lundi 2 mars 2015

Rêve 30 : L'homme qui brûle

Samedi 27 septembre 2014


Je suis dans une cave voûtée, très haute, en pierre de meulière .
( J'ai déjà vu cette cave mais je ne sais plus où ?...)
Habillé d'une large tunique blanche, un homme est sur une croix.
Il est paisible pour un crucifié.
Je ne vois pas son visage, mais je le ressens comme très paisible.
Il doit être brûlé.

A la hauteur de son ventre il a deux carrés horizontaux
( ce qui fait un rectangle, mais le rêve me dit deux carrés )
qui débordent de sa tunique,
comme si son ventre était entouré d'une caisse de bois.
A la hauteur de ses jambes est branché le tuyau de gaz,
le même que celui qui raccorde les gazinières.
C'est une image assez surréaliste.

Derrière le mur, j'entends le ronflement du four
comme celui d'un four crématoire .
Nous sommes trois témoins, dont Vincent P.
(analyste jungien de rêve ) .
Je ne sais qui est la troisième personne.
Je dis : "Attention, s'il brûle,
les flammes vont toucher le plafond."
Aucune importance me répond-t-on ....

Le feu démarre, mais c'est comme si l'homme
brûlait de l'intérieur du four et pas dehors.
Je passe devant lui, il est haut perché
car mes yeux sont à la hauteur de ses pieds.
Vincent P. me dit :
"Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes,
tu vas les prendre sur la tête "
.
Rêve reçu par Claude
Le 10/09/2014
.


      

    25 commentaires:

    1. J'ai reçu ce rêve au moment où je venais d'envisager de mettre le blog en pause pour un mois...
      Après quelques hésitations, j'ai quand même décidé de le publier...
      mais ne m'en veuillez pas si je ne suis pas très présente dans les commentaires...

      Commentaire n°1 posté par La Licorne le 27/09/2014 à 12h56

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    2. ...pour l'instant.
      Juste une indication en passant: ce rêve me fait l'impression d'un rêve "alchimique"...

      Commentaire n°2 posté par La Licorne le 27/09/2014 à 16h23

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    3. Bonsoir... :-)

      Peut-on savoir si Claude est un homme ou est une femme ? Peut-on savoir de quelle façon la personne qui a rêvé qualifierait, en quelques mots, la nature de sa relation avec Vincent.P, qui est Vincent.P pour elle, et, toujours en quelques mots, savoir ce qui, à ses yeux, sont les traits les plus marquants de Vincent. P ?
      Et peut-on savoir aussi dans quel contexte vital intérieur et/ou extérieur particulier est né ce rêve : évènements intérieurs ou extérieurs, émotions, ressentis..., éventuelles expériences nouvelles, etc., avoisinant la survenue de ce rêve.

      Amezeg

      Commentaire n°3 posté par Amezeg le 27/09/2014 à 20h58

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      1. Par souci de discrétion (une tierce personne étant citée)
        et si vous êtes d'accord, je ne publierai pas
        les éventuelles réponses de Claude sur ce blog...
        mais je peux les transmettre en privé
        (ce qui permettra une approche plus précise du rêve).

        Je peux quand même vous dire que Claude est un homme...:-)

        Réponse de La Licorne le 28/09/2014 à 12h01

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    4. Le rêve semble dévoiler le sous-sol de ce qui est perçu et vécu au dessus du sol. Ce qui se passe et se prépare en dessous contraste peut-être beaucoup avec ce qui se passe et se vit "au-dessus". On découvre qu’un homme va être brulé dans un four qui semble aspirer la substance vitale de cet homme par le tuyau (semblable à un tuyau de gaz) qui le raccorde au four. Ce four est non seulement au sous-sol mais est en outre "derrière le mur", ce qui peut suggérer un mouvement d’énergie consumante profondément enfoui et ordinairement caché à la vue consciente du "dessus du sol", tout à fait invisible à l’œil de la conscience "de surface" .

      L’homme est en croix ce qui rappelle que nous sommes à la croisée d’une dimension verticale et d’une dimension horizontale de l’être et qu’il nous faut vivre ces deux dimensions.
      Ici, l’homme sur la croix est "haut perché" tandis que les deux carrés à la hauteur de son ventre veulent peut-être souligner que l’homme est aussi terrestre (le carré de la terre par rapport au rond ou cercle du ciel) et le ventre avec les viscères qu’il abrite est le siège de la vie physique instinctive.

      La position "haut perché" – un peu idéaliste, ou un peu en état d’inflation passagère, par exemple... ? – menace peut-être la vie instinctive et livre l’homme à la flamme ou énergie consumante de l’inconscient. Si l’homme est paisible c’est sans doute parce qu’il n’a pas conscience de ce qui le menace, mais on le met en garde : " "Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes, tu vas les prendre sur la tête ". L’analyste junguien de rêves, est la figuration d’une capacité à voir et à comprendre – autant que faire se peut – ce qui se joue en dessous de la surface visible des choses.

      Le rêve pourrait donc vouloir dire : " Attention ! Tu es un peu trop haut perché en ce moment et cela peut menacer la vie instinctive, peut menacer ta vie jusque dans ta chair. En t’éloignant trop ou trop longtemps du sol, du bon vieux plancher des vaches, tu prends un gros risque (les cendres sur la tête évoquent des évènements plus ou moins "catastrophiques".)

      Il s’agit donc peut-être tout simplement de redescendre un peu plus sur terre, de s’éloigner de points de vue ou de pratiques qui seraient un peu trop idéalistes, ET PEUT-ÊTRE AUSSI DE SE SOUCIER DE LA SANTÉ DU CORPS, de faire un petit check-up pour voir si tout va bien, en particulier du côté de la sphère abdominale, à toutes fins utiles.

      Amezeg

      Commentaire n°4 posté par Amezeg le 29/09/2014 à 21h40

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    5. Je salue cette remarquable analyse ! J'interrogerai pour ma part la possibilité que l'homme en croix symbolise une image de Dieu incarné, c'est-à-dire le Soi "crucifié" par les opposés. Le fait qu'il brûle pourrait indiquer que cette image est en profonde transformation, ou encore que le rêveur est aux prises avec le fait que cette image est en grande transformation dans l'inconscient collectif. Qu'en penses-tu, Amezeg ?

      En tous cas, il me semble important en regard de ce rêve de rappeler ce que Jung écrivait dans une lettre à un jeune idéaliste: "Dieu veut naître dans la flamme de la conscience de l'homme, sautant toujours plus haut. Et si celle-ci n'a pas de racines en terre? Si ce n'est pas une maison de pierre où le feu de Dieu peut demeurer, mais une misérable hutte de paille qui s'embrase et disparaît? Dieu pourrait-il alors naître? On doit être capable de souffrir Dieu. C'est la tâche suprême pour le transporteur d'idées. Il doit être le défenseur de la terre. Dieu prendra soin de lui-même. Mon principe intérieur est le suivant: Deus et homo. Dieu a besoin de l'homme pour devenir conscient, tout comme il a besoin de limites dans le temps et l'espace. Soyons donc pour lui limitation dans le temps et l'espace, un tabernacle terrestre." (lettre à Walter Robert Corti, 30 avril 1929)

      Commentaire n°5 posté par Jean le 30/09/2014 à 18h23

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    6. Pour davantage de clarté :

      J’ai noté dans mon commentaire ci-dessus : " Si l’homme est paisible c’est sans doute parce qu’il n’a pas conscience de ce qui le menace, mais on le met en garde......."
      C’est la personne qui rêve qui entend cet avertissement et est ainsi mise en garde, mais l’homme sur la croix est la représentation d’une certaine attitude, d’une certaine posture psychologique adoptée/ vécue par la personne qui a reçu ce rêve de mise en garde.

      D’autre part, je me demande si le troisième témoin (non identifié) ne pourrait être "le Grand Témoin intérieur", qui serait peut-être alors le metteur en scène ayant créé le scénario du rêve.

      Quatre "personnages" :
      1— le moi conscient (qui se souvient du rêve et peut en faire le récit)

      2— l’aspect de la personne qui est trop peu conscient du risque encouru (l’homme en tunique blanche : c’est à dire enveloppé de candeur*, candide ; qui est sur la croix)

      3— le Grand Témoin intérieur, celui qui nous voit tels que nous sommes et non tels que nous nous imaginons être **

      4— le médiateur ou interface entre le moi conscient et la parole (ou scénario onirique) du Grand Témoin intérieur : l’interprète de rêves junguien.
      La présence de ce dernier dans le rêve peut sans doute être comprise comme une nette invitation à rechercher et à trouver le sens du rêve.

      Amezeg


      * Dict. Littré : CANDIDE - Étymologie :
      Candidus, blanc, de candere, être blanc (voy. CANDEUR) ; espagn. et ital. candido. Le blanc est le symbole de l'innocence. Mot du XVIe s.

      Provenç. et espagn. candor ; ital. candore ; de candorem, blancheur, du verbe candere, être blanc, brillant. Mot introduit par le XVIe s.

      ** « En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. »
      C. G. Jung

      Commentaire n°6 posté par Amezeg le 30/09/2014 à 21h52

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    7. Jean, j’ai découvert il y a peu ton commentaire, en venant poster le mien.

      Je suis entièrement d’accord avec ce que dit Jung dans cette lettre que tu cites : soyons pour Dieu un tabernacle TERRESTRE. Cette citation me semble être très pertinente "à la suite" de ce rêve.

      Je n’aurai peut-être pas la possibilité de répondre ce soir à la question que tu m’as posée (si, du moins, je peux y répondre... :-). Je le ferai alors ultérieurement (demain...?).

      Commentaire n°7 posté par Amezeg le 30/09/2014 à 23h01

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    8. « A la hauteur de ses jambes est branché le tuyau de gaz,........ »
      « ........c'est comme si l'homme brûlait de l'intérieur du four et pas dehors. »
      dit le récit du rêve.

      Ce sont nos jambes qui nous permettent de nous tenir debout sur le sol de cette Terre. Le tuyau de gaz semble permettre l’écoulement de la substance ou énergie vitale de l’homme sur la croix vers le four, puisqu’il brûle « de l’intérieur du four et pas dehors ». Sachant tout cela, j’imagine que le rêve suggère que cet écoulement vers le four caché n’est possible que parce que les jambes, point de branchement du tuyau, sont en hauteur, comme l’écoulement d’une perfusion faite à une personne alitée n’est possible que si le flacon qui la contient est suspendu à hauteur suffisante pour cela. La substance/énergie vitale de "l’homme candide" serait donc sans doute préservée et non transformée en cendres chaudes menaçantes (par combustion inconsciente) si cet homme n’était pas "haut perché", tel un bocal à perfusion).
      Que l’homme fasse office de bouteille de gaz* pour alimenter la combustion inconsciente fait songer à "la volatilisation* du fixe" dont parle l’Alchimie. Mais il ne faut pas pousser trop loin cette volatilisation, il faut tout autant fixer le volatil, faire descendre l’oiseau vers la terre où il doit bâtir son nid, ce sont les deux conditions indispensables à la réalisation du "tabernacle terrestre" dont parle Jung. Je crois que le rêve rappelle ici qu’il n’est pas bon de demeurer en haut :

      Yi King

      62. Siao Kouo / La Prépondérance du Petit
      « L'oiseau qui vole apporte le message :
      Il n'est pas bon de s'efforcer de monter, il est bon de demeurer en bas.
      Grande fortune.

      Ici les traits légers porteurs sont à l'extérieur et plus nombreux; cela donne l'image de l'oiseau qui plane. Toutefois l'oiseau ne doit pas se montrer présomptueux et vouloir voler jusqu'au soleil, mais il faut qu'il redescende sur la terre où est son nid. Il donne ainsi le message proclamé par l'hexagramme. »
      Voir ici :http://wengu.tartarie.com/wg/wengu.php?no=62&l=Yijing&lang=fr

      Commentaire n°8 posté par Amezeg le 30/09/2014 à 23h41

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    9. Réponse à Jean :

      « J'interrogerai pour ma part la possibilité que l'homme en croix symbolise une image de Dieu incarné, c'est-à-dire le Soi "crucifié" par les opposés. »(Jean)

      Oui, chaque homme né en ce monde est cela, est une part de l’incarnation divine, mais pour que cette crucifixion entre les opposés ne soit pas vaine et porte tout son fruit de réalisation il faut en vivre véritablement la dimension horizontale, terrestre, sans "s’échapper vers le haut", le rapport entre la verticale et l’horizontale doit rester équilibré ou doit retrouver l’équilibre. Si, par exemple, une nouvelle augmentation de la dimension verticale se produit chez quelqu’un, augmentation vécue comme une sorte d’illumination ou d’éveil, et que cela crée une plus ou moins forte inflation (gazéification...), il faut que la dimension horizontale prenne plus de consistance ou plus de valeur encore qu’elle n’en avait jusque là, afin de "lester"* convenablement le gain de verticalité qui s’est produit et pour éviter que celui-ci ne consume, inconsciemment, la personne concernée.
      " Sa force est entière quand elle est transformée en terre..." dit la ‘Table d’Émeraude’ attribuée à Hermès Trismégiste. C’est, à mon avis, une grande "vérité" du chemin de l’individuation et réalisation de Soi qu’il ne faut jamais perdre de vue.

      « Le fait qu'il brûle pourrait indiquer que cette image est en profonde transformation, ou encore que le rêveur est aux prises avec le fait que cette image est en grande transformation dans l'inconscient collectif. » (Jean)

      L’image du Soi est peut-être en mutation au sein de l’inconscient collectif occidental, mais pour ma part, je n’associe pas la combustion présentée dans ce rêve avec cette possible transformation au niveau collectif. Je ne vois que l’aspect concernant personnellement la personne qui a rêvé.
      Est-ce parce que l’aspect collectif échappe à ma vue ou est-ce parce que cet aspect n’est pas particulièrement présent dans ce rêve...?
      Quoi qu’il en soit, je crois fermement que l’aspect individuel du rêve est vraiment à prendre en compte, avant toute autre chose. Le rêve s’achève par une mise en garde : « "Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes, tu vas les prendre sur la tête ". Ce n’est pas anodin !

      Je crois que la mutation de l’image du Soi au niveau collectif ne serait pas présentée de cette façon, pas comme une menace directe, individuelle, à l’intention de la personne qui a rêvé cela.

      * Lestage indispensable à la bonne réalisation du "tabernacle terrestre" qu’évoque Jung.

      Commentaire n°9 posté par Amezeg le 02/10/2014 à 23h12

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      1. Merci, Amezeg pour toutes ces "ouvertures" sur ce rêve...
        je suis d'accord avec bien des choses et en particulier
        avec ce que tu dis de la fin du rêve :
        il y a là un "avertissement" pour le rêveur.
        Je trouve que cela ne donne pas l'impression finale
        d'un rêve de transformation spirituelle qui serait uniquement "positif".
        Le fait qu'on répète deux fois "attention !" évoque plutôt un certain danger potentiel...

        Mais pour ma part, j'étais partie sur des pistes un peu différentes...

        D'après Georges Romey, le symbole de la croix
        renvoie parfois à la synthèse des opposés,
        mais aussi, le plus souvent, à une contradiction interne
        entre les aspirations spirituelles et les besoins terrestres.

        La croix onirique traduit, d'après lui, un sentiment d'inconfort
        relatif à l'identité du rêveur ou de la rêveuse,
        conséquence d'une dysharmonie qui renvoie à la relation aux ascendants.

        (*) Cave : On peut citer le célèbre rêve de "maison" de Jung : maison à plusieurs étages
        et dont les niveaux inférieurs s'enfoncent dans le "passé humain "...
        Pourrait-elle représenter le "passé familial" du rêveur ?
        Ou un passé personnel "oublié", enfoui, refoulé (enfance) ?

        (**) Pierre de meulière : pierre poreuse et ancienne qu'on utilisait jusqu'en 1880
        pour fabriquer des meules et qu'on utilisa ensuite pour ses qualités esthétiques
        mais surtout pour ses qualités d'isolation thermique...

        Réponse de La Licorne le 04/10/2014 à 14h15

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      2. ndépendamment de ce que je dis plus haut, et même si le rêve n'avait aucun rapport avec le passé familial, j'aurais quand même tendance à voir dans ce rêve un rapport particulier à la "souffrance"...
        Etre doublement "supplicié" (crucifié ET brûlé), ce n'est quand même pas banal... !

        J'y vois des choses comme :
        "se consumer de l'intérieur sans le montrer",
        "supporter stoïquement une souffrance intense"...
        bref j'y vois "une difficulté à exprimer des émotions douloureuses"...
        (le ventre étant le "centre émotionnel du corps" (les "tripes")...), le fait qu'il soit "enfermé" dans deux caissons "carrés" pourraient évoquer une rétention et une rationalisation des émotions...)

        Et tout cela, en plus, se passe "à la cave"...

        Commentaire n°10 posté par La Licorne le 04/10/2014 à 19h15

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    10. Le symbole de la crucifixion renvoie aussi au "sacrifice de soi"...
      et à la régénération (mort-résurrection)...
      De la même façon que le feu "détruit" puis renouvelle
      (le passé est "brûlé"... les cendres sont "fertiles"...).

      Le tout est de savoir comment cela est vécu...
      Est-ce que cette "réduction en cendres"
      (qui fait un peu penser à la "réduction en farine"
      de la meule (Cf pierre meulière) )
      est un "écrasement" de soi-même...
      ou est-ce une transformation qui régénère ?

      Est-ce en rapport avec un certain christianisme exaltant
      la souffrance, la culpabilité et le sacrifice ...
      ou est-ce une "mort de l'ego", une "purification par le feu"
      qui initie et ouvre d'autres perspectives ?

      Le visage de ce crucifié rayonne-t-il d'une "vraie" paix ?

      Ou cette paix est-elle une défense (naturelle et compréhensible)
      par rapport à une souffrance trop forte...
      un refuge dans un certain idéalisme parce qu'on a du mal à contacter et à exprimer
      les émotions brûlantes, douloureuses et cachées qui "couvent" sous la surface ?

      Je crois que seul le rêveur peut répondre à ces questions...

      Réponse de La Licorne le 05/10/2014 à 22h00

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    11. Qu’un rêve adresse une sérieuse mise en garde au rêveur ou à la rêveuse me rappelle qu’on lit ou entend, souvent ici et là, que seul-e le rêveur ou la rêveuse peut valider l’interprétation proposée pour le rêve.
      Cette assertion est à la fois vraie et fausse car il est fréquent qu’un rêve nous montre de nous-mêmes ou de notre situation vitale ce que nous ne voulons ni voir ni reconnaître à propos de nous-mêmes ou à propos de notre situation vitale *. Notre résistance empêche donc ou étouffe le "clic" de validation de l’interprétation proposée.
      Ces résistances, si fréquentes, sont ce qui conduit bien des gens à s’éloigner de la voie des rêves ou à trouver des interprètes et des interprétations qui leur permettent d’esquiver davantage ce qui les dérange et remet trop en question l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes ou de leur situation vitale.
      Lorsqu’un rêve énonce une très nette mise en garde c’est peut-être, c’est même assez probablement, qu’il a été précédé d’autres rêves moins incisifs qui n’ont pas été entendus et pris en compte par le rêveur ou par la rêveuse. Le rêve de mise en garde vient alors pour tenter de faire lâcher la résistance et pour que la prise de conscience de la situation se réalise enfin.

      Amezeg

      * (bis) « En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. »
      C. G. Jung

      Commentaire n°11 posté par Amezeg le 05/10/2014 à 11h05

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      1. Oui, c'est juste...seul(e) le rêveur (ou la rêveuse) peut valider,
        au final, l'interprétation du rêve...
        mais il ne le fait pas forcément...tout de suite !
        La vérité , c'est qu' il faut un moment (voire un bon moment)
        pour assimiler et accepter une donnée qui était cachée à la conscience ...
        et qui vivait dans "l'ombre".
        Il faut, comme tu dis, passer par-dessus les "résistances"
        et l'image toujours un peu faussée qu'on a de soi-même...
        et de ses progrès !

        Revenons à la "mise en garde"...
        il semblerait que le danger potentiel dans ce rêve ,
        vienne plus de la régurgitation des cendres chaudes
        que "des flammes qui vont jusqu'au plafond".
        Que penses-tu de cela ?

        Réponse de La Licorne le 05/10/2014 à 12h30

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    12. « Il faut, comme tu dis, passer par-dessus les "résistances" »

      Je n’ai pas dit cela.
      Je crois bien plus juste de dire : il faut que la ou les résistances (concernées) tombent, disparaissent. Je crois même qu’on ne peut « passer par-dessus » une résistance, on ne peut que faire semblant de passer par-dessus et dans ce cas elle est encore présente et agira en sous-main, d’une façon ou d’une autre.
      Je sais qu’on peut trouver cette nuance de formulation superflue, mais je crois qu’elle est importante à faire ET surtout à comprendre

      Commentaire n°12 posté par Amezeg le 05/10/2014 à 14h41

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      1. Tu as raison : l'expression n'était pas très heureuse... Excuse-moi.

        Réponse de La Licorne le 05/10/2014 à 14h58

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    13. Jung dit qu'il faut brûler dans son propre feu.

      Edward Edinger, "L'Archétype de l'Apocalypse" p168-169 :

      Commentaire n°13 posté par fox le 05/10/2014 à 16h45

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    14. « Revenons à la "mise en garde" ...
      Il semblerait que le danger potentiel, dans ce rêve,
      vienne plus de la régurgitation des "cendres chaudes"
      que des "flammes qui vont jusqu'au plafond"...
      Que penses-tu de cela ? » (La Licorne)

      Le danger n’est pas pour la cave d’être brûlée par le feu qu’elle abrite en son sein, feu avec lequel elle a une affinité de nature, le danger est pour l’homme candide sur la croix qui s’expose à cette énergie-combustion sous-jacente à la vie vécue en surface, c’est à dire à la vie vécue au niveau conscient de la personnalité.
      On peut imaginer que ce passage du rêve invite la personne qui rêve à prendre conscience du fait que ce feu n’est pas dangereux "EN SOI", qu’il existe naturellement dans la cave et qu’il ne peut menacer le domaine inconscient qui l’abrite en son sein (notre sous-sol), mais qu’il est en revanche dangereux de s’y exposer candidement, sans mesure ; qu’on ne peut en somme "jouer avec lui", sous-estimer sa capacité destructrice (les cendres qui retomberont sur la tête) lorsqu’on s’y expose excessivement et trop inconsciemment.

      On pourrait alors dire, en d’autres termes, qu’il ne faut pas, pas le moindrement, s’identifier à ce feu du monde intérieur, feu de l’inconscient, même si l’on peut à l’occasion se sentir traversé par son énergie incommensurable, car s’il est vrai qu’il ne se détruira pas lui-même ou ne détruira pas la matrice qui l’engendre et le porte en elle (ici la cave voutée) il peut détruire la personne incarnée qui s’y expose naïvement, inconsidérément.

      Voilà ce qui me vient à l’esprit pour répondre à ta question, La Licorne. :-)

      Commentaire n°14 posté par Amezeg le 06/10/2014 à 22h15

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      1. Merci de ta réponse, Amezeg...
        Plus de commentaires de ma part pour l'instant :
        mon emploi du temps étant plus que surchargé,
        je vais prendre des "vacances de blog"...
        mais vous pouvez continuer à converser sans moi...
        sur ce rêve :-)

        P-S : Toutefois, avant de "partir", ayant évolué dans ma réflexion depuis quelques jours,
        je me suis permise de reprendre et de complèter mes premiers commentaires ci-dessus...

        Réponse de La Licorne le 07/10/2014 à 20h59

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    15. "Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes,
      tu vas les prendre sur la tête " dit le récit du rêve.

      « "Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes,... » fait aussitôt penser à une éruption volcanique, à un débordement du feu intérieur enfoui dans les profondeurs du sous-sol et qui menace la vie au dessus du sol. Un phénomène incontrôlé et incontrôlable,violent, brutal que, pour ma part, je n’associe pas à une purification progressive et "alchimique" de l’ego mais plutôt au risque d’un débordement inconscient qui fait "perdre la tête", qui déborde la conscience et peut faire perdre ‘le bon sens’, peut faire que l’on n’a plus toute sa tête, faire que quelqu’un ne dispose plus de tout son discernement habituel aussi longtemps que dure ce débordement inconscient qui dégueule des cendres chaudes : on n’a plus alors la tête assez froide.

      Le récit du rêve dit aussi : « J'ai déjà vu cette cave mais je ne sais plus où ?... »
      Je me demande si cette cave de pierre meulière ne se rattache pas à un moment très particulier de la vie de la personne qui a rêvé. Moment qui ne serait pas sans rapport de sens avec la scène de crucifixion et de brûlure que met en scène le rêve. Mais, bien sûr, seule la mémoire retrouvée de ce lieu et de ce moment pourrait dire si mon impression a quelque fondement de réalité.

      Commentaire n°15 posté par Amezeg le 08/10/2014 à 22h27

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    16. Bonjour, désolé, j’ai eu un long silence, mais… résistance, actions, inconscient, avancé, recul, foi, amour, etc. du classique, la vie tout simplement. Merci du temps que vous consacrez à ce rêve. Je suis très touché. Merci.
      Voilà toutes les phrases qui m’ont interpellé en première lecture et sans les réfléchir. :

      - Ce four est non seulement au sous-sol mais est en outre "derrière le mur", ce qui peut suggérer un mouvement d’énergie consumante profondément enfoui et ordinairement caché à la vue consciente du "dessus du sol", tout à fait invisible à l’œil de la conscience "de surface" .

      - L’homme est en croix ce qui rappelle que nous sommes à la croisée d’une dimension verticale et d’une dimension horizontale de l’être et qu’il nous faut vivre ces deux dimensions.
      Ici, l’homme sur la croix est "haut perché" tandis que les deux carrés à la hauteur de son ventre veulent peut-être souligner que l’homme est aussi terrestre (le carré de la terre par rapport au rond ou cercle du ciel) et le ventre avec les viscères qu’il abrite est le siège de la vie physique instinctive.

      - Le rêve pourrait donc vouloir dire : " Attention ! Tu es un peu trop haut perché en ce moment et cela peut menacer la vie instinctive, peut menacer ta vie jusque dans ta chair
      - ET PEUT-ÊTRE AUSSI DE SE SOUCIER DE LA SANTÉ DU CORPS, de faire un petit check-up pour voir si tout va bien, en particulier du côté de la sphère abdominale, à toutes fins utiles.

      - "Dieu veut naître dans la flamme de la conscience de l'homme, sautant toujours plus haut. Et si celle-ci n'a pas de racines en terre? Si ce n'est pas une maison de pierre où le feu de Dieu peut demeurer, mais une misérable hutte de paille qui s'embrase et disparaît?

      - « ........c'est comme si l'homme brûlait de l'intérieur du four et pas dehors. » dit le récit du rêve.

      - « J'interrogerai pour ma part la possibilité que l'homme en croix symbolise une image de Dieu incarné, c'est-à-dire le Soi "crucifié" par les opposés. »

      - « "Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes, tu vas les prendre sur la tête ". Ce n’est pas anodin !

      - pour ma part, j'étais partie sur des pistes un peu différentes... D’après Georges Romey, le symbole de la croix renvoie parfois à la synthèse des opposés, mais aussi, le plus souvent, à une contradiction interne entre les aspirations spirituelles et les besoins terrestres.
      (*) Cave : On peut citer le célèbre rêve de "maison" de Jung : maison à plusieurs étages et dont les niveaux inférieurs s'enfoncent dans le "passé humain "... Pourrait-elle représenter le "passé familial" du rêveur ? Ou un passé personnel "oublié", enfoui, refoulé (enfance) ?

      - (**) Pierre de meulière : pierre poreuse et ancienne qu'on utilisait jusqu'en 1880 pour fabriquer des meules et qu'on utilisa ensuite pour ses qualités esthétiques mais surtout pour ses qualités d'isolation thermique...
      - Indépendamment de ce que je dis plus haut, et même si le rêve n'avait aucun rapport avec le passé familial, j'aurais quand même tendance à voir dans ce rêve un rapport particulier à la "souffrance"...
      Etre doublement "supplicié" (crucifié ET brûlé), ce n'est quand même pas banal... !

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    17. Suite du commentaire :

      -J'y vois des choses comme :
      "se consumer de l'intérieur sans le montrer", "supporter stoïquement une souffrance intense"...bref j'y vois "une difficulté à exprimer des émotions douloureuses"... (le ventre étant le "centre émotionnel du corps" (les "tripes")...), le fait qu'il soit "enfermé" dans deux caissons "carrés" pourraient évoquer une rétention et une rationalisation des émotions...)

      - Le symbole de la crucifixion renvoie aussi au "sacrifice de soi"... et à la régénération (mort-résurrection)... De la même façon que le feu "détruit" puis renouvelle (le passé est "brûlé"... les cendres sont "fertiles"...).
      - Le tout est de savoir comment cela est vécu... Est-ce que cette "réduction en cendres" (qui fait un peu penser à la "réduction en farine" de la meule (Cf pierre meulière) ) est un "écrasement" de soi-même... ou est-ce une transformation qui régénère ?
      - ou est-ce une "mort de l'ego", une "purification par le feu" qui initie et ouvre d'autres perspectives ?
      - Le visage de ce crucifié rayonne-t-il d'une "vraie" paix ? ou cette paix est-elle une défense (naturelle et compréhensible) par rapport à une souffrance trop forte... un refuge dans un certain idéalisme parce qu'on a du mal à contacter et à exprimer les émotions brûlantes, douloureuses et cachées qui "couvent" sous la surface ?
      - Il faut, comme tu dis, passer par-dessus les "résistances" et l'image toujours un peu faussée qu'on a de soi-même... et de ses progrès !
      - Revenons à la "mise en garde"... il semblerait que le danger potentiel dans ce rêve , vienne plus de la régurgitation des cendres chaudes que "des flammes qui vont jusqu'au plafond". Que penses-tu de cela ?

      - On pourrait alors dire, en d’autres termes, qu’il ne faut pas, pas le moindrement, s’identifier à ce feu du monde intérieur, feu de l’inconscient, même si l’on peut à l’occasion se sentir traversé par son énergie incommensurable, car s’il est vrai qu’il ne se détruira pas lui-même ou ne détruira pas la matrice qui l’engendre et le porte en elle (ici la cave voutée) il peut détruire la personne incarnée qui s’y expose naïvement, inconsidérément.

      - Le récit du rêve dit aussi : « J'ai déjà vu cette cave mais je ne sais plus où ?... »
      Je me demande si cette cave de pierre meulière ne se rattache pas à un moment très particulier de la vie de la personne qui a rêvé.

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    18. Suite et fin du commentaire de Claude :

      Voilà les phrases qui m’interpellent vraiment après réflexion :
      - L’homme est en croix ce qui rappelle que nous sommes à la croisée d’une dimension verticale et d’une dimension horizontale de l’être et qu’il nous faut vivre ces deux dimensions.
      - Ici, l’homme sur la croix est "haut perché" tandis que les deux carrés à la hauteur de son ventre veulent peut-être souligner que l’homme est aussi terrestre (le carré de la terre par rapport au rond ou cercle du ciel) et le ventre avec les viscères qu’il abrite est le siège de la vie physique instinctive.
      - « "Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes, tu vas les prendre sur la tête ". Ce n’est pas anodin !
      - le symbole de la croix renvoie parfois à la synthèse des opposés, mais aussi, le plus souvent, à une contradiction interne entre les aspirations spirituelles et les besoins terrestres.
      -"... Pourrait-elle représenter le "passé familial" du rêveur ? Ou un passé personnel "oublié", enfoui, refoulé (enfance) ?
      - j'aurais quand même tendance à voir dans ce rêve un rapport particulier à la "souffrance"...
      Etre doublement "supplicié" (crucifié ET brûlé), ce n'est quand même pas banal... !
      - la "réduction en farine" de la meule (Cf pierre meulière) ) est un "écrasement" de soi-même... ou est-ce une transformation qui régénère ?
      - ", "supporter stoïquement une souffrance intense"...bref j'y vois "une difficulté à exprimer des émotions douloureuses"...
      - Je me demande si cette cave de pierre meulière ne se rattache pas à un moment très particulier de la vie de la personne qui a rêvé.

      Ce qui fait vraiment écho chez moi et que je vais expliqué ;
      - à la croisée d’une dimension verticale et d’une dimension horizontale de l’être et qu’il nous faut vivre ces deux dimensions : je développe depuis deux ans des ateliers de « relation à soi » par des conférences sur a méthode Ho’oponopono, qui m’a permis de changer mes regard sur mes haines endémiques et par des jeux de développement personnel comme le jeu du Tao. N’ai-je pas trop basculé la dedans par rapport à l’horizontalité de la vie ? je relis ça à cette phrase : mais aussi, le plus souvent, à une contradiction interne entre les aspirations spirituelles et les besoins terrestres.
      - « "Attention en brûlant, il dégueule des cendres chaudes, tu vas les prendre sur la tête ". Ce n’est pas anodin !
      Cela m’a toujours interpellé dans ce rêve sans que je puisse y mettre des mots. Presque cela me fait peur
      -"... Pourrait-elle représenter le "passé familial" du rêveur ? Ou un passé personnel "oublié", enfoui, refoulé (enfance) ?
      S’il est fait allusion à l’holocauste, non ma famille n’a pas directement touché par ces événements tragiques. En revanche, j’ai complètement oublié mon passé, mon enfance. Des fois, je rencontre un ami d’enfance qui me raconte des histoires de notre passé et pour lesquelles je suis totalement étranger. Mon ami dit souvent : « comment tu as pu oublié cela ?»
      En fait, plus difficile je ne sais pas mettre un visage sur qui j’étais depuis le début de ma jusqu’à 20. (un jour de crise, j’avais brulé toutes les photos de ce passé) dont Ou un passé personnel "oublié", enfoui, refoulé (enfance) ? oui, oui, mais c’est comme la cave que je connais, oui mais d’ou ?
      - la pierre de meulière : en fait, j’y pensais, il y quinze jours, et je me disais : qu’est-ce la pierre de meulière ? de l’ancienne maçonnerie et là, la lumière est apparue (j’avais donc fait le rêve un mois plus tôt), l’ancienne maçonnerie, pour laquelle j’ai une certaine affinité et que je rencontrais pour la première fois ce jour là.
      - ", "supporter stoïquement une souffrance intense"...bref j'y vois "une difficulté à exprimer des émotions douloureuses

      Commentaire n°16 posté par Claude Frigiotti le 10/10/2014 à 13h38

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      1. Merci beaucoup, Claude, pour toutes ces précisions...

        Il semblerait , d'après ce que vous dites,
        que tout un pan de votre passé ne soit plus accessible à la conscience...
        Ce passé (sans doute difficile) a été "effacé"
        à la fois inconsciemment (amnésie) et consciemment
        (en brûlant les souvenirs qui s'y rattachaient).

        Je dirais qu' il y a sans doute quelque chose de "bien enfoui"
        (caché à la fois dans la cave ET derrière le mur)
        qui vous "mine" et vous "brûle" de l'intérieur...

        Cela peut-il être abordé sans l'aide - et l'accompagnement -
        d'un "professionnel" de l'inconscient ?
        Je n'en suis pas sûre...

        Réponse de La Licorne le 11/10/2014 à 09h00

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