lundi 13 juillet 2015

Rêve de Jung : La petite flamme

Jeudi 9 juillet 2015


À cette époque, j’eus un rêve inoubliable 
qui m’effraya et m’encouragea en même temps.

C’était la nuit, à un endroit inconnu; 
je n’avançais qu’avec peine
contre un vent puissant soufflant en tempête.
 En outre il régnait un épais brouillard.

Je tenais et protégeais de mes deux mains une petite lumière 
qui menaçait à tout instant de s’éteindre. 
Or il fallait à tout prix que je maintienne cette petite flamme :
 tout en dépendait. 

Soudain j’eus le sentiment d’être suivi ; 
je regardai en arrière et perçus 
une gigantesque forme noire qui avançait derrière moi. 
Mais, au même moment, j’avais conscience que
 — malgré ma terreur — 
sans me soucier de tous les dangers, 
Je devais sauver ma petite flamme à travers nuit et tempête.




Quand je me réveillai, je compris immédiatement : 
c'est le "Fantôme du Brocken", mon ombre même 
projetée sur les traînées de brouillard, 
par la petite lumière que je portais devant moi.

Je savais aussi que cette petite flamme, c'était ma conscience. 
C'était la seule lumière que je possédais. 
Ma connaissance propre était l'unique 
et le plus grand trésor que je possède. 

Il était certes infiniment petit et infiniment fragile 
comparé aux puissances de l'ombre. 
Mais c'était tout de même une lumière, ma seule lumière.
.
C-G Jung
"Ma vie" Chapitre III
.

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