. Ils restent là, la tête dans les mains, le front plissé, les coudes enfoncés dans la table, tous les trois serrés l'un contre l'autre et fondus en un seul par l'ardeur de la foi qui est dans leurs coeurs. Ils souffrent, ils cherchent sans parole, sans penser, à l'intérieur d'eux-mêmes, sans que rien de ce qui se passe à l'extérieur ne vienne troubler leur méditation silencieuse.

  Cela a duré un très long temps et voilà qu'un matin, un jeune homme jaillit plein d'enthousiasme. il crie, il chante, il embrasse les trois innocents étonnés et les entraîne dans une danse folle : "C'est fini ! Comment ? C'est grâce à vous et vous ne le saviez pas ? C'était de chaleur et uniquement de chaleur que les hommes avaient besoin pour que la paix revienne. Et c'est de cette concentration innocente, de cette immobilité active qui était la vôtre que cette chaleur est née. D'abord imperceptible, elle s'est intensifiée et rayonne maintenant par-delà les frontières, activée au fur et à mesure que votre recueillement se faisait plus intense."


Ceux qui connaissent l'anecdote du "faiseur de pluie" seront d'accord, je crois, pour dire qu'il s'agit pratiquement de la même histoire...
Etienne Perrot conclut de façon plus générale que l'oeuvre intérieure, le travail sur l'énergie centrale qui est en nous...est toujours montrée dans les rêves, comme l'antidote de la désintégration extérieure et de la désintégration nucléaire. 
.
La Licorne
.