vendredi 4 novembre 2016

Rêve 39 : Roc et rock

Vendredi 4 novembre 2016

Un soir de 2003, alors que j'étais assez préoccupée par divers soucis personnels,
 j'ai interpellé le Soi avant de m'endormir, et je lui ai demandé : 
"Que dois-je faire ? Donne-moi un rêve pour m'éclairer !"

Et voici les images qui me sont venues, en rêve, cette nuit-là :



Je vois un bâtiment assez vétuste. 
Il est construit sur un gros rocher.
Mon regard descend et je vois, qu'à sa base, 
les murs sont lisses et solidifiés. 
On l'a renforcé à cet endroit-là.

Puis je vois un petit garçon blond .
Il est très jeune, une dizaine d'années tout au plus, 
mais  je me mets à danser avec lui.
Nous dansons très longuement tous les deux...
C'est une danse très dynamique, très joyeuse, 
style rock'n roll.


J'ai débord été déroutée par cette réponse de l'inconscient, 
car  elle n'avait pas de rapport, a priori, 
avec mes problèmes de l'époque.

Puis en y réfléchissant, je me suis dit
que c'était bien une réponse à ma question que j'avais reçue, 
mais une réponse beaucoup plus "large"
que celle que j'avais demandée.

Ce qui m'était conseillé - si je l'ai bien compris - 
c' était de relier solidement ma maison (mon Moi)
au rocher (au Soi)
et puis, ensuite, une fois ce lien solidement établi, 
de "danser" avec entrain et confiance
la "danse" de la Vie...

C'est-à-dire de suivre l'évolution de la vie, 
les changements constants qu'elle demande...
en me laissant guider par mon enfant intérieur
celui qui apporte gaieté, grâce...et créativité...

J'avais demandé un conseil temporaire
et on me donnait...
une leçon pour tout le reste de ma vie ! :-)

Je ne l'ai jamais oubliée...

La Licorne

.


28 commentaires:

  1. "Que dois-je faire ? Donne-moi un rêve pour m'éclairer !"

    Ah ! je vois... En 2003 vous n’aviez pas encore l’électricité tout là-haut dans la montagne et la réserve de chandelles à la résine (ou au suif de bouquetin) était épuisée... ;-))

    Amezeg

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    1. Ahahah...! :o)
      Nous, Monsieur, à la montagne, on a un ciel clair et toutes les étoiles...
      C'est pour ça d'ailleurs que nos rêves sont particulièrement lumineux...;-)

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  2. J’en suis ravi pour vous, chère Madame.
    Par ici, nous ne nous plaignons pas non plus. Nos rêves sont bioluminescents : éclairés "de l’intérieur", ils sont à eux-mêmes leur propre lumière ; et sont pourtant mystérieux, profonds et vastes comme l’océan qui baigne le pays de toutes parts ... :-)

    Amezeg

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    1. Peut-être, mais nous, nous construisons sur du roc, pas sur du sable...:-)
      (et toc!)

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    2. Nous avons, proches de nos (basses) côtes de nombreux étocs qui furent à l’origine de nombreux drames...
      Un de plus ou un de moins, cela ne nous impressionne pas outre-mesure... ;-)

      Amezeg

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  3. Ce rêve ET le commentaire que tu en donnes m’ont fait penser à l’hexagramme 24 du Yi King, nommé Le Retour.
    La partie vétuste de la maison pourrait correspondre au "vieux" qui doit être déposé avant que le "neuf" ne puisse être introduit. (voir ci-dessous dans le texte du Jugement). Cette partie vétuste de la maison/personnalité, partie qui ne tient pas la route du temps, fragile, insuffisamment reliée au fondement pérenne de l’être ; doit être déposée pour que le neuf puisse être introduit et donne solution aux problèmes qui se posent et font obstacle au bon déroulement de la vie. C’est également le tableau d’une croissance de ‘la maison solide’ qui se poursuit, l’indication de la voie à suivre pour que la solidité gagne de plus en plus de parts dans/de cette maison et je comprends que tu ne l’aies jamais oublié... !
    Je fais un rapprochement entre l’enfant "blond" et le retour de la "lumière" dont traite cet hexagramme. Et ceci, bien sûr, ne s’oppose pas à ce que tu dis de l’enfant blond.

    Le Yi King est, lui aussi, un livre assez "rock / and / roll"... ;-)

    Amezeg

    ------------

    L'Hexagramme
    24. Fou / Le Retour (Le Tournant)
    Fou / Le Retour (Le Tournant)
    En haut K'ouen : Le Réceptif, la Terre.
    En bas Tchen : L'Éveilleur, le Tonnerre.
    L'idée de tournant est indiquée par le fait qu'après que les traits sombres ont repoussé vers le haut tous les traits lumineux, un de ceux-ci rentre dans l'hexagramme par le bas. Le temps de l'obscurité est passé. Le solstice d'hiver amène la victoire de la lumière.

    Le Jugement
    LE RETOUR. Succès.
    Sortie et rentrée sans faute.
    Des amis viennent sans blâme.
    Le chemin va et vient.
    Au septième jour vient le retour.
    Il est avantageux d'avoir où aller.

    Après le temps du déclin vient le tournant. La puissante lumière qui avait été chassée refait son entrée. Un mouvement se produit. Toutefois ce n'est pas un mouvement contraint : le trigramme supérieur, K'ouen, a le caractère de l'abandon, du don de soi. C'est donc un mouvement naturel, qui naît spontanément. C'est pourquoi la transformation des choses anciennes est parfaitement aisée. Le vieux est déposé, le neuf est introduit. L'un et l'autre correspondent au temps et n'entraînent donc pas de dommage. [.................] Le retour a son fondement dans le cours de la nature. Le mouvement est circulaire. La voie se referme sur elle-même. C'est pourquoi il ne faut rien précipiter artificiellement. Tout vient spontanément lorsque c'en est le temps. Telle est la Voie du ciel et de la terre. [.......................................]
    (Voir ici : http://wengu.tartarie.com/wg/wengu.php?l=Yijing&no=24&lang=fr )

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    1. Oui, il y a sans doute une idée de "vieux et statique" qui laisse la place à la "jeunesse dynamique", bref, au renouveau...

      L'hexagramme 24 marque la fin du déclin et le début du renouveau, le "tournant" vers le positif et la lumière...

      Et, à bien y réfléchir, les années 2002-2003 ont marqué un renouveau pour moi (dans le sens, "nouvel élan intérieur").
      C'est à ce moment-là que j'ai commencé à échanger avec d'autres au sujet des rêves...

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    2. ...et pour répondre à la première partie de ton message...

      Dans les images du rêve, il y a une partie "vétuste et fragile"...mais pas l'idée que le "vieux doit être déposé"...
      Ce n'est pas une rénovation complète, mais une consolidation de la partie reliée au rocher. Et cette consolidation est déjà faite, elle n'est pas en cours.
      Je la vois plus comme une "condition préalable", pour qu'ensuite, le "mouvement de la vie" puisse reprendre...

      La "croissance" de la maison solide et le "dépôt" de l'ancien au profit du nouveau paraîtraient logiques...mais ils ne sont pas vraiment indiqués...
      Peut-être parce que le message est légèrement différent...le message est peut-être plus lié à l'opposition "ancrage-danse" qu'à l'opposition "vétuste-neuf"...

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  4. « Et cette consolidation est déjà faite, elle n'est pas en cours. », dis-tu.

    Oui, j’avais remarqué que la consolidation de LA PARTIE BASSE de la maison – celle qui la relie au roc – était déjà faite puisque le récit du rêve dit :
    « Mon regard descend et je vois, qu'à sa base, les murs sont lisses et solidifiés. On l'a renforcé à cet endroit-là. »

    Il s’agissait donc peut-être de poursuivre la solidification des parties qui se trouvent au-dessus de la bonne base déjà solidifiée, c’est à dire dont la relation avec la profondeur pérenne, avec le Soi, était déjà bien établie, mais qui n’avait pas atteint son plein développement ; et pour que celui-ci se poursuive il fallait sans doute entrer – davantage encore qu’auparavant – dans la danse avec l’enfant blond qui apporterait sa lumière éclairant les parts encore dans l’ombre de la personnalité, ceci contribuant à permettre de faire face à toutes les situations qui se présentent et assombrissent parfois le paysage du quotidien. Les parts de la personnalité du "moi" qui ne sont pas encore entrées dans la danse avec l’enfant de lumière (la tête blonde) représenteraient les aspects figés ou trop raides de nos complexes, de nos projections, de nos "idéaux", etc., etc. ; bref de tout ce qui nous ligote dans l’espace étroit de la "liberté du moi", opposé à la libre soumission au Soi.
    Le "vieux" ce serait donc les parts de la personnalité toujours étroitement soumises au moi et le neuf ce serait de les soumettre au Soi en entrant dans la danse avec cet enfant de lumière. Ceci représente alors un ACCROISSEMENT de la réalisation du Soi... en soi ; l’ensemble de la personnalité / maison sur le roc entrant chaque jour davantage dans la libre soumission au Soi. ;-)

    Amezeg

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  5. Zut !
    Y'a encore du boulot, alors ? ;-))

    Oui, je suis assez d'accord, Amezeg, bien sûr qu'il y avait et qu'il y a encore de nombreuses parts de la personnalité qui sont vieillottes ou figées dans le temps et qui ne sont pas encore soumises au Soi...et qui vont être peu à peu éclairées ou améliorées...
    Les rêves qui ont suivi celui-là mettaient d'ailleurs directement en évidence des "points noirs" qui bloquent mon évolution (malheureusement un peu trop intimes pour que je les développe ici).

    Mais la bonne nouvelle, c'était que les "fondations" (le lien entre le Moi-maison et ce qu'il y a dessous étaient désormais assez solides...pour que la suite de l'évolution puisse se faire...et que la vie prenne un côté "rock'n roll"...:-)
    La danse est un beau symbole d'un mouvement à la fois guidé (par la musique) et libre...

    Au passage, j'aime bien l''expression "libre soumission au Soi"...
    Bel oxymore ! :-)

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    1. Oui, je suis tout à fait d’accord avec toi, cette solide assise consolidée de la maison bâtie sur le roc inébranlable témoigne d’une relation bien établie avec la profondeur en soi – en l’occurrence : en toi. Et témoigne d’un travail déjà en cours en ce sens. Je n’en doutais pas... ;-)

      La danse de Shiva, la Maya, la manifestation visible et changeante de l’ineffable Principe Créateur peut être vécue de façon "rock’n roll" si nous n’en sommes pas empêchés par tous ces aspects de nous-mêmes* qui tendent, par nature, à nous placer dans un rapport de répétition, parfois même de répétition névrotique, avec la nouveauté / avec le neuf qui qui advient sans cesse. La liberté tient alors à la souplesse avec laquelle celui ou celle qui n’est plus - ou de moins en moins - soumis à la tyrannie de ces aspects* sclérosants peut suivre le mouvement et l’épouser sans heurts, avec moins de résistances et donc moins de souffrances.
      La danse "rock’n'roll" me semble ainsi évoquer la possibilité d’être ferme en soi-même (ou en Soi...), comme le roc ; et d’être simultanément capable d’épouser le changement de la manifestation, de rouler (roll) AVEC (et non pas "contre") le mouvement de sa grande roue toujours active. La présence de l’enfant blond, rayonnant la lumière, auréolé, invite sans doute à vivre cette danse en conscience, à épouser le mouvement l’œil bien ouvert ce qui produit une joie bien différente de la tristesse et de la difficulté naissant d’un mouvement de la manifestation trop uniquement subi. Ce qui nous ramène à l’origine de la question que tu avais posée avant de recevoir ce rêve.
      C’est pour cela que le Yi King me semble être un ouvrage très "rock’n'roll" dont le principe directeur et le résumé tiennent sans doute dans la maxime suivante : " La transformation c’est l’immuable et l’immuable c’est la transformation "

      Amezeg :-)

      * Comme déjà dit plus haut : les aspects figés ou trop raides de nos complexes, de nos projections, de nos "idéaux", etc., etc

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    2. Ah, tout à fait...
      j'aime beaucoup ton analyse du mot "rock'n roll", c'est tout à fait ça !
      Comme une roue dont le moyeu ou l'axe est bien "fixé" et qui peut donc rouler ou tourner sans problème, épouser les courbes du chemin...et le Yi-King , de ce point de vue, est "rock'n roll" !
      On peut sortir de la répétition névrotique et s'ouvrir au présent et à toutes ses facettes changeantes (hexagrammes) si l'on a conscience que, derrière, il y a l'immuable...le Tout, le Tao.
      Ce qui suppose de dépasser les peurs...et de donner la main à l'enfant en nous, celui qui est gai, qui prend la vie comme elle vient, et qui n'a qu'une idée en tête : GRANDIR.

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    3. Cet enfant-là semble bien être "une Éternelle jeune pousse" qui veut croître en la demeure de chacun/e jusqu’à ce qu’un jour, peut-être, sa croissance, en cette demeure-là, ait atteint son apogée, qu’il la quitte alors et s’en retourne « dans le sens éternel inconnaissable* ». Je suis tenté de dire qu’il n’a pas "cette idée en tête", mais plutôt qu’il EST ce désir de croître en chacun/e de nous, jusqu’à rénover et rendre solide toute notre petite maison... :-)

      Amezeg

      (*Jung, "Ma vie – Souvenirs rêves et pensées", fin du chapitre Rétrospective)

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    4. Oui, c'est "l'Eternelle jeune pousse", c'est le "puer aeternus" qui "est" avant tout désir de croissance...

      On pourrait même voir dans ce rêve une image du sempiternel rapport puer/senex...l'un allant rarement sans l'autre.

      James Hillman dit :
      "Si le senex consolide le moi et le « durcit », le puer lui confère sa dynamique."

      ici, le senex est représenté par la vieille maison, et le puer par le jeune garçon...

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    5. Pour ma part, je ne vois pas du tout cet enfant comme un ‘puer aeternus’ et ce n’est vraiment pas ce que je voulais dire de lui. Il est pour moi une semence d’Éternité et un germe de conscience qui portent par nature ce désir de croissance en nous. C’est une pousse dans le sens où c’est un dynamisme persévérant et durable de croissance du Soi Éternel en nous.

      Le puer aeternus est « une manière de ne pas payer son dû à la vie » dit Jung (C.G.Jung, "Entretiens", Éditions La Fontaine de Pierre)
      Dans " Psychothérapie – L’expérience du praticien" (Éditions Dervy), au chapitre intitulé "Les fondements religieux du problème de l’enfant éternel ou puer aeternus" Marie-Louise von Franz dresse un portrait de cette configuration psychique particulière. En voici les premières lignes :
      « Le terme de puer aeternus ou « enfant éternel » sert souvent, en psychologie, à décrire une certaine forme de névrose chez l’homme, dont la principale caractéristique est un blocage dans l’âge adolescent par suite d'une relation trop forte à la mère. Selon l’exposé de C.G. Jung dans son article sur la signification de l'archétype de la mère, les éléments marquants en sont l'homosexualité et le donjuanisme ainsi que, d'une manière générale, un lien affectif très ténu avec les femmes du même âge. On est, ailleurs, en présence de tous les autres traits typiques de l'adolescence, à savoir la tendance à mener une vie provisoire tout en s’adonnant à des fantasmes qui dépeignent la vie créatrice sous sa couleur « véritable ». On ne fait cependant pas grand-chose pour essayer de traduire cette exigence en réalité. Les idées messianiques de salut jouent un rôle plus ou moins important dans la plupart des cas : soit que l'on se voit dans la peau d'un rédempteur sauveur de l'humanité, soit que l'on se croit tout au moins amené à annoncer au monde ébahi les « dernières vérités » en matière de philosophie, d'art ou de politique. Telle qu'elle est, la réalité est ressentie comme inacceptable ; la vie quotidienne avec sa monotonie et la patience qu'il faut pour la mener, sont rejetées, l'effort soutenu que requiert une créativité réelle est esquivé.»

      Amezeg

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    6. Oui, oui, bien sûr...je connais très bien cette problématique de "l'homme qui ne veut pas grandir", sorte de Peter Pan éternel adolescent , qui vit dans ses rêves.
      Marie-Louise Von Franz a écrit un livre très intéressant sur le sujet.
      Et je suis d'accord sur le fait que ce n'est pas de cela qu'il est question dans ce rêve.

      Mais moi, je donne à ce terme de "puer aeternus" un sens plus large, qui est le sens originel, et qui peut être positif ou négatif...
      Pour que ce soit clair, j'aurais dû parler de "puer" ou plutôt de "l'enfant intérieur"...
      http://grandsreves1234.blogspot.fr/2015/03/lenfant-interieur.html

      D'ailleurs, quand James Hillman parle de "puer" , il ne lui donne pas un sens négatif, il parle là de "l'enfant intérieur", présent en chacun, de cet enfant qui vit encore en nous et qui a la capacité d'amener de la "vie" et du "dynamisme" dans une psychologie qui a tendance à se scléroser, à se "durcir" au fil du temps (ça, c'est l'archétype du senex, celui qui s'inscrit bien dans la réalité et dans le temps, mais qui a une fâcheuse tendance à "figer" les choses).

      La dialectique puer/senex est partout présente, on la rencontre tous les jours, on pourrait aussi lui donner d'autres noms : de façon plus générale, c'est l'opposition ancien/nouveau, vieillesse/ jeunesse, répétition/créativité, stabilité/ révolution...
      Elle apparaît chaque fois qu'il y a changement et "résistance au changement"...et ce qui est intéressant, c'est de voir le "compromis" que chacun fait avec ces deux pôles...sans basculer ni complètement vers le premier (immobilisme) ni complètement vers le second (danger de perte du sens des réalités).

      Dans le rêve, il semble quand même y avoir quelque chose de cet ordre : un Moi sclérosé, vétuste qui prend la poussière, bien "ancré" sur le rocher...et un enfant qui vient faire "bouger" tout ça sur un rythme endiablé et joyeux.
      Et sans doute un équilibre à trouver entre les deux, entre l'ancien et le nouveau ...

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  6. J'avais déjà évoqué le symbole du rocher dans un article de ce blog...
    Voilà ce que j'en disais :

    Rocher : La pierre, qui résiste au temps destructeur
    est depuis toujours associée à l'idée de sacré,
    de durée, d'éternité.
    Le mot "rocher" a inspiré des expressions telles que
    "dur, ferme, solide comme un roc."
    Le rocher paraissant indéfectible et d'une résistance à toute épreuve,
    l'homme va le ressentir comme étant le squelette de la terre.
    Il évoque l'aspect inébranlable et immuable de Mère-Nature
    et par extension symbolique, les lois du destin inscrites dans l'inconscient.

    (Jacques de la Rocheterie)

    Peut-être que je me trompe, mais j'ai tendance à penser qu'une maison qui est solidement accrochée au rocher signifie que l'on a, au moins potentiellement, retrouvé ses "assises" et le sens profond de son existence et qu'on a repris contact avec "les lois du destin inscrites dans l'inconscient"...
    Ce qui n'est qu'un début, bien sûr, puisque tout reste à faire concrètement...mais c'est un bon début.

    Quelques mois auparavant, en 2002, j'avais fait un autre rêve marquant qui se passait "sur le rocher" et que tu peux lire ici :
    http://grandsreves1234.blogspot.fr/2014/12/reve-14-la-chapelle-au-coeur-de-lorage.html

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  7. « Pour que ce soit clair, j'aurais dû parler de "puer" ou plutôt de "l'enfant intérieur"... »
    Oui, c’est sûr...

    Mais grâce à ces précisions que tu viens d’apporter, c’est plus clair : il y a d’une part le point de vue du "vieux sénescent" qui comprend puer aeternus dans le sens où Jung entendait ce terme et, d’autre part, le point de vue de la jeune puella endiablée et joyeuse qui l’emploie dans le sens de la capacité de renouvellement et de rafraîchissement de soi-même toujours présente en chacun/e à côté de la tendance à s’encroûter tristement... :D)

    Amezeg

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    1. Ta ta ta...
      Je ne vois personne qui soit "senescent" ici...;-)
      Et ce n'est pas tout à fait juste...Relis Marie-Louise...
      Elle dit bien :
      "Le terme de puer aeternus ou « enfant éternel » sert souvent, en psychologie, à décrire une certaine forme de névrose chez l’homme..."
      Il "sert souvent" à ça, en effet, mais ce n'est pas son sens premier et Jung voyait aussi le côté positif du "puer" , facteur de renouvellement.
      Ce n'est que l'habitude qui a fait dévier le sens du côté de la névrose.

      Quant à la puella endiablée, euh...ben, elle a quelques rides aussi... Quand elle dansait sur le rocher...elle avait quinze ans de moins ! ;-)

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    2. Et hop ! Une petite synchronicité à l'instant...qui me ramène au Yi King !

      J'ouvre un livre d'Etienne Perrot ("Des étoiles et des pierres") p 242, et je tombe sur la phrase suivante :
      "C'est pourquoi la Chine déclare : "La transformation, c'est l'immuable".
      Celui qui épouse le changement de façon juste fait apparaître dans ce monde un visage de la stabilité et ce visage est le fils divin, la Pierre des Sages."

      (l'auteur vient de commenter l'hexagramme de La DUREE, "Tonnerre et vent")

      Juste avant p 240 : (il parle des éveillés) : ...ces êtres immuables et constamment changeants...ils constituent à la fois, au sein de la collectivité, un principe de constance et de stabilité en même temps qu'une source de mouvement et un ferment de constant renouveau...

      Je crois qu'on est dans le thème !

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    3. Comme je te l’ai dit juste un peu plus haut, après les précisions que tu avais apportées j’avais enfin compris de quoi tu parlais et la lumière s’était faite en mon esprit enténébré... J’avais d’ailleurs remarqué, moi aussi, que M.L.von Franz disait « sert souvent en psychologie ». Mais hélas, chez les auteurs que j’ai beaucoup lus, l’état de ‘puer aeternus’ est le plus souvent décrit comme relevant d’une fixation névrotique et je t’ai d’abord lue avec les yeux de la mauvaise habitude prise à l’envisager ainsi... Ô sclérose sénescente du regard de votre serviteur ! :-))
      Pour te confirmer que j’ai désormais bien compris tes premiers propos au sujet du puer aeternus, du puer et du senex aussi ; et pour me faire pardonner – si c’est encore possible.... ;-) – mon horrible méprise initiale, je note ci-dessous quelques lignes du même livre et du même chapitre qui confirment tout à fait ton point de vue, très pertinent concernant ce rêve, sur l’aspect positif à ne pas oublier lorsqu’il est question de Puer aeternus:

      « Quant au puer aeternus, pris en tant qu'image alchimique, il est l'élément placé face au « vieux roi » dont il est appelé à prendre la succession. Il est donc un symbole du renouveau de la vie et de la réconciliation des contraires, ou encore du « nouvel homme intérieur » ou de la substance de transmutation ressuscitée, c'est-à-dire un symbole renouvelé et plus complet du Soi. [...........................................................]
      Considérés à la lumière du symbolisme alchimique commenté par Jung, l'image paternelle du roi vieillissant et celle du fils ailé ne forment pas une paire d'opposés véritables dans la mesure où ils participent tous deux d'une même essence. C'est pourquoi les alchimistes désigneront aussi leur substance par l'expression senex et puer (« le vieillard et l'enfant »). Le Christ fut invoqué par les mêmes noms puisqu'il était, d'une part, « l'ancien des jours » et, d'autre part, le petit enfant né de la Vierge Marie. Dans l'œuvre alchimique, le vieil homme est transformé en fils soit par la fusion réalisée dans le four (le feu) ou dans le bain (l'eau), soit par la dissolution dans le chaos ou encore par le démembrement. Or, si les variantes modernes du mythe montrent les personnages du père et du fils figés dans un face-à-face d'inimitié irréductible, c'est que quelque chose a mal tourné sur le plan psychologique : cela indique que le processus de la transmutation s'est arrêté ou enlisé pour une raison quelconque. [...................................] L'image archétypique du puer aeternus symbolise l'expérience de Dieu qui culmine dans le renouveau de l'image divine. Si le isus de la régénération du roi, tel qu'il a été décrit et commenté dans le détail par Jung dans Mysterium Coniunctionis, ne s’effectue pas dans la pleine conscience, il se déroule néanmoins, sous forme négative. » Marie-louise von Franz, "Psychothérapie – L’expérience du praticien", Éditions Dervy

      Amezeg

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    4. Erratum : « Si le PROCESSUS de la régénération du roi, tel qu'il a été décrit et commenté dans le détail par Jung dans Mysterium Coniunctionis, ne s’effectue pas dans la pleine conscience, il se déroule néanmoins, sous forme négative. »

      (Ah ! la vue baisse, la main tremble... ;-)
      Amezeg

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  8. Ne t'excuse pas, Amezeg, ton "erreur" nous a permis d'approfondir les choses, et ça, c'est précieux.

    Merci pour ce passage.
    Je l'avais lu aussi (tant qu'à faire, j'avais lu hier soir tout le chapitre), et je l'avais trouvé particulièrement intéressant.

    Le vieux roi et son successeur (image qu'on retrouve sans cesse dans les contes de fée) sont les deux faces d'une même pièce et ne deviennent deux ennemis que si quelque chose "tourne mal" dans le processus de régénération...
    Mais, en fait, ils sont tous deux présents simultanément dans toute transformation. C'est pourquoi je disais plus haut que "l'un ne va pas sans l'autre"...
    Il y a l'ordre et le désordre simultanément. C'est le principe de toute vie qui a "un sens"...
    Trop d'ordre et c'est la stagnation. Trop de désordre et c'est le chaos. Il faut parvenir à un "ordre changeant" ou à un "chaos ordonné"...ou à une "circulation dirigée"...

    P248, à la fin du chapitre, Perrot évoque des "foyers de conscience" qui sont comme des "aimants" créant autour d'eux un champ magnétique ordonné et y faisant circuler un "courant" vivifiant et unificateur.

    Le champ magnétique à la fois ordonné et circulatoire est une magnifique image pour visualiser la réconciliation de ces deux opposés !

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    1. « Ne t'excuse pas, Amezeg, ton "erreur" nous a permis d'approfondir les choses, et ça, c'est précieux. »

      Merci.
      Ben oui, ch’est précieux cha*, l’approfondissement...
      Et puis, tout ça réveille un peu ton blogue "Grands rêves" qui dansait plutôt le slow ces derniers temps. Il redevient ainsi plus rock’n'roll.
      Allez, je finirai par me dire que c’était une felix*culpa... ;-)

      Amezeg

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    2. C'est ça...mais t'es gentil, "Grands rêves" ne dansait pas le slow, il était carrément assis sur sa chaise.
      J'ai pensé un moment le stopper complètement...jusqu'à ce qu'un petit bonhomme blond, tombé du ciel, vienne me faire comprendre... qu'il était temps de bouger un peu ! :-)

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    3. Je vois ce que tu veux dire : "Grands rêves" faisait pâtisserie et prenait de la brioche sur sa chaise.
      Je me suis en effet demandé si tu n’envisageais pas de fermer boutique ici. Ce rêve qui s’est présenté opportunément au seuil de ta mémoire pourrait en cacher d’autres à venir après lui...

      Amezeg :-)

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    4. On verra...je n'en ai pas pour l'instant et personne ne m'en a proposé depuis très longtemps...

      Ce n'est pas l'envie de continuer qui manque, mais le temps...
      Comme je le disais sur Filigrane, j'ai en ce moment des soucis qui prennent les trois-quarts de mon emploi du temps...
      (Bon, j'étais en vacances la semaine dernière, d'où un petit créneau quand même)

      Pas vraiment l'opportunité de danser tous les jours !
      ...ça risque d'être occasionnel.

      Amitiés.
      Et merci pour la discussion qui fut bien intéressante...

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  9. Et pour en revenir au rock'n roll,je me demande si nous n'avons pas tous à devenir des "pierres qui roulent" (*), à la fois "fermes" et "en mouvement"...;-)

    (*) Rolling Stones

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